C. LIGAMENS l I ( Il V l n M. I. fi \ UX
822. Les ligamens intervertébraux (ligarnenta inteivcrlebralia) sont le principal moyen d'union des corps des vertèbres et des vertèbres en général , car les liens qui attachent ces os sont beaucoup plus lâches et bien moins étendus sur tous les autres points.
Ces ligamens remplissent tout l'espace compris entre les corps des vertèbres. Ils forment des plaques dont les faces supérieure et inférieure s'attachent aux faces correspondantes de deux vertèbres situées l'une au-dessus de l'autre.
Ils sont composés d'un nombre considérable de couches perpendiculaires, à peu près concentriques, dont la forme correspond à celle de la circonférence des faces supérieure et inférieure des corps des vertèbres, et qui sont par conséquent annulaires. Leurs deux bords s'attachent aux deux faces des vertèbres. Leurs couches sont manifestement fibreuses, et la direction de leurs fibres est oblique dans les extérieures» et presque horizontale dans les internes. Les fibres obliques des couches externes s'entre-croisent à angle aigu. Les couches elles-mêmes adhèrent ensemble d'une manière très solide, par des fibres qui s'étendent de l'une a l'autre , d'où il résulte qu'elles ne forment qu'un seul tissu à mailles très serrées.
Entre les couches se trouve une masse plus molle, jaunStre, gélatineuse et informe.
La nature, les rapports et la quantité proportionnelle des deux substances ne sontpas les mêmes dans toutes les parties du ligament.
A sa circonférence, et notamment dans sa partie antérieure, les couches l'emportent de beaucoup sur la substance intermédiaire ; elles sont très serrées les unes contre les autres, et de nature évidemment fibreuse. A la partie interne, elles sont beaucoup plus molles , s'écartent les unes des autres, et finissent par disparaître entièrement, de sorte qu'il ne reste plus que le noyau formé par la substance gélatineuse. Dans quelque sens qu'on coupe les ligamens intervertébraux , ce noyau , repoussé par l'élasticité des couches fibreuses, fait saillie audessus de la tranche.
Ces ligamens sont plus épais dans le milieu qu'à la circonférence, parce que les corps des vertèbres offrent une concavité en cet endroit.
Leur solidité est très grande, et telle même que les mouvemens violens de la colonne vertébrale parviennent moins facilement à les déchirer qu'à fracturer les os.
L'élasticité considérable dont ils jouissent lait que la taille
DES lilCAMENS DE LA COLONNE VERTEBRALE. <]
de chaque homme varie beaucoup à toutes les époques de la vie, et qu'elle diminue ou augmente suivant que les Iigamens vertébraux ont été plus ou moins long-temps refoulés par la pression de la tête et par celle que les vertèbres exercent les unes sur les autres. Il résulte de là qu'en général l'homme est plus grand le matin que le soir. Cette différence n'est pas la même à tous les âges; elle est moins sensible chez les vieillards que chez les jeunes gens. En général elle s'élève à un pouce environ (1).
L'épaisseur des Iigamens intervertébraux n'est pas la même dans toules les régions. Elle diminue beaucoup depuis les vertèbres cervicales jusqu'à l'extrémité inférieure de la colonne vertébrale, et la différence qu'elle offre sous ce rapport s'élève jusqu'à plusieurs lignes. Ces Iigamens n'ont que trois ou quatre lignes d'épaisseur entre les yertèbres lombaires.
823. On ne trouve pas de Iigamens intervertébraux entre la première vertèbre du cou et la seconde, non plus qu'entre la première et la tête, entre le sacrum et le coccyx, ni entre les pièces coccygiennes ; ces os sont unis ensemble d'une manière plus lâche.
824. Les Iigamens intervertébraux sont fortifiés immédiatement par les deux Iigamens vertébraux , antérieur et postérieur (g 821 , 822) , qui recouvrent la plus grande partie de leur circonférence, et qui passent au-devant d'eux, en se rendant d'une vertèbre à l'autre.
2. LIGAMENS FIBREUX ET FIBRO- CARTILAGINEUX ENTRE LES LAMES ET LES APOPHYSES.
a. LIGAMENS JAUNES.
825. Les lames des vertèbres sont unies par les Iigamens jaunes ( ligamenla crurum vel arcuum subflava seujlava ), comme leurs corps le sont par les Iigamens intervertébraux. On peut donc comparer ces deux ordres de Iigamens l'un à l'autre.
Les Iigamens jaunes sont jaunâtres, sans brillant et lisses. (0 Mém. de Paris, 1725 et 1730.
lis résultent d'un assemblage de fibres perpendiculaires , trèsélastiques, dont les externes sont manifestement de nature tendineuse. Ces dernières , qui marchent dans une direction plus oblique, remplissent tout l'espace compris entre les lames de deux vertèbres voisines , depuis la racine des apophyses transverses jusqu'à l'angle de réunion , qui demeure cependant libre.
" Leur bord supérieur s'attache toujours à la face interne , et jamais seulement au bord inférieur de la lame de la vertèbre supérieure. L'inférieur se fixe au bord supérieur et un peu à la face externe de la vertèbre inférieure. Les vertèbres offrent des aspérités considérables dans l'endroit où se fait l'insertion.
L'épaisseur , la solidité et l'élasticité de ces ligamens sont très considérables.
Ils limitent le renversement de la colonne vertébrale en avant et en arrière.
Leur disposition ne se ressemble pas parfaitement dans toutes les parties de la colonne rachidienne. Les plus petits se trouvent à la région dorsale, et les plus grands aux lombes. Ceux du cou sont plus grands que ceux du dos. Les plus épais sont ceux de la région lombaire , et les plus minces ceux de la région cervicale. L'étendue de leurs insertions varie aussi suivant les régions. Au cou, ils ne s'attachent que par un bord supérieur très-mince, à une portion fort étroite de la face interne des lames, au-dessus de leur bord inférieur. Au dos et aux lombes , cette portion est une surface très-large , qui prend presque toute la hauteur des ligamens, et qui s'étend depuis le milieu des lames jusqu'à leur bord inférieur (1). Ces différences sont remarquables , d'un côté parce que les anatomistes avaient négligé jusqu'à ce jour la seconde; de l'autre parce qu'elles contribuent puissamment à accroître la forçe des régions inférieures de la colonne vertébrale et la mobilité des supérieures.
(i) Weitbrecht se trompe quand il dit de ces ligamens ( toc. cit. , page 107) : Margincs prœdictorum crurum vix sensibiliier superscandunt , puisque partout ils s'attachent beaucoup plus haut que le bord inférieur, et que môme aucune de leurs fibres ne s'y insère à la région du cou.
DES LIGAMENS DE i l COLONNE VERTEBRALE. 9
Les ligamcns jaunes n'existent pus entre la première et la seconde vertèbre du cou , non plus qu'entre la première et l'os occipital , ou ]du moins ne sont que très faiblement indiqués dans ces deux points.
b. MEMBRANES INTER ÉPINEUSES ET LIGAMENS SURÉPINEUX.
826. Entre les apophyses épineuses on trouve des Iigamens fibreux de deux sortes , les membranes interépineuses ( membranes interepinales ) et les ligamens surépineux ( ligamenta inter apices processuum spinosorum).
a. Membranes interépineuses.
827. Les membranes interépineuses sont minces , larges, et formées de fibres irrégulières , la plupart horizontales. Elles s'étendent depuis la racine des apophyses épineuses jusqu'au voisinage de leurs sommets. Elles bornent la flexion en avant, et servent surtout h l'insertion des muscles longs du dos.
|3. Ligamens surépneux.
828. Les ligamens surépineux sont de petits faisceaux arrondis, composés de fibres longitudinales, qui attachent lés sommets des apophyses épineuses des vertèbres les uns aux autres, et passent au-dessus des apophyses elles-mêmes , de manière à ne former réellement qu'un seul ligament. Ils contribuent aussi à limiter la flexion en avant.