DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES DU BAS-VENTRE
Ceux du côté gauche, qui naissent du bas-fond de l'estomac, accompagnent les vaisseaux courts, et se portent ù gauche, où ils s'anastomosent avec ceux de la rate.
Les moyens supérieurs naissent delà partie supérieure de tout le reste de la surface de l'estomac, se dirigent de bas en haut et de droite à gauche, traversent les glandes de la petite courbure de l'estomac , et se réunissent à l'oriflce gauche de ce viscère. De là, ils se portent à droite, traversent d'autres glandes, et s'anastomosent, sous le foie, avec les lymphatiques in férienrs de cette glande.
Les movens inférieurs, qui proviennent du reste de la surface de l'estomac et du grand épiploon, marchent, accompagnant les vaisseaux sanguins, le long de la grande courbure de l'estomac, traversent les glandes situées en cet endroit, se dirigent vers le côté droit, se réunissent en partie avec les moyens supérieurs, et se dirigent de haut en bas, derrière le pancréas, pour s'unir, autour des artères cœliaque et mésentérique supérieure , aux lymphatiques intestinaux, avec lesquels ils forment une des principales racines du canal thoracique.
c. Lymphatiques de la rate et du pancréas.
1691. Parmi les lymphatiques de la rate et du pancréas, ceux de la rate proviennent , les uns, qu'on peut appeler superficiels, de la tunique péritonéale de cet organe, les autres, appelés profonds, de sa substance même. Les premiers, après s'être réfléchis autour du bord de la rate, et tous, après s'être réunis dans sa scissure, abandonnent celle excavation, se portent à droite, en accompagnant les vaisseaux spléniques, et s'y anastomosent avec les autres lymphatiques des organes digestifs.
Ceux du pancréas vont se joindre aussitôt à ceux de la rate et aux moyens inférieurs de l'estomac.
d. Lymphatiques du foie.
1692. Les lymphatiques du foie (1), qui sont extrêmement
(1) Schmiedel, De liabitu natttrali uenarum lymplialicarum in liepatc, Erlanguc , 1 ~47-
5?4 ANATOHIE SPÉCIALE.
abondans, paraissent différer de la plupart des autres par le nombre moins considérable et le développement moins grand 1 de leurs valvules. Presque toujours, en effet, on réussit facile- I ment à les remplir en poussant l'injection par les troncs, et, J lorsqu'ils sont injectés , ils ont une marche bien plus uniforme que les autres. On les distingue en superficiels et profonds.
a. Lymphatiques superficiels.
1690. Les lymphatiques superficiels du foie (1) se partagent I à leur tour en ceux de la face supérieure et ceux de la face in- I férieure.
1° Lymphatiques de la face supérieure du foie.
1694. Les lymphatiques superficiels de la face supérieure du I foie forment plusieurs faisceaux, dont lo nombre varie de I quatre à dix.
Ceux du faisceau moyen y qui est le plus gros , naissent de la région moyenne du lobe droit, en partie aussi du lobe gau» J che. Ils se réunissent en six ou huit troncs , qui s'engagent 1 dans le ligament suspenseur du foie, et passent dans la poitrine entre le diaphragme et le cartilage xiphoïde du sternum. Là ils se réunissent aux lymphatiques de la face supérieure du diaphragme, forment un ou deux troncs, pénètrent dans le médiastin , qu'ils parcourent de bas en haut, recevant plusieurs lymphatiques du péricarde, du thymus et de la paroi antérieure de la poitrine, et s'ouvrent ordinairement dans le 1 canal thoracique gauche, à peu de distance de son embouchure. 1 Souvent aussi ils se jettent, en partie ou en totalité, dans celui 1 du côté droit. II arrive quelquefois que plusieurs troncs de ce I faisceau ne se réunissent point avec ies autres, mais se dirigent à gauche, passent dans le ligament coronaire du foie, entre le diaphragme et le lobe gauche, se joignent à d'autres faisceaux des lymphatiques hépatiques, et se jettent dans la partie inférieure du canal thoracique, soit dans l'intérieur
(1) Werner et Feller, De vasis hepatis sitperficialibus , p. 3444cit., tab. u, m , iv.
DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES DU BAS-VENTftE. 5?5
même de la cavité abdominale , soit seulement dans la poitrine.
Le second faisceau naît de la plus grande partie de la surface du lobe droit, dans une étendue tantôt plus et tantôt moins considérable. Les troncs gagnent le ligament droit du foie, percent le diaphragme en cet endroit, marchent de bas en haut et d'arrière en avant sur la face convexe de ce muscle, le long de son bord costal , et se jettent dans les troncs du premier faisceau. D'autres, plus petits, se dirigent en arrière, et s'ouvrent dans la partie inférieure du canal thoracique, en s'anastomosant avec les lymphatiques diaphragmatiques inférieurs.
Le troisième faisceau provient de la plus grande partie de la surface du lobe gauche. Ses troncs gagnent le ligament triangulaire gauche du foie, se séparent en cet endroit, s'unissent aux lymphatiques supérieurs de l'estomac, et s'ouvrent dans la partie inférieure du canal thoracique, celle qui se trouve encore renfermée dans la cavité abdominale.
a° Lymphatiques de la fuce inférieure du foie.
1695. Les lymphatiques superficiels de la face inférieure du toie forment la plupart du temps des faisceaux moins nombreux que ceux de la face supérieure. Ordinairement aussi ceux du côté droit se réunissent avec ceux du côté gauche. Tous s'anastomosent avec les lymphatiques superficiels de la face supérieure et avec les lymphatiques profonds , et donnent naissance à de petits troncs. Ces derniers se rapprochent les uns des autres dans le sillon de In veine porte, descendent le long du trajet des vaisseaux sanguins hépatiques , et se réunissent à ceux du canal intestinal.
D'autres lymphatiques superficiels du foie pénètrent dans la substance de cette glande, sans se réunir à ceux que je viens de décrire, et se jettent dans les lymphatiques profonds.
/3. Lymphatiques profonds.
1696. Les lymphatiques profonds du foie, qui sont bien plus nombreux que les superficiels, accompagnent les vais-
seaux sanguins hépatiques elles canaux biliaires, sortent avec ces derniers par le sillon de la veine porte, s'unissent, dans le petit épiploon, avec les lymphatiques supérieurs de l'estomac, en se jetant dans les glandes situées en cet endroit, se réunissent avec les lymphatiques superficiels de la face inférieure du foie , les inférieurs de l'estomac, ceux de la rate et ceux du pancréas, descendent le long des vaisseaux hépatiques, s'anastomosent, a la base du mésentère, avec les lymphatiques intestinaux, et forment, de concert avec eux, l'une des racines principales du canal thoracique , la moyenne.
ARTICLE VI
DES CANAUX THORACIQUES (l).
1697. Tous les vaisseaux lymphatiques s'abouchent avec le système des veines du corps dans deux endroits différens , à la réunion des veines jugulaires internes et sous-clavières droites et gauches. La plupart d'entre eux se jettent dans le côté gauche. C'est ce qui arrive particulièrement aux lymphatiques de la moitié gauche de la tête et du cou , à ceux du membre supérieur gauche, aux superficiels de la moitié gauche du tronc, à tous les profonds de la poitrine, excepté ceux qui naissent du poumon droit, de la moitié droite du cœur et de la thyroïde, ordinairement aussi de la moitié droite du
(î) J.-A. Leitersperger, Prœs. Salzmann, Encheiresis nova , qua ditctus tlioracicus una cum receptaculo chyli in quovis subjcclo humano demonstrari potest, Strasbourg, 1711. — J.-S. Hennînger, De mesenterio, Strasbourg, ! — 1 4.. — C.-P. Wium, De viis alimentorum et chyli., Copenhague, 1717. — A. -F. Walther, Obs. de ductu hepalico biparlito , vena bronchiali sinistra et infer'wre, arteria hepatica , superioris mesaraicœ sobole , Léipsick , 1701.
J.-C.Bohl, Dévia laetea , Kœnigsberg, 17/1.1. — C.-M. Bussmann ,
Prœs. Haller, De ductu thoracico , Goettingue, 1741. — F.-J. Narcissus , De gencratione et recepiaculis chyli, Leyde, 1742. — C.-H. Velse, De muluo iniestinorum ingressu et aliis machina} humanœ extraordinariis , Lcyde, 1742. — A.. Portai , Sur la struct. du canal thoracique et sur celle du réservoir du chyle; dans Mcm. de Paris , 1770, p. 3g3-4o2. — Sabatier, Remarques sur le canal thoracique de l'homme; dans Mcm. de Paris , 17S0, p. Go3-