OREILLETTE DROITE
i3o4- L'oreillette droite, ou antérieure , ou des veines-caves (atrium anterius, s. dextrum, s. venarum cavarum}, forme la portion de la base du cœur située le plus à droite et en devant. Sa forme ressemble assez à celle d'un cube. La veine cave supérieure descend obliquement de droite à gauche et d'arrière en avant, vers son angle supérieur et droit, et la veine cave inférieure monte en sens contraire vers son angle inférieur et droit. Malgré cette différence dans la direction des deux veines caves, on est obligé d'admettre qu'elles se réunissent ensemble, et qu'elles ne forment qu'un seul tronc dans la cavité de l'oreillette ; car elles se confondent l'une avec l'autre à droite, en avant et eu arrière, et l'absence du côté gauche de leur circonférence n'est qu'apparente, puisque ce côté existe réellement, mais dilate, pour produire la partie inuscu-
(i) Loc. cit., p. a3/| .
Ieuse de l'oreillette. L'angle supérieur et gauche de celle-ci se prolonge en un petit appendice mousse, qui a la forme d'un carré arrondi, et qu'on aperçoit au-devant de la partie inférieure de l'aorte. L'angle inférieur et gauche est arrondi.
Sur toute la circonférence de cette oreillette, immédiatement au-dessous de la membrane interné du cœur, on trouve des fibres transversales, qui, s'amincissant et s'écartant les unes des autres en haut et en bas, se prolongent jusqu'à une petite distance autour de la veine cave supérieure et de l'inférieure. Dans l'endroit où elles entourent en devant le point de réunion des deux veines caves, elles sont plus minces, et du côté droit elles sont étendues d'une manière uniforme, et lisses, tant à leur face externe qu'à leur face interne.
Mais la partie gauche de la face postérieure de la paroi antérieure et libre de l'oreillette droite , qui est la plus étendue, offre des inégalités à l'intérieur. Ces inégalités dépendent de faisceaux transversaux beaucoup plus considérables, qui sont unis ensemble , de manière à présenter un aspect réticulé, par d'autres faisceaux obliques plus petits. Ces faisceaux, auxquels se réunissent les fibres transversales de l'oreillette, se trouvent entre deux bandelettes longitudinales , lisses, qui marchent seulement le long de la face interne. De ces deux bandelettes, l'une, la gauche, descend à peu de distance de la partie antérieure de l'orifice veineux du ventricule gauche; l'autre, la droite, située à peu près dans le milieu delà paroi antérieure, un peu à la droite cependant, descend vers le côté gauche, le long de la réunion des deux veines caves. C'est à cause de cette disposition qu'on a donné à ces faisceaux charnus le nom de muscles pectinés ( musculi pectinali).
La paroi postérieure de l'oreillette droite forme la face antérieure de la cloison des oreillettes. On y découvre plusieurs parties remarquables , dout quelques unes se rattachent à l'histoire du développement du cœur.
A droite, et vers le milieu, on aperçoit la fosse ovale , valvule du trou ovale, vestige du trou ovale (fossa ovalis , s. valvida jbraminis ovalis , s. vestigium foraminis ovalis), enfoncement oblong et arrondi , dont les dimensions varient beaucoup. Cette fosse, bien distincte de la paroi postérieure de l'oreil-
CONSIDÉRATIONS SPÉCIALES SUR LE COEl'R. 2r3
lelle à sa partie supérieure, l'est un peu moins sur les côtés, principalement à droite, et se confond ordinairement avec elle en bas, surtout du côté droit. Plus elle a d'étendue, et moins, en général, les limites qui la séparent du reste de la paroi postérieure sont sensibles. Cependant il n'est pas rare qu'elle offre une disposition semblable, même quand elle est très petite.
La plupart du temps, elle remplit exactement le vide compris entre les bords du renflement qui l'entoure, et elle est tendue avec force; mais les cas ne sont pas rares où elle a des dimensions bien plus considérables, et forme une valvule dont le bord libre correspond à l'oreillette gauche. Presque toujours on observe, en haut* un enfoncement plus ou moins considérable entre son extrémité et la partie supérieure du renflement qui la circonscrit. Très souvent aussi on aperçoit en cet endroit une ou même plusieurs ouvertures qui font communiquer ensemble les cavités des deux oreillettes. Cette disposition n'est pas constante; il n'y a pas le moindre rapport entre elle et l'étendue, soit de la valvule, soit de l'enfoncement, quoiqu'on la rencontre surtout lorsque la valvule a beaucoup de largeur. Quant aux ouverture», lors même qu'elles sont grandes et multipliées, elles ne descendent presque jamais audessous de la partie moyenne du renflement qui entoure l'enfoncement, de sorte que la cloison des oreillettes se trouve complète, en ce qui concerne la séparation du sang contenu dans les deux cavités.
Cet endroit est la partie la plus mince de la cloison et de l'oreillette en général, surtout dans sa moitié supérieure; cependant on y aperçoit toujours des fibres musculaires entre les deux couches de la membrane interne du cœur, celle de l'oreillette droite et celle de la gauche.
Le renflement qui entoure cet enfoncement se compose de fibres mu<culaires réticulées. On lui donne le nom d'anneau. ou isthme de Vieussens [annulus , s. isthrnus Vieussenii'). Dans sa partie droite, il sépare l'une de l'autre la moitié droite et la moitié gauche de la cloison. Quoiqu'il ne fasse pas saillie à sa partie inférieure, il est cependant complet aussi dans ici endroit.
3^4 ANATOM1E SPECIALE.
On observe , à sa circonférence , un nombre considérable d'ouvertures de veines cardiaques , appelées trous de Thébësius {foramina Thebesii).
A l'extrémité inférieure du bord inférieur de l'anneau, commence un repli circulaire de la membrane interne de l'oreillette droite , qu'on nomme valvule d'Eustachi , ou valvule antérieure du trou ovale [valvulâ Eustachii , s. foraminis ovalis anterior) (1). Ce repli s'étend plus ou moins à droite, le long de la partie antérieure de l'orifice de la veine cave ascendante dans l'oreillette, de manière que son bord inférieur est concave et adhérent, tandis que le supérieur est convexe et libre dans l'intérieur de cette dernière. Il sépare incomplètement l'une de l'autre, en bas, la moitié droite et la moitié gauche de l'oreillette.
Celte valvule varie beaucoup sous le rapport de la grandeur, de la configuration et de la texture. Ordinairement elle est plus complète, et, proportion gardée, plus grande daus le fœtus que quelque temps après la naissance. Chez l'adulte, il lui arrive souvent d'être convertie entièrement, ou du moins à sa partie supérieure, en un tissu réticulaire , et, dans beaucoup de cas, il n'en reste d'autre vestige que quelques filamens , qui même n'existent fréquemment point. Ordinairement elle contient quelques fibres musculaires ; mais souvent aussi elle n'est qu'une simple duplicature de la membrane interne.
En général il existe un rapport intime entre la valvule
(1) Winslow, Description d'une valvule singulière de la veine cave inférieure , à l'occasion de laquelle on propose un sentiment nouveau sur la fameuse question du trou ovale; dans Mèm. de Paris , p. 27a. Eclaircissement sur un Mèm, de 1717. lbid^ 1725. — Haller , De valvulA Eustachii, Goettinguc , 1707. — L. Crell, De valvulâ vena cavœ Euslachianà , Wittenberg, 1707. — Brendel, De valvulâ Eustachianà inter venant inferiorem dexlramquc cordis aitriculam posità , Wittenberg, 1738. — Haller, De valvulâEuslachii pxagrl a. Gœttingue, 1748. — J.-M. Diebolt, De foraminc ovali, Strasbourg, 1771. — J.-F. Lobslein, De valvulâ Eustachii:, Strasbourg, 1771. — C-F. Wolff , De foraminc ovali (jusque usu in dirigendo sanguinis motu observationcs novae; dans N. C. Pctrop. t. XX, p. 557. — H.-L. Ijfvcling, De valvulâ Eàstàchïi et foraminc ovali; dans Obs. anat. rar. fasc. J, 1786.