‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 484 sur 529 · Entonnoir et glande pituitairc · texte numérisé non relu

Entonnoir et glande pituitairc

ij58. Au-devant des éminences mamillaires se trouve un prolongement arrondi et conique , appelé entonnoir, tige sus-

sphtnoidale, Ch. [infundibulum ) ( i), qui descend obliquement en devant, et qui aboutit à la glande pituilaire , nommée aussi corps pituilaire , hypophyse , appendice sus-sphénoïdal du cerveau, Ch. (hypophysis cerehri , s. glandula pituitaria) (2). Ce dernier corps, logé dans laselle turcique du sphénoïde, audessous de la dure-mère, qui couvre sa face supérieure, est exactement renfermé de toutes parts. L'extrémité inférieure de l'entonnoir se continue avec lui par une ouverture étroite, pratiquée dans la dure-mère.

L'entonnoir est plus épais a sa partie inférieure et à sa partie supérieure qu'à sa partie moyenne. Son épaisseur s'élève à une ligne environ dans les deux premiers points. Il est formé de substance grise.

Le corps pituitaire est arrondi et transversalement alongé. Il a environ six lignes de large, à peu près trois de long, et moins de trois de hauteur , et pèse, en général huit grains y compris l'entonnoir. Toujours il est formé de deux lobes, l'un antérieur, l'autre postérieur, qui sont unis ensemble d'une manière intime; l'antérieur est très gros, et ordinairement il a un volume double de celui du postérieur.

Le lobe antérieur est réniforme, le postérieur plus arrondi; celui-ci se loge dans I'échancrure du bord postérieur du lobe antérieur.

En général le corps pituitaire est très dur; cependant son lobe postérieur est plus mou que l'antérieur.

Le lobe antérieur est composé de deux substances, l'une externe, rouguâtre , l'autre interne, blanche, dont le degré

(1) A.. Murray, Observaliones anatomicte circa infundibulum cerebri, ossium capilis in fœlu structurant atienam parlemque nervi i/ilcrcoslalis cervicalcm , Upsal, 1772.

(2) Wenzel , Observations sur le cervelet cl sur les diverses parties du 1 cerveau dans les cpilcptiqucs , trad. par Breton, Paris, 1811. Le traducteur, 1 par une erreur impardonnable , a rendu le mot Ilirnanhang , qui veut dire

glande pituilaire, par cervelet. — Rayer, Observations sur les maladies do l'appendice sus-sphènoidal dit cerveau; dans drehiv. gén. de médecine , t. M J, p. 35o. — Voyez aussi l'extrait d'une observation recueillie par (ïuersent, même recueil , t. III , p. 002. — Ward , Case of amaurosis prodûced by enlargement oflhe piluitary gland; dans Lond. mcd. reposilory, 1823 , t. XX, p. 217.

de coloration et la quantité proportionnelle présentent de nombreuses variations. Il est rare de le trouver formé d'une substance homogène. A droite et à gauche on observe, sur la limite des deux substances , un enfoncement auquel aboutissent de petits conduits qui proviennent de la substance externe. La partie postérieure de cet enfoncement produit un petit canal, qui, convergeant avec celui du oôté opposé, se dirige vers la partie moyenne du bord postérieur du lobe et l'endroit où l'entonnoir se continue avec le corps pituitaire ; les deux canaux se réunissent en cet endroit.

Le lobe postérieur a une teinte uniforme, plus ou moins grise.

Les deux lobes tiennent chacun immédiatement à l'entonnoir, qui descend toujours sur la face supérieure de l'hypophyse, dans l'endroit même de leur réunion. Tous deux sont, ainsi que lui, entourés d'un prolongement de la piemère.

L'entonnoir est formé de substance grise, qui fait corps avec celle du plancher du troisième ventricule.

Les opinions sont partagées a son sujet. Les uns disent qu'il est toujours creux, d'autres pensent qu'il est constamment plein et solide, plusieurs enfin assurent qu'on le trouve tantôt creux et tantôt plein.

Quoiqu'on n'aperçoive pas toujours de canal dans son intérieur , comme l'ont prétendu divers écrivains, surtout parmi les anciens anatomistes, dont Murray a embrassé l'opinion, cependant il est quelquefois creux dans toute son étendue, et toujours on parvient aisément à y faire passer de l'air ou des liquides, en les poussant du corps pituitaire dans le troisième ventricule. L'opération présente plus de difficultés, et souvent même ne réussit pas, lorsqu'on procède en sens inverse, du ventricule vers la glande pituitaire. II se pourrait donc, d'après cela, que l'entonnoir servît à transmettre dans les ventricules cérébraux un fluide sécrété par l'hypophyse.

Quelquefois, mais rarement, on trouve, dans l'intérieur du corps pituitaire , ou à sa surface, une substance solide et sablonneuse (ctcervulus cerebri) (1).

(i) Bichat , Anat. descript., t. I II ^ p. 75.

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