II. DURE-MÈRE CEREBRALE
1799. La portion de la dure-mère qui correspond à l'encéphale tient à la face interne du crâne par une multitude de petites ramifications vasculaires, qui s'étendent d'elle aux os; aussi sa face externe est-elle rugueuse. Ses adhérences avec le crâne sont surtout très fortes à sa face inférieure; ses faces latérales et sa face supérieure en contractent aussi de bien plus intimes avec les sutures qu'avec les autres points de la boîte crânienne.
Les vaisseaux artériels et veineux marchent, sur sa face externe, dans des enfoncemens superficiels, qu'ils remplissent exactement, et font d'ailleurs saillie au-dessus de sa surface.
On n'aperçoit pour ainsi dire point de fibres à sa face externe. Le milieu de sa partie supérieure en offre seulement d'irrégulières , qui sont plates, dirigées d'un côté à l'autre et entre-croisées.
On dislingue, à travers la dure-mère, les vaisseaux de la pie-mère , ainsi que les élévations et les enfoncemens de la lace externe de l'encéphale.
La partie interne de sa face supérieure offre, de distance eh dislance, le long du grand sinus longitudinal, et à quelques lignes de ce conduit veineux, des ouvertures, les unes larges elles autres étroites, qu'on remarque principalement à la région du sinciput.
A l'intérieur elle a , dans toute son étendue , une texture fibreuse beaucoup plus prononcée que celle de la portion spinale. On peut diviser en deux couches les fibres qu'on y découvre. Les externes suivent une direction longitudinale
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dans toute l'étendue de la membrane, et sont fort serrées les unes contre les autres; les internes, -situées sur les précédentes, auxquelles elles adhèrent peu en général, sont beaucoup moins rapprochées ; elles sont surtout très sensibles et fort nombreuses à la partie supérieure, tandis qn'elles disparaissent peu à peu à l'inférieure.
La plupart des analomistes, s'appuyant sur ce que la duremère se partage en plusieurs couches, entre lesquelles marchent les sinus veineux, admettent qu'elle est composée partout de deux feuillets. On peut réellement aussi la diviser en deux lames; mais cettej séparation est purement artificielle, abstraction faite toutefois du feuillet séreux; on ne parvient jamais à l'opérer qu'en détruisant le tissu, et l'on peut à volonté multiplier ou restreindre le nombre des lames.
Sous le rapport de sa disposition, la dure-mère cérébrale diffère principalement de la spinale par les caractères suivans :
i°Elle ne représente pas un sac simple, mais une cavité divisée en plusieurs loges par divers prolongemens qu'elle envoie à l'intérieur. Ces prolongemens sont en raison directe du développement de l'encéphale, puisqu'ils partagent la cavité crânienne en coinparlimens destinés à recevoir les principales portions de cet organe. On en compte trois, un transversal et deux longitudinaux. Ils ont tous cela de commun , qu'à leur bord externe , celui qui est en rapport avec la face interne du crâne, ils se partagent en trois feuillets , dont l'externe continue de suivre la direction du sac commun de la dure-mère , tandis que les deux internes convergent l'un vers l'autre en dedans, et ue tardent pas à se confondre en une seule lame, qui se termine elle-même par un bord interne libre. D'ailleurs les bords externes, les bords internes et les faces de ces prolongemens se continuent tous les uns avec les autres, de sorte qu'on peut les décrire sous le nom commun de prolongement croisé de la dure-mère [processus duras matris cruciatus), dont les branches s'étendent à droite et à gauche, en haut et en bas, en avant et en arrière.
Le prolongement transversal est la lente du cervelet, septum transversc, Ch. (tcnlorium cerebelli). Il a une forme à peu près demi-circulaire. Son bord postérieur et interne, qui est
^OO ANATOM1E SPÉCIALE.
convexe et le plus long, naît des branches transversales de la protubérance cruciforme de l'occipital, et du bord supérieur de la portion pierreuse du temporal. L'antérieur, beaucoup plus petit et concave, est libre ; il forme la partie postérieure et les parties latérales d'une ouverture close en devant par la portion basilaire de l'os sphéno-occipilal, et s'attache, de chaque côté, par deux pointes séparées, aux apophyses clinoïdes antérieure et postérieure, entre lesquelles il couvre latéralement la selle turcique.
Le cervelet et la moelle alongée sont logées sous cette tente, qui sépare complètement du reste du crâne la partie postérieure et inférieure destinée à la recevoir , à l'exception seulement de l'ouverture antérieure.
La partie moyenne de latente se continue en haut et en bas avec les deux prolongemens longitudinaux, la faux du cerveau, et la faux du cervelet qui sont situées tous deux sur la ligne médiane, et dont le bord externe , qui est convexe et plus large que l'autre, s'attache d'avant en arrière à la calotte extérieure de la dure-mère, tandis que l'externe est concave, tranchant et libre. Ces prolongemens séparent l'une de l'autre les moitiés droite et gauche du cervelet et du cerveau.
La faux du cervelet, scpLum médian du cervelet, Ch. [faix cerebellï), située en arrière, entre les deux hémisphères du cervelet, s'étend depuis le milieu du bord postérieur delà tente, avec laquelle elle fait corps, et depuis la protubérance occipitale interne, jusqu'au milieu du bord postérieur du grand trou occipital. Elle descend le long de la crête occipitale interne , en se rétrécissant peu à peu, et se partage , à son extrémité inférieure, en deux petits replis latéraux, qui se prolongent en avant.
La faux du cerveau, ou grande faux, repli longitudinal de la méninge , Ch. [faix cerebri, s. processus falciformis cerebri, s. major), naît du milieu de la face supérieure de la duremère , sous la forme d'un prolongement qui descend vcrticalemenl entre les deux hémisphères du cerveau, dans toute leur longueur. Elle augmente peu à peu de hauteur d'avant en arrière. Postérieurement elle repose, par son bord inférieur,