II. VEINE CÉPHALIQBE POSTERIEURE
i563. La veine céphalique postérieure est formée principalement par les veines du cerveau , de la langue et du pharynx.
i. Veines du cerveau.
1 564 • Les veines du cerveau peuvent être divisées en externes et internes. Les grosses branches qu'elles produisent par leur réunion sont toutes engagées dans la pie-mère cérébrale , et versent le sang dans des troncs , appelés sinus [sinus ) , qui sont formés par la membrane interne des veines et par la dure-mère. Ces troncs, entourés en partie par les os du crâne, suivent principalement les directions longitudinale et transversale, communiquent ensemble par plusieurs sinus plus petits , dont la direction n'a rien de déterminé , conduisent le sang d'avant en arrière et de haut en bas, et finissent par s'ouvrir dans l'artère postérieure de la tête.
5û8 ANATOMIE SPÉCIALE.
II me paraît convenable de décrire. les sinus avant de faire connaître les veines du cerveau.
a. Sinus longitudinal supérieur.
Le sinus longitudinal supérieur ( sinus longiïudinalis , s. Jalciformis superior), lepluslongde tousles sinus du cerveau, est situé sur la ligne médiane. Il occupe le bord convexe de la faux cérébrale . immédiatement au-dessous de la suture frontale, de la suture sagittale et de la moitié supérieure de la portion* squameuse de l'os occipital , depuis l'apophyse crista galli de l'ethmoïde jusqu'à la protubérance occipitale interne. Il a la forme d'un triangle dont la base regarde en haut et le sommet en bas, s'élargit beaucoup, mais peu à peu , d'avant en arrière, et se termine à la protubérance occipitale interne, où il s'anastomose ordinairement avec le sinus transverse droit, dans un enfoncement irrégulier qu'on appelle pressoir d'Hérophile ( torcular Herophili ). On remarque ordinairement, dans son intérieur, un nombre plus ou moins considérable de brides transversales étroites ( trabeculœ), étendues d'un côté à l'autre, et formées intérieurement parla durcrnère , extérieurement par la membrane interne, qui se réfléchit sur cette dernière.
Le sinus longitudinal reçoit de chaque côté, dans ses parties latérales et inférieure, dix à douze veines, qui naissent de la face supérieure et interne et de la face interne du cerveau, et qui marchent dans la pie-mère, principalement au-dessus des sillons situés entre les circonvolutions.
Les veiues de la face externe et supérieure sont les plus nombreuses et les plus grosses. Un peu avant de se jeter dans le sinus longitudinal supérieur , elles reçoivent celles qui montent le long de la face interne. Elles vont toutes en augmentant considérablement de volume d'avant en arrière.
La plupart d'entre elles, à l'exception quelquefois des antérieures, arrivent au sinus longitudinal sous dos angles trèsaigus, et dans une direction opposée à celle du sang qui le parcourt.
DES VEINES DE LA TÊTE. 5oO,
En môme lemps les postérieures, avant de s'ouvrir dans le sinus, parcourent une étendue ordinairement considérable, souvent d'un pouce, entre les fibres delà dure-mère, qui s'écartent pour les recevoir, et dans l'intervalle desquelles il leur arrive même fréquemment de décrire plusieurs grandes flexuosités.
Les flexuosités de ces veines postérieures sont , en outre, presque toujours garnies de valvules simples, plus ou moins apparentes, dont les antérieures sont dépourvues , parce que, comme leur embouchure dans le sinus est plus transversale, il y a moins de danger que le sang reflue dans leur intérieur.
Le sinus longitudinal supérieur reçoit aussi, en haut, une qùanlité considérable de veinules, dont les unes viennent des os , tandis que les autres traversent le crâne , et servent a faire communiquer le système veineuxiulerne delà tête avec les branches externes des veines temporale et faciale. Cet effet résulte d'une multitude de ramuscules, et surtout d'une ou deux veines, plus volumineuses, qui, traversant les trous pariétaux, conduisent le sang du dedans au dehors.
Enfin la dure-mère fournit encore des ramifications veineuses qui vont se jeter dans les parties supérieure et latérales du sinus longitudinal supérieur.
b. Sinus longitudinal inférieur.
1 560. Le sinus longitudinal inférieur {sinus longiluclinalis , s. falciformis inferior, s. vena falcis inferior) est beaucoup plus petit que le supérieur. Il s'étend depuis le commencement du tiers moyen du bord inférieur de la faux cérébrale jusqu'à son extrémité postérieure, où il s'anastomose avec le sinus droit, en se partageant ordinairement en deux troncs, dont l'inférieur marche le long du bord inférieur et libre de la faux du cerveau , et se jette dans l'extrémité antérieure du sinus droit, tandis que le supérieur remonte entre les feuillets de la faux , et pénètre de haut en bas dans le même sinus, vers le milieu de sa longueur.
Ce sinus reçoit les veines de la faux, et, dans certains cas extraordinaires, quelques veines inférieures de la face interne du cerveau et du corps calleux.
5lO ANATOMIE SPECIALE.
c. Sinus droit.
i56y. Le sinus droit, quatrième sinus, ou mieux sinus oblique, sinus de la tente (sinus rectus, s. perpendicularis, s. quartus, s. obliquus, s. tentorii), n'est, à proprement parler, que la partie postérieure du précédent, mais il a bien plus d'ampleur que lui. Il descend obliquement d'avant en arrière, sur le milieu de la tente du cervelet, occupant tout l'espace compris entre lui et la réunion du sinus longitudinal supérieur (§ 1 565) avec les sinus transverses (§ îô^o).
Il s'élargit peu a peu d'avant en arrière. Sa forme est triangulaire. Les brides transversales et obliques sont plus nombreuses dans sa partie antérieure qu'elles ne le sont dans le sinus longitudinal supérieur.
En devant et en haut , il reçoit le sinus longitudinal inférieur (§ i566). Les deux grandes veines cérébrales internes, ou de Galien , s'ouvrent aussi dans son extrémité antérieure , au-dessous de la racine antérieure et inférieure du sinus longitudinal inférieur.
d. Grands sinus internes.
1 568. Les grands sinus internes ramènent le sang des parlies internes de l'encéphale, et sont formés principalement, de chaque côté, par le confluent de deux vaisseaux, la veine choroïdienne et la veine du corps strié.
La première marche dans le plexus choroïde, le long du grand hippocampe, se porte en devant, avec le plexus choroïde , entre le corps strié et le grand ganglion cérébral postérieur, reçoit, dans cette dernière partie de son trajet, une multitude de ramifications veineuses , qui se dirigent de bas en haut , à travers la substance du grand ganglion cérébral , et s'étend jusque derrière le pilier antérieur de la voûte.
La seconde est formée par des veinules qui naissent de la substance du grand ganglion cérébral antérieur, ou corps strié. Elle se dirige d'arrière en avant, dans la gouttière creusée entre le corps strié et la couche optique , jusqu'à ce qu'elle s'anastomose, par son extrémité antérieure , avec l'extrémité correspondante de la veine choroïdienne.
DES VEINES DE LA TETE. 5l l
Quelquefois elle est double : alors la postérieure, passaut au-dessus de la couche optique , s'ouvre ordinairement dans la veine de Galien.
Celle-ci, née du point désigné, marche directement d'avant en arriére, c'est-à-dire en sens contraire des deux branches qui la produisent, sous la voûte à trois piliers, dans le prolongement de la pie-mère qui pénètre au dedans du cerveau, et sur celui de l'arachnoïde qui accompagne cette dernière membrane. Ordinairement elle reçoit, vers son extrémité postérieure les veines supérieures et antérieures du cervelet. Elle s'ouvre dans l'extrémité antérieure du sinus droit , immédiatement à côté de celle du côté opposé, avec laquelle elle se réunit quelquefois pour ne former qu'un tronc peu étendu , et dont il lui arrive aussi , chez certains sujets , de croiser la direction, ce qui n'a cependant pas lieu toujours.
e. Veines cérébelleuses supérieures.
i56g. Le sinus droit reçoit aussi les veines cérébelleuses supérieures, c'est-à-dire les postérieures , car les antérieures se jettent dans la veine de Galien.
Ces veines , qui , de même que les antérieures, croisent les sillons transverses du cervelet, se portent en arrière, comme les antérieures en avant. Marchant d'abord d'avant en arrière, puis d'arrière en avant, elles pénètrent dans la moitié postérieure du sinus droit, et quelquefois aussi dans le commencement du sinus transverse.
f. Sinus latéraux.
1 5?o. Les sinus latéraux ou transverses [sintis transversi , s. latérales), les plus amples de tous, descendent de chaque côté, de dedans en dehors, dans la gouttière transversale de l'os occipital , s'y anastomosent avec le sinus droit, ainsi qu'avec le longitudinal supérieur, et se terminent, au trou déchiré postérieur, dans le golfe de la veine jugulaire interne.
Ordinairement celui de droite, rarement celui de gauche, se réunit avec le sinus longitudinal supérieur, pour former un lionc^commun de peu d'étendue. Quelquefois aussi l'exlré-
mité postérieure de ce dernier passe directement entre les deux sinus latéraux.
Presque toujours celui du côté droit est plus ample que celui du côté gauche.
Il n'est pas très rare que l'un d'eux, ou même tous deux, soient, dans une étendue plus ou moins considérable de leur trajet, partagés en deux moitiés, l'une supérieure, l'autre inférieure, par un feuillet transversal.
Lorsque ce feuillet règne dans toute l'étendue du sinus latéral , celui-ci se trouve entièrement double.
Quelquefois l'un des deux sinus latéraux manque. Alors le sinus longitudinal supérieur descend jusqu'au grand trou occipital, qu'il contourne ensuite pour gagner le trou déchiré postérieur.
Les veines latérales et inférieures du cerveau et les veines inférieures du cervelet s'ouvrent dans le sinus latéral.
Les veines latérales et inférieures du cerveau, cérébrales inférieures , naissent à peu près dans le milieu de la hauteur du crâne, au côté externe des hémisphères, se réunissent ordinairement en trois troncs, auxquels s'en joint un quatrième, qui provient de la face inférieure du lobe postérieur, s'écartent du cerveau, se dirigent en avant, et s'ouvrent séparément de haut en bas , à peu près vers la partie moyenne de chaque sinus latéral.
Les veines inférieures du cervelet, cérébelleuses inférieures , naissent de la face inférieure de cet organe, se réunissent en deux ou trois troncs, marchent d'avant en arrière et de dedans en dehors, et s'ouvrent de bas en haut dans le sinus transverse.
g. Sinus pètreux supérieurs.
i5ji. Dans l'endroit où le sinus transverse touche ù l'extrémité postérieure de la portion pierreuse du temporal, et quitte sa direction horizontale pour en prendre une autre oblique de bas en haut, on voit se détacher, de son côté externe, un sinus bien plus étroit, le sinus pétreux supérieur (sinus petrosus superficialis s. superior), qui marche le long du bord supérieur du rocher, de haut en bas, de dehors en
dedans et d'arrière en avant, où il se termine dans le sinus caverneux, entre lequel et le sinus transverse il sert par conséquent d'anastomose.
h. Sinus pétreux inférieur.
i5?2. A l'extrémité inférieure du sinus transverse, immédiatement au-dessus du trou déchiré postérieur, naît, du côté antérieur de ce sinus , le sinus pétreux inférieur [sinus petrosus inferior, s. profondus), qui est plus large, mais plus court, et situé entre la partie antérieure du rocher et le corps de l'occipital , presque entièrement logé dans une gouttière creusée aux dépens de ce dernier os, et dont la partie postérieure se convertit quelquefois en un canal. Ce sinus marche d'avant en arrière et de dehors en dedans, direction qu'il suit bien plus à ses deux extrémités qu'à sa partie moyenne , et s'ouvre au côté postérieur du sinus caverneux, entre lequel et le sinus transverse il établit une seconde grande anastomose.
i. Sinus caverneux.
i5?3. Le sinus caverneux [sinus cavernosus) , dilatation considérable et de forme très irrégulière, est situé, de chaque côté, sur la partie latérale du corps du sphénoïde. Il s'anastomose, en arrière avec les extrémités postérieures des deux sinus pétreux, en avant avec le sinus coronaire, et en arrière avec le sinus occipital antérieur.
Sa cavité est garnie d'une multitude de filamens mous, rougeâtres et irréguliers, qui s'entre-croisent , et a la disposition réticulaire desquels il doit son nom.
L'artère carotide interne et le nerf de la sixième paire cérébrale le traversent, mais couverts par sa membrane interne, qui se réfléchit sur eux et les unit ensemble.
Il reçoit en haut les veines cérébrales tant antérieures que moyennes inférieures , en devant les veines ophlhalmiqucs , en bas et sur les côtés des branches veineuses provenant de la dure-mère.
Je. Sinus coronaire.
1 574- Le sinus coronaire [sinus circularis , s. coronoideus), ordinairement beaucoup plus large dans sa partie antérieure que dans la postérieure, entoure la glande pituitaire. Il manque souvent, soit en devant, soit en arrière. Quelquefois aussi il est en partie double, céqui tient a l'existence d'une branche transversale qui passe sous la glande. Il reçoit les veines du corps pituitaire, et quelquefois aussi l'ophthalmique.