‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 264 sur 529 · CONSIDÉRATIONS GENERALES SUR LE COECR · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GENERALES SUR LE COECR

aplatis , distincts les uns des autres , et cependant entrelacés de mille manières différentes , qu'on appelle colonnes charnues (trabeculœ carneœ). La substance du cœur est en général plus dure, plus solide et plus élastique que celle des autres muscles.

Quant a la disposition des fibres (1), comme elle diffère totalement dans la partie veineuse de ce qu'elle est dans la partie artérieuse, qu'elle ne se ressemble même pas exactement dans la moitié droite et la moitié gauche, et qu'enfin elle présente des différences considérables suivant les sujets, tout ce qu'on peut dire de général à son égard se réduit aux corollaires suivans (2),

1° Les couches suivent des directions plus ou moins opposées. Mais, dans l'état frais, loin d'être tout-à-fait séparées les unes des autres, elles s'entrelacent diversement, de sorte que toutes celles d'une portion du cœur se contractent constamment d'une manière uniforme, et rétrécissent dans tous les sens la cavité qu'elles circonscrivent.

La réunion des diverses couches s'opère en partie au moyen de fibres vasculaires plus ou moins évidentes.

20 Les fibres qui composent les couches, sont réunies en faisceaux plus ou moins volumineux, qui diffèrent plus ou moins les uns des autres par leur origine et leur directiou, et qui sont même séparés souvent par des vides plus ou moins considérables. Ces faisceaux sont tantôt arrondis, tantôt aplatis, différence qui paraît tenir à des lois déterminées, puis-

(1) Wolff, De orelinc fibrarum mitscularium cordis. diss. vu. De stratis fibrarum in universum. In nov. act. Petrop., t. III, 1785, p. 227-249. — Gerdy, toc. cit., p. 101. — Vaust , loc. cit., p. 102 et suiv.

(a) Gerdy a établi en loi que toutes les fibres, quelles que soient leur étendue , leur situation et leur direction , forment des espèces d'anses dont la convexité regarde la pointe du cœur, et qui sont plus ou inoins superficielles à une extrémité, et profondes à l'autre : de sorte, par exemple , que les fibres externes ou internes sont les mêmes renversées et ayant traversé l'épaisseur du ventricule. Les extrémités de ces anses musculaires s'insèrent constamment, à la base du cœur, au pourtour des divers orifices auriculaires et artériels des ventricules , soit immédiatement, soit par les tendons attacbés aux valvules auricnlo-ventriculaires ( loc. cil. , p- >oi ). (Note des traducteurs.)

qu'elle est constante dans les diverses régions du cœur. Par exemple, le ventricule droit et celui du côté gauche ne se ressemblent pas sous ce point de vue, non plus qu'à l'égard de la disposition de leurs fibres, et d'autres parties eucorese trouvent dans le même cas. Ainsi les couches internes sont en général arrondies, et produisent les colonnes charnues. Les appendices auriculaires des oreillettes sont formés de faisceaux arrondis , et les oreillettes elles-mêmes de faisceaux aplatis.

De cette disposition, on peut déduire, comme loi générale, que les parties les plus fortes sont composées de faisceaux arrondis. Mais les fibres elles-mêmes et les faisceaux produits par leur réunion sont unis les uns aux autres par des fibres intermédiaires, qu'il est plus ou moîns facile d'en distinguer.

Conformément au type de tous les muscles qui ne reconnaissent pas l'empire de la volonté, les fibres et leurs faisceaux sont partout entrelacés les uns avec les autres. L'union se fait principalement de deux manières : tantôt les fibres et les faisceaux se continuent ensemble par leurs extrémités, tantôt ils sont réunis par des filamens intermédiaires qui naissent de leurs parties latérales.

Dans le premier cas , ou bien les faisceaux vont à la rencontre les uns des autres, et les extrémités de ceux qui se continuent ensemble s'engrènent à la manière des dents d'une scie, comme il arrive aux digitations de plusieurs muscles voisins, ou bien quelques fibres s'attachent obliquement à d'autres, sous des angles aigus, ainsi que les fibres des muscles penniformes s'implantent sur leurs tendons, ou enfin, et c'est là le cas le plus ordinaire, les fibres ou les faisceaux qui marchent côte à côte s'unissent ensemble sous des angles fort aigus. Il arrive quelquefois aussi que les faisceaux se fendent à leurs extrémités, et qu'ils se continuent de celte manière les uns avec les autres.

La réunion latérale a lieu principalement entre les fibres isolées et les petits faisceaux de fibres, surtout dans la couche externe : tantôt elle se fait sans régularité, de manière que des fibres qui sont évidemment séparées dans le reste de leur trajet, s'appliquent les unes contre les autres dans une partie de ce même trajet, d'où résulte une structure réticulée plus

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ou moins sensible : tantôt elle est régulière , et l'on voit partir de chaque côté des fibres obliques , qui s'unissent ensemble. La rougeur et la forme déterminée des filamens intermédiaires démontrent toujours qu'ils ne sont pas composés de tissu cellulaire, mais bien de véritables substance musculaire.

Le mode d'union des filamens entre eux présente aussi des différences déterminées dans les diverses régions du cœur.

5° Dans les ventricules, les couches externes se dirigent obliquement de haut en bas, de droite a gauche et d'avant en arrière, les moyennes marchent en sens inverse, et les plus internes , qui forment les colonnes charnues, s'étendent longitudinalement du sommet vers la base.

C'est au contraire la direction transversale qui prédomine dans les oreillettes. La couche externe, qui est la plus forte, se dirige en ce sens, tandis que l'interne, qui ne forme que des faiscea^is isolés, marche dans celui de la longueur.

4° Les couches n'ont pas toutes une égale étendue. En général les couches externes sont les seules qui couvrent toute la surface des ventricules; les moyennes sont moins considérables, et n'occupent guère qu'un tiers du cœur. Si l'on excepte la plus interne, celle qui forme les colonnes charnues, elles diminuent en raison directe de leur profondeur. On les voit d'abord disparaître au sommet de l'organe, et, en remontant de ce point vers la base, on en rencontre peu à peu de plus profondes, en sorte que les plus profondes de toutes ne se trouvent qu'à la base elle-même. Voici pourquoi cette partie du cœur est la plus épaisse.

On observe, en outre, des interruptions, de distance en distance, .dans les couches qui occupent toute la longueur ou toute la largeur des ventricules.

5° Les couches externes diffèrent des moyennes en ce qu'elles sont plus fortes, et que leurs fibres sont plus étroitement liées ensemble. Aussi les fibres et les faisceaux de fibres des couches internes sont-ils plus faciles à démontrer. Mais les externes embrassent et compriment ces dernières avec force ; ce sont elles surtout qui contribuent à la solidité du cœur.

6°. Les Gbres des deux moitiés du cœur ne se continuent au

moins pas toutes les unes avec les autres, de manière que les mêmes couches se réfléchissent sur elles deux; mais on voit plus ou moins distinctement les fibres des deux ventricules se terminer dans la cloison. La face supérieure et la face inférieure du cœur ne se comportent pas absolument de la même manière : la séparation est bien moins facile à apercevoir sur la première que sur la seconde. On remarque surtout trois dispositions différentes a la face supérieure. En effet, ou bien on n'y distingue pas la moindre trace de séparation , et les fibres se continuent sans interruption les unes avec les autres, ou bien deux fibres sont appliquées l'une sur l'autre , à la vérité, mais on découvre une espèce de suture qui sert de démarcation entre elles, ou enfin elles s'engrènent l'une dans l'autre par des digitations.

A la face inférieure, les fibres des deux ventricules sont, suivant Wolff , séparées les unes des autres par une bandelette bien prononcée, très large, formée de fibres longitudinales, et qui diminue insensiblement de la base au sommet, à laquelle ces fibres s'attachent des deux côtés. Mais ordinairement je n'ai trouvé qu'une faible trace de cette disposition, et souvent mime je n'en ai rencontré aucun vestige.

7°. Les fibres du cœur s'attachent, parleurs extrémités supérieures, à un tissu fibro-cartilagineux (1) qui se compose :

a. De deux renflemens ou tubercules oblongs et arrondis, ayant ordinairement trois à quatre lignes de long , sur un peu moins d'une ligne d'épaisseur, qu'on découvre des deux côtés de l'orifice de l'aorte.

b. D'une bandelette mince, qui entoure la partie postérieure de la circonférence de l'aorte, et qui unit ensemble les deux tubercules.

c. De quatre filamens situés dans îa gouttière circulaire de la base du cœur, deux à droite et deux à gauche, un antérieur et un postérieur de chaque côté. Parmi ces quatre filamens, les deux antérieurs naissent des tubercules. Le droit antérieur

(1) C.-D.-F. Wolff, De ordine fibrarum muscularium cordis. Diss. n , de textu carlilagineo cordis, sive de filis cartilaginco-osscis eorumque in basi cordis distribulione. In Act. Petropol. , 1781 , p. I , p. 211. — Gerdy, toc. cit., du tissu albuginé cardiaque, p. 97.

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