I. OMOPLATE
662. L'omoplate (omoplata , scapuld) a , en général , la forme d'un triangle équilatéral, dont la base regarde en haut lorsque tous les muscles qui unissent ensemble les os du tronc et ceux de l'extrémité supérieure sont en repos. Il s'étend à peu près depuis la seconde côte jusqu'à la septième, ayant son bord interne éloigné d'un pouce environ de la partie latérale de la colonne épinière.
W33. Des trois bords qui le circonscrivent, l'interne est un peu plus long que l'externe , ce qui lui a fait donner le nom de base(basis scapulœ). Dans son quart supérieur, il se dirige de haut en bas et de dehors en dedans, et il est plus ou moins convexe. A partir de ce point, il se porte presque directement
de l'omoplate. 7o3 en bas et en dehors , et se inoutre parallèle à l'externe. Celuici , avec lequel il s'unit à angle aigu, se prononce surtout a sa partie inférieure, où il est droit et fort mince, tandis qu'il offre une légère concavité, et qu'il a une épaisseur bien plus considérable à sa partie supérieure, de sorte qu'il surpasse de beaucoup la face antérieure et la face postérieure de l'omoplate, mais surtout cette dernière. Son extrémité supérieure s'élargit encore bien davantage pour produire une excavation peu profonde, oblongue et plus étroite en haut, qu'on appelle cavité glénoide (cavitas glenoidea), et qui fait une forte saillie en devant. Le bord supérieur est oblique de dedans en dehors et de haut en bas, et légèrement concave à la partie supérieure. Vers son extrémité interne, on remarque une échancrure (incisura semilunaris , lunula) , qui est plus ou moins prononcée, mais qui se distingue toujours du reste de la concavité par une profondeur plus considérable. Cette échancrure est quelquefois convertie en trou par une languette osseuse.
Dans l'endroit où les bords supérieur et externe se réunissent ensemble, l'omoplate se prolonge en une apophyse courbée en haut et eu avant, qu'on nomme coracoïde [processus coracoideus). Cette apophyse a sa face supérieure tournée en dedans, et l'inférieure en dehors.
664. La face postérieure ou externe de l'omoplate est partagée , par une éminence qui se dirige obliquement du bord interne à l'externe , et qu'on nomme épine [spina scapulœ), en deux moitiés, l'une supérieure, plus petite, la fosse sus -épineuse (fossa supra-spinatà) , l'autre inférieure beaucoup plus grande , la fosse snus-épineuse (fossa infra-spinala). Considérée dans son ensemble, la face externe de l'omoplate est un pou convexe en arrière , principalement dans la fosse sus-épineuse. L'épine elle-même commence près du bord interne , par une petite élévation triangulaire , large et très surbaissée, et s'agrandit peu à peu en se portant de dedans en dehors. Elle ne marche pas directement en arrière, mais elle est en même temps inclinée de bas en haut et d'ayant en arrière, de sorte qu'elle fait un angle aigu avec la fosse sus-épineuse, et un angle oblus avec la sous-épineuse. Elle ne s'étend pas jusqu'au bord externe, mais s'arrête à quelque distance du bord
J0C\ AN ATOMIE SPÉCIALE.
postérieur de la surface articulaire , de sorte qu'il reste entre elle et cette dernière un intervalle rempli par le col de l'omoplate (collum scapulœ ). De là l'épine change de direction , de manière qu'elle s'élargit beaucoup dans le sens seulement de dehors en dedans. Cette partie, qui se trouve à environ un pouce de distance de la cavité glénoïde , et qui fait une grande saillie en haut et en arrière, porte le nom (Tacromion ; c'est le point le plus élevé de l'omoplate. Elle borne les raouvemens de la tête de l'humérus en arrière et en haut, comme l'apophyse coracoïde les limite en avant et en bas. Son bord postérieur offre, immédiatement derrière cette extrémité supérieure , une petite surface droite et revêtue de cartilage.
665. La face antérieure est plus uniforme. Elle offre seulement une légère dépression qui correspond à l'épine, de sorte qu'on peut y distinguer aussi une portion sus-épineuse et une portion sous-épineuse. Cette dernière présente ordinairement trois petites crêtes dirigées de bas en haut et de dedans en dehors, qui s'unissent à peu près dans le milieu , et qui laissent entre elles des gouttières superficielles. Toute cette face est légèrement concave.
666. La portion sous-épineuse de l'omoplate est la plus mincè de toutes. L'os s'épaissit vers ses bords , mais principalement vers l'interne et du côté de l'éminence articulaire. Il est un peu plus mince dans l'apophyse coracoïde, et plus encore dans l'épine, quoique cette dernière offreplus d'épaisseur que les fosses.
667. L'omoplate commence à paraître vers la fin du second mois de la grossesse, sous la forme d'un os aplati et irrégulièrement quadrilatère , à la surface duquel on n'aperçoit pas encore l'épine. Celle-ci se développe à trois mois, et, dès l'origine , elle dépasse le bord supérieur.
Dans le fœtus à terme , les apophyses paraissent déjà , mais elles sont encore presque entièrement cartilagineuses. L'épine ne se développe jamais par un point particulier d'ossification. Elle est toujours produite par le prolongement de la face postérieure en arrière. Mais peu à peu on voit paraître, pour l'apophyse coracoïde , un germe osseux distinct, qui existe déjà chez le fœtuls à terme , ou se montre du moins dans le
DÉ L'OiMOl'LATE. r?()5
cours de la première année. Ordinairement ce noyau est soudé avec le reste de l'omoplate chez les sujets âgés de quinze ans. A l'endroit de la réunion , et vers l'époque où elle s'effectue , îl se développe en haut, à la hase de l'apophyse coracoïde, un noyau osseux "arrondi, qui demeure plus long-temps distinct et séparé que toulès les autres apophyses. Plus tard, après que l'apophyse coracoïde s'est soudée, il paraît aussi, pour la partie supérieure de l'acromion, pour l'angle inférieur et pour la hase, des germes osseux particuliers, qui ne se réunissent à la portion principale que vers l'époque à laquelle le sujet cesse de croître. Le volume du noyau osseux destiné à l'acromion varie beaucoup , car tantôt ce n'est qu'une bandelette étroite, et tantôt il forme la plus grande partie de cette apophyse.
668. Les anomalies de l'omoplate consistent surtout en des arrêts de développement. Ainsi quelquefois la pièce de l'acromion demeure séparée pendant toute la vie, et Unie seulement au reste de l'os par une substance cartilagineuse. Il arrive aussi que l'ossification ne se faitpas d'une manière complète surd'autres points, par exemple qu'une portion plus ou moins étendue delà fosse sous-épineuse reste cartilagineuse, analogie remarquable avec ce qu'on observe chez plusieurs mammifères, notamment chez les pachydermes.