‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 77 sur 529 · C. MEMBRANE OBTURATRICE · texte numérisé non relu

C. MEMBRANE OBTURATRICE

q4a. La membrane obturatrice (ligarnentum , s. membrana obluraloria , s. foraminis tkyroidei ossium pubis) est mince et formée de fibres irrégulières , tfn grande partie transversales et peu obliques , qui s'entre-croisent de diverses manières. Elle naît des bords tranchans du trou obturateur, plus en devant à sa partie supérieure qu'à l'inférieure, et ferme presque totalement cette ouverture. On aperçoit seulement, à sa partie supérieure et externe, un vide constant, arrondi et oblong, par lequel les vaisseaux et nerfs obturateurs sortent du bassin. Mais ce vide lui-même est en partie rempli , quoique d'une manière imparfaite; car il y a un ou plusieurs faisceaux de fibres transversales très fortes , qui se portent du bord antérieur de la branche ascendante de l'ischion au commencement du bord externe de la branche descendante du pubis, à la distance de quelques lignes derrière la membrane, de manière qu'il semblerait que les libres supérieures ont été écartées les unes des autres, en cet endroit, par les vaisseawx et les nerfs qui sortent du bassin.

Ce vide est remarquable, car c'est par là que les viscères abdominaux sortent du bassin, en suivant le cours des vaisseaux, dans la hernie sous-pubienne , dont on ne connaît d'ailleurs qu'un petit nombre d'exemples.

On trouve encore d'autres ouvertures, mais moins constantes, dans la membrane obturatrice, principalement à sa partie inférieure.

AN^VTOMIE SPÉCIALE.

iii. changemens que les l1gamens du bassin eprouvent dans l'état de grossesse (i).

943. Le plus ordinairement , les os du bassin sont un peu mobiles les uns sur les autres, mais à un degré très faible. Une question se présente à résoudre , celle de savoir si leur mobilité n'augmente pas dans certaines circonstances , et 'si en particulier ce changement ne survient pas dans l'état de grossesse.

Les opinions sont partagées à cet égard. Les uns admettent que le changement a lieu régulièrement dans chaque grossesse. Les autres pensent qu'il ne survient que dans certaines circonstances, quand les os sont malades, ou à la suite d'accoucherneos très laborieux. Quelques uns enfin soutiennent qu'il n'arrive jamais.

La première de ces opinions, que Pineau avait déjà mise en avant, est incontestablement la plus exacte : car, d'après le témoignage des meilleurs observateurs, tels que Sandifort et Hunter, aux approches de la parturilion, les symphyses, surtout celle des pubis, deviennent toujours plus lâches, plus larges et plus faciles à céder. D'ailleurs cette dernière symphyse est constamment plus large chez les femmes qui ont eu plusieurs enfans, que chez les vierges. Ce phénomène mérite d'être signalé, en ce qu'il démontre que toutes les parties intéressées dans l'acte de l'accouchement subissent un changement analogue, et deviennent plus lâches , plus spongieuses.

Au reste, ce changement ne consiste pas nécessairement en une véritable séparation des cartilages pubiens, mais seulement dans le ramollissement du fibro-cartilage, état auquel les cartilages articulaires paraissent ne point participer. C'est à tort que Tenon a soutenu le contraire. Si l'on trouve quel-

(1) S. Pineau , De dislractione ossium pubis in partu naturali, deque rationibus quibus ea probalur ; in libris de virginitntis notis , graviditatc et partu, lib. II. — Sandifort , De pelvi ejusque m partu dilalatione , Leyde, it63. — Hunter, toc. cit. — Louis, sur l'écartement des os du bassin • dans Mém. de l'ac. de chir. , tom. IV, Paris, 1769. Hist. p. 63-102. — Tenon, toc. cit.

DES L1GAMENS DES INFMEMBRES ÉRIEURS. 5l

quefois les cartilages réellement séparés, il faut considérer cette disposition comme congéniale ou morbide, puisqu'elle a été observée même chez de très jeunes filles, ou que les cartilages sont en même temps chargés d'aspérités a leurs surfaces libres, et que souvent on a trouvé du pus dans la cavité (1).

Cette ampliation, ce ramollissement, commence à s'opérer dans l'avant-dernier mois de la grossesse, c'est-a-dire précisément à l'époque où la région inférieure des organes génitaux commence aussi à s'élargir, et a sécréter une plus grande quantité de fluides muqueux.

Ce phénomène est important, parce qu'il en résulte un surcroît d'ampleur dans le bassin, et plus de facilité pour la parturition. Il ne faut pas le confondre avec la séparation et. le déchirement des cartilages, qui peuvent être la suite d'une maladie , soit que celte dernière ait détruit le fibro-cartilage entre les deux cartilages, soit qu'elle ait détaché ceux-ci des surfaces osseuses, ou séparé le fibro-cartilage des deux cartilages latéraux, de manière qu'il semble alors exister trois cartilages , deux adhérens , et un moyen , libre.

ARTICLE II

de l'articulation coxo-fémorale.

g44- L'articulation coxo-fémorale est formée par un prolongement fibro-cartilagineux de la cavité cotyloïde, une capsule synoviale, une capsule fibreuse et un ligament fibreux interne.

Page 1