ARCADES PALMAIRES
1 |5i. Il y a deux arcades palmaires (arcus volœ) , une superficielle et une profonde.
La branche palmaire superficielle de l'artère cubitale est ordinairement beaucoup plus considérable que la profonde. Elle passe au-dessus des tendons des muscles fléchisseurs qui couvraient auparavant l'artère cubitale , s'avance immédiatement au-dessous de l'aponévrose palmaire, vers le bord radial de
la main, et s'anastomose avec la branche palmaire superficielle de la radiale, qu'elle surpasse toujours de beaucoup en volume, lors même que cette dernière est bien plus grosse qu'à l'ordinaire. De la jonction des deux branches résulte l'arcade palmaire superficielle ( arcus superficialis volœ). Il n'est pas rare que cette arcade soit formée tout entière par l'artère cubitale seule, qui ne s'anastomose point alors avec le rameau palmaire de la radiale, ou qui ne communique avec lui que par des ramuscules insignifians.
De l'arcade palmaire superficielle naissent les artères collatérales des doigts {arleriœ digitales) , dont le mode d'origine n'est pas constant, à beaucoup près. La seule règle qu'on puisse établir à cet égard , c'est que la plupart des artères digitales, qu'elles proviennent, soit immédiatement, soit médiatement, de l'arcade superficielle, de la profonde , ou des deux arcades à la fois , naissent toujours deux à deux d'un tronc simple , de manière que ce tronc simple s'étend depuis l'arcade jusqu'à l'extrémité de la première phalange, et qu'arrivé là il se partage en deux branches, ordinairement inégales pour la grosseur, et souvent d'un volume très disproportionné, qui appartiennent toujours à deux doigts différens, et jamais à un seul. Ces branches marchent sur la face palmaire des doigts, le long du bord cubital de l'un et du bord radial de l'autre, jusqu'à leur extrémité. Ainsi chaq'ue doigt reçoit deux artères collatérales, dont la cubitale est toujours la plus grosse.
Ordinairement le petit doigt reçoit une artère cubitale propre ou spéciale , la première branche de l'arcade palmaire superficielle, qui s'y rend en marchant le long de son muscle court fléchisseur, auquel elle envoie un grand nombre de ramifications.
A quelque distance de cette branche, et assez près les unes des autres, en naissent trois fort constantes,, la seconde, la troisième cl la quatrième collatérales , qui se rendent, la première au côté radial du cinquième doigt et au côté cubital du quatrième , la seconde au côté radial du quatrième et au côté cubital du troisième , la dernière enfin au côté radial du troisième et au côté cubital du second.
DES ARTÈRES DE l'a V ANT- BU AS. 40'-*
En outre, on trouve le plus ordinairement une quatrième collatérale commune, qui se partage en artère du côté radial de l'index et artère du côté cubital du pouce.
Cette disposition n'offre qu'un petit nombre d'anomalies Tort peu importantes , dont je vais l'aire connaître les principales :
Quelquefois ia seconde collatérale, la branche cubitale du cinquième doigt, n'appartient pas tant à l'arcade palmaire superficielle qu'à la profonde , dont elle est la partie postérieure, celle au moyen de laquelle cette arcade communique avec l'autre, de sorte qu'en pareil cas on ne peut guère la considérer que comme une branche anastomotique entre les deux arcades. La quatrième collatérale, qui fournit au côté radial du troisième doigt et au côté cubital du quatrième, se trouve aussi quelquefois dans le même cas. Ces deux différences tiennent à ce que ces deux artères communiquent toujours avec l'arcade profonde par des rameaux anaslomotiques considérables, tandis que les deux autres collatérales moyennes sont plus isolées et plus indépendantes.
Une seconde anomalie consiste dans la réunion de plusieurs artères digitales en un tronc commun, toujours très court. On y est conduit graduellement par' un cas qui s'observe quelquefois, celui dans lequel deux branches sont très rapprochées l'une de l'autre
C'est ainsi que j'ai vu plusieurs fois provenir d'un tronc commun la première et la deuxième-, la troisième et la quatrième, la quatrième et la cinquième , qui ne se rendait alors qu'au côté radial du doigt indicateur. Lorsque l'artère cubitale du petit doigt ne forme pas un petit tronc, distinct, mais qu'elle provient de la seconde , le tronc commun qui en résulte est un peu plus long que celui qu'on trouvé quand d'autres branches s'unissent ens 3mble, et la seconde se rend cependant presque toujours au côté cubital du quatrième doigt et au côté radial du cinquième.
i432. La plus petite artère cubitale, ou ia profonde, se contourne profondément d'arrière en avant, sur le court fléchisseur du cinquième doigt , el se porte toujours en dehors, vers le côté radial de la main, ensorte qu'elle marche transversa--
4o6 AN ATOMIE SPÉCIALE.
lement, sur les muscles iu.terosseux internes, à la rencontre de l'artère palmaire radiale profonde, avec laquelle elle s'anastomose et forme Y arcade palmaire profonde (arcus palrnaris profundus). Cette arcade est tantôt plus et tantôt moins volumineuse que la superficielle ; mais elle lui est plus souvent inférieure que supérieure en développement , et toujours son calibre est plus considéroble du côté radial que du côté cubital, parce que l'artère radiale concourt plus que la cubitale à sa formation. Elle est toujours située plus en arrière que l'arcade superficielle, et se trouve placée immédiatement au-devant de l'extrémité postérieure des os du métatarse.
i433. L'arcade palmaire profonde produit :
j" De son côté antérieur, ou de sa convexité, les artères interosseuses palmaires [arteriœ inler-osscœ volares), ou perforantes inférieures [arteriœ perforantes inferiores) , qui sont les plus grosses de toutes ses branches.
Ces artères se rendent aux muscles interosseux internes , dans les intervalles des os du métacarpe, donnent des ramifications aux muscles de ces régions; et l'une ou l'autre au moins, quelquefois toutes , elles s'anastomosent , à leur extrémité antérieure, tant avec les artères collatérales des doigts, dans l'endroit ou celles-ci se bifurquent, qu'avec les interosseuses supérieures.
Elles correspondent aux collatérales des doigts ; seulement elles sont ordinairement beaucoup plus petites. Mais la première est eu général bien plus développée que les autres. C'est pour elle que j'ai proposé la dénomination de grande artère du doigt indicateur {arteria indicis princeps) (§ i424)- Cependant il arrive quelquefois aussi que d'autres artères, parmi ces inleios^euses inférieures, sont plus grosses qu'à l'ordinaire, de manière que leur calibre égale presque ou toul-à-l'ait celui des troncs communs des artères collatérales qui proviennent de la grande arcade, et que les branches digitales naissent autant, et plus même, de l'arcade profonde, que de la superficielle. Quelquefois, mais rarement, elles surpassent presque toutes les artères collatérales des doigts en volume , et les branches palmaires digitales proviennent davan-
DES AllTERES DE l'aVANT-BIUS. /(O J
taire d'elles que de l'arcade superficielle, comme il arrive souvent pour le doigt indicateur et pour l'annulaire.
2° De la convexité de l'arcade palmaire, profonde naissent les artères perforantes supérieures ou postérieures [arteriœ perforantes superiores , s. posleriores). Celles-ci pénètrent entre les extrémités postérieures des os du métacarpe, fournissent des ramifications à la partie postérieure des muscles métacarpiens, et parviennent sur le dos de la main, où elles s'anastomosent, tant avec la partie antérieure de l'arcade dorsale du carpe qu'avec les artères métacarpiennes supérieures, qui souvent sont fournies moins par cette arcade (§ 1422) que par elles-mêmes.
1 4^4* Ainsi les deux arcades palmaires concourent simultanément à produire les artères digitales. La superficielle contribue davantage à l'origine des branches palmaires du troisième doigt, du quatrième, du cinquième et du côté cubital du second; la profonde, au contraire, prend plus de part à celle des branches palmaires du pouce et du côté radial de l'index. Cependant il arrive quelquefois que ces dernières naissent entièrement de l'arcade superficielle; mais cela a lieu plus fréquemment pour l'artère radiale de l'index et la cubitale du pouce que pour la radiale de ce dernier doigt. Dans ce cas, les deux branches naissent d'un tronc commun. Lorsque toutes les artères digitales, sans excepter celles du pouce, proviennent de l'arcade palmaire superficielle, celle-ci se partage quelquefois , dès la partie inférieure de la main 5 en deux grosses branches principales , dont l'une fournit les rameaux qui naissent ordinairement de l'arcade superficielle, tandis que l'autre se bifurque pour produire l'artère principale du pouce et la branche radiale du doigt indicateur, ce qui mérité d'être noté, comme attestant que la nature cherche à se rapprocher du type normal , même au milieu de la plus grande anomalie. Alors l'artère radiale palmaire superficielle n'existe pas du tout, ou du moins est fort peu développée. Dans un autre cas , qui se rencontre quelquefois, il arrive, au contraire, qu'elle participe bien plus que de coutume à la production de l'arcade palmaire superficielle, et alors c'est elle également qui donne toutes les artères digitales; mais alors aussi les artères cubitale
4o8 ANATOM1E SPECIALE.
et radiale ne sont ordinairement unies l'une à l'autre que par un faible rameau anastomolique, que j'ai même vu quelquefois manquer entièrement, et chacune des deux artères ne produit que les branches destinées au côté correspondant de la main.
Les deux arcades palmaires s'anastomosent ensemble dans l'endroit où les artères digitales se bifurquent pour fournir les deux collatérales. Elles communiquent par de longues branches, qui sont ordinairement beaucoup plus petites que les troncs communs des artères digitales. Les plus volumineuses et les plus constantes de ces branches sont celles qu'on rencontre entre l'artère cubitale du petit doigt et l'artère commune du second et du troisième.
L'arcade dorsale du carpe et l'arcade palmaire profonde communiquent ensemble principalement par le moyen des artères perforantes supérieures ou postérieures et des inlerosseuses dorsales. Ces dernières et les interosseuses inférieures établissent de même une communication entre ces deux arcades et l'arcade palmaire superficielle.