DE LA GAÎNE APONEVROTIQUE DES MEMBRES INFÉRIEURS
1 184. La plus grande partie des muscles des membres inférieurs , notamment ceux de la cuisse, de la jambe et de la plante du pied, sont couverts d'une expansion aponévrotique, dont la disposition n'est pas la même partout.
Cette expansion porte à la cuisse le nom de fascia lata, à la jambe celui aponévrose crurale ( aponeurosis cruralis ), et à la plante des pieds celui d'aponévrose plantaire [aponeurosis plantaris ) .
Les deux premières forment un tout plus continu l'une avec l'autre ou'avec l'aponévrose plantaire, et se ressemblent aussi davantage, sous le rapport de la forme, puisqu'elles entourent la circonférence entière de la cuisse et de la jambe.
L' aponévrose fascia lata commence , en arrière, sur le grand fessier, où elle est très mince , et se perd peu à peu à la partie supérieure. En devant, elle tire son origine de la crête iliaque et du ligament de Fallope. Elle s'étend jusqu'au genou. Par la partie externe et supérieure de son bord antérieur, elle adhère d'une manière très intime au bord inférieur du tendon de l'oblique externe du bas-ventre, auquel elle tient, du côté interne , d'une manière plus lfiche et plus vague.
l88 ANATOMIE SPÉCULE.
C'est à la partie externe de la cuisse qu'elle est le plus épaisse, et à la partie interne qu'elle l'est le moins. Son épaisseur est partout d'une demi -ligne, et même supérieurement d'une ligne entière, dans la première région , tandis qu'elle s'élève à peine à un douzième de ligne dans la seconde. En général, elle est formée manifestement de deux couches de fibres; l'une interne, plus forte, dont les fibres sont longitudinales; l'autre externe, plus faible, dont les fibres , obliques de haut en bas, de dehors en dedans, et de devant en arrière, sont plus isolées, et se rapprochent peu à peu les unes des autres de bas en haut.
De la face interne de cette aponévrose partent des cloisons qui s'étendent entre la plupart des muscles de la cuisse, qu'elle? séparent les uns des autres. On distingue sans peine, dans la plupart de ces cloisons , des fibres transversales et des fibres obliques.
L'aponévrose fascia lata offre partout des fibres obliques. Dans plusieurs points, notamment à la partie interne de sa circonférence, ces fibres sont étendues sur une couche qui n'est pas sensiblement fibreuse , surtout en devant : mais, à la partie externe , cette couche est formée de fibres longitudinales bien évidentes , et, dans le même temps , sa face interne offre, de distance en distapce , un plus grand nombre de fibres obliques isolées , de manière que, sur ce point , l'aponévrose est évidemment composée de trois couches.
\? aponévrose crurale est aussi beaucoup plus épaisse dans la portion externe de sa circonférence. Elle est également formée, sur ce point, de deux couches, l'une interne, dont les fibres sont longitudinales, et l'autre externe, plus faible, dont les fibres sont obliques.
Ces fibres obliques suivent, au sommet de l'aponévrose, une direction inverse de celle des fibres obliques de l'aponévrose fascia lata, c'est-à-dire qu'elles marchent de haut en bas , d'arrière en avant et de dehors en dedans.
A la partie inférieure de l'aponévrose, elles se dirigent dans le sens opposé, et en même temps il se développe, au côté interne de l'expansion, d'autres fibres obliques d'arrière en avant et de haut en bas.
Ces fibres externes et internes se croisent sur la face antérieure de l'articulation du pied, et comme elles acquièrent un grand surcroît de force sur ce point, elles y constituent le ligament croisé ( ligamentum cruciatum ) , composé de deux faisceaux qui se croisent l'un l'autre dans le milieu. L'un de ces faisceaux descend de la malléole externe, se porte en bas et en dedans, et s'attache a un côté tibial du premier os métatarsien. Le second provient de la malléole interne, et se rend à la tubérosité du cinquième os du métatarse.
Inférieureraent, ils se continuent tous deux avec la mince aponévrose du dos du piëd, qui couvre les tendons du long extenseur des orteils et le ventre du pédieux, et qui se perd vers l'extrémité antérieure du métatarse.
Souvent cette aponévrose du dos du pied est beaucoup plus forte vers l'extrémité postérieure du premier os métatarsien , dans l'endroit où elle passe sur le tendon du long extenseur du gros orteil, que dans le reste de son étendue, et elle est formée de fibres transversales fort apparentes, qui s'attachent, par leur extrémité interne, au côté interne du métatarse, par l'externe, à un faisceau particulier du muscle pédieux. Dans ce cas, cette portion de l'aponévrose du pied se trouve munie d'un muscle tenseur propre.