Artère faciale
i55o. La troisième branche, Vartere faciale , faciale antérieure, ou maxillaire externe [arteria facialis , facialis anterior, angularis , maxillaris externa),xavie beaucoup sous le rapport de son origine, de son volume et de son étendue. Communément elle est la plus grosse des trois branches antérieures de la carotide externe, et elle alimente toute la partie antérieure de la face ; mais quelquefois aussi elle ne s'étend que jusqu'à i'angle des lèvres , et elle est suppléée, dans le reste de son trajet ordinaire, par l'artère temporale. Il n'y a peut-être pas d'artère qui offre autant de variations, même des deux côtés du corps, sur un seul sujet.
Elle passe derrière le ventre postérieur du muscle digastrique maxillaire , pour aller gagnée l'angle de la mâchoire. Parvenue en cet endroit, elle marche d'abord horizontalement, derrière et en dedans du bord inférieur de l'os maxillaire inférieur, puis se porte obliquement de bas en haut et d'arrière en avant, sur la face externe de cet os et de l'os maxillaire supérieur.
Fréquemment elle fournit, immédiatement au-dessus de son origine, Y artère palatine ascendante , ou inférieure [arteria palatina adscendens , s. irferior). Mais comme cette, artère naît plus ordinairement de la pharyngienne ascendante , je ne la décrirai qu'en parlant de celle-ci.
Elle donne ensuite de petits ramuscules au muscle digastrique de la mâchoire et au stylo-hyoïdien.
Plus loin, elle fournit des rameaux très considérables (rarni glandulares) , qui sont destinés à la glande sous-maxillaire, dans un sillon de laquelle ils marchent d'arrière en avant.
Un peu plus haut elle donne un ou plusieurs ramuscules, qui se rendent au muscle ptérygoïdien interne.
Ensuite elle fournit Yartère sous-mentale (rarnus submentalis). Celle-ci naît près du bord inférieur de la mâchoire , le
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long duquel elle inarche, immédiatement au-dessous de l'attache du muscle mylo-hyoïdien et au-dessus du ventre antérieur du digastrique maxillaire , fournit des ramuscules à ces deux muscles, s'anastomose avec la ranine, et se porte ainsi en devant, ou elle communique avec celle du côté opposé, sur le milieu du bord inférieur de la mâchoire. De là elle remonte dans la substance de la lèvre inférieure, a laquelle elle donne des artérioles, de même qu'à la peau du menton, et s'anastomose avec les rameaux descendans de l'artère coronaire de la lèvre inférieure , ainsi qu'avec ceux de l'artère dentaire inférieure qui sortent par le trou mentonnier.
Lorsque l'artère ranine est une branche de la faciale, elle naît presque toujours un peu , et même, dans la plupart des cas , immédiatement avant la sous- mentale.
La continuation du tronc, ou l'artère faciale proprement dite, se recourbe sur le bord inférieur de la mâchoire, en général immédiatement au-devant du bord antérieur de sa branche montante, arrive ainsi à la face externe de cet os, monte très obliquement entre les muscles inasseter et triangulaire , gagne l'angle des lèvres , et fournit en cet endroit plusieurs rameaux qui se jettent dans le masseter , le triangulaire , le buccinateur et la peau.
A peu près au milieu de l'espace compris entre l'angle des lèvres et le bord inférieur de la mâchoire, elle se partage ordinairement en deux branches.
L'une , qui est la continuation du tronc, se porte presque directement de bas en haut; l'autre, plus petite, marche aussi plus obliquement en devant et en dedans.
Celte dernière est Y artère coronaire labiale inférieure ( arteria coronaria labii inferioris ). Elle passe sous le muscle triangulaire, s'avance vers la lèvre inférieure , donne de nombreux rameaux à ce muscle, au carré et au releveur du menton, ainsi qu'à la membrane buccale, et s'anastomose tant avec l'artère homonyme du côté opposé, qu'avec les ramifications de la sous-mentale et de l'artère dentaire inférieure.
Cette artère est quelquefois beaucoup plus petite d'un côté que de l'autre. Il lui arrive même , chez certains sujets , de ne pas exister du tout, et d'être alors remplacée par celle du côté
opposé. Quelquefois elle unît bien plus haut , et tire son origine île la coronaire labiale supérieure. Dans quelques cas, elle est double ; alors l'une des deux naît beaucoup plus, haut que l'autre, sans que pour cela les deux artères, prises ensemble, surpassent en volume celle du côté opposé : quelquefois même ces deux coronaires labiales inférieures d'un seul côté sont très petites.
Après avoir donné ce rameau, l'artère faciale se porte flexueusement en haut et en dedans. Arrivée à la hauteur de l'angle, des lèvres , elle se partage ordinairement, un peu au-dessus de ce point, en deux rameaux.
Le plus volumineux, qui se jette en devant et en dedans, entre les fibres de l'orbiculaire des lèvres , porte le nom d'#rtbre coronaire labiale supérieure (arteria coronaria labii superioris*). Celte artère marche immédiatement au-dessus du bord libre de la lèvre supérieure , donne des ramuscules à l'orbiculaire des lèvres, au releveur de la lèvre supérieure, à la peau, à la membrane buccale, va à la rencontre de celle du côté opposé, et s'anastomose avec elle par une large communication semblable à celle qui a lieu entre les coronaires inférieures. Ordinairement les deux coronaires s'anastomosent ensemble en deux endroits, par de grosses branches : quelquefois l'anastomose entre les artères elles-mêmes est très petite d'un côté, mais remplacée par une très grosse branche qui naît plus haut de la faciale, et qui communique avec l'artère de la cloison du nez.
Les deux artères coronaires sont très flexueuses, mais la supérieure l'est encore plus que l'inférieure. Toutes deux, en s'unissant avec leurs homonymes du côté opposé, forment des anastomoses, qui, proportionnellement aux vaisseaux entre lesquels elles ont lieu, sont du nombre des plus considérables qu'on connaisse dans tout le corps.
L'artère coronaire labiale supérieure fournil toujours , de sa partie moyenne, dans'l'endroit où elle s'anastomose avec celle du côté opposé, une branche qui se dirige de bas en haut, vers la cloison nasale, et qu'on nomme artère de la cloison du net ( arteria nasalis septi). Cette artère est tantôt simple , tantôt double, tantôt enfin triple à son origine , et , dans chacun des
deux derniers cas, il lui arrive souvent d'être donnée par là coronaire labiale d'un côté. Mais de quelque manière que les choses se passent à cet égard, elle se partage, près de la cloison des fosses nasales , en deux branches au moins , l'une à droite, l'autre à gauche, dont chacune marche, le long du bord inférieur de la cloison- et de la partie interne de la narine correspondante, jusqu'au bout du nez, et envoie en outre des ramuscules qui remontent sur le cartilage de la cloison.
Indépendamment de ces rameaux , l'artère coronaire donne quelquefois auparavant , plus en dehors, et d'un côté seulement, ou des deux côtés à la fois, un autre rameau considérable ( ramus pinnalis) , qui est destiné à l'aile du nez et à la partie externe de la narine ; mais ce rameau provient plus souvent de la suivante.
Après avoir donné naissance à la coronaire labiale supérieure, l'artère faciale ne consiste plus qu'en un petit rameau, qu'on peut appeler artère nasale externe commune ( artcria nasalis externa communis). Cette artère, qui est très flexueuse, monte obliquement d'arrière en avant, au-dessous des muscles releveurs de la lèvre supérieure, auxquels elle envoie dos ramuscules, se dirige vers le nez, et s'anastomose, par des rameaux considérables, avec l'arîère sous-orbitaire. Ordinairement elle donne, en face de la narine, les artères latérales du nez[ramipinnales, s. latérales nasi). Elle fournit en outre un grand nombre d'autres artérioles plus petites * qui s'anastomosent entre elles, ainsi qu'avec celles de la cloison et leurs correspondantes du côté opposé, qu'on appelle artères dorsales du nez (rami nasales dorsales), et qui communiquent toujours, sur le nez, par un ou plusieurs ramuscules plus ou moins volumineux, avec l'artère ophthalmique. Enfin elle se termine sur le dos et le côté du nez , sans aller jamais au-delà du bord supérieur de la portion cartilagineuse de cet organe, même dans les cas où elle a le plus d'étendue.
Il arrive quelquefois que les deux artères coronaires labiales et la nasale externe commune , plus souvent la coronaire supérieure seule et celle dernière, proviennent, non pas cependant de la faciale qui vient d'être décrite, mais de la faciale
transverse, qui est alors beaucoup plus considérable,, de môme que l'autre est bien plus petite, sans que pour cela l'artère faciale soit nécessairement plus développée à sa partie inférieure. On observe aussi, chez d'autres sujets, que cette artère est très développée à sa partie supérieure, sans que cependant l'inférieure produise plus de rameaux qu'a l'ordjuairc. J'ai vu du moins plusieurs fois l'artère ranine en provenir, et sa portion faciale être en même temps aussi grosse que de coutume.. Dans d'autres cas, au contraire, elle ne produisait aucune des deux coronaires labiales, ce qui n'empêchait pas non seulementque l'artère ranine eût la même origine qu'à l'ordinaire, mais encore que la sous-mentale fût d'une petitesse insolite.
L'artère faciale est toujours la principale source des communications : i" entre les branches superficielles et les branches profondes de la carotide externe , par ses anastomoses avec la sous-orbitaire , la nasale et la dentaire; 2° entre la carotide externe et l'interne, par ses anastomoses avec l'ophthalmique.
1 5 5 1 . De la portion de l'artère carotide située entre la branche montante de la mâchoire et l'oreille, naissent, en devant et en dehors , un nombre considérable de petits rameaux qui sont destinés au muscle masseter , aux ptérygoïdiens et à la glande parotide (rami masseterici , pterygoidei , parotidei).
Il est rare qu'elle fournisse, à son extrémité supérieure, immédiatement au-dessous de sa division, une branche antérieure plus considérable, l'artère faciale transverse, dont je donnerai la description plus loin.