DE LA CLAVICULE
est double de la sienne chez l'adulte. La division de la clavicule en corps, extrémité sternale et extrémité scapnlaire, se fonde uniquement sur les dimensions différentes de ces régions et sur leurs rapports avec les parties voisines , mais non sur leur mode de développement; caria clavicule naît par un seul point d'ossification , sauf toutefois un très mince noyau osseux qui se forme assez tard sur la face antérieure de son extrémité sternale.
671. Cet os est en même temps un de eeux dans lesquels les différences qui tiennent au sexe s'expriment de la manière la plus saillante. En général il est beaucoup plus droit et proportionnellement plus court chez la femme que chez l'homme. Sa rectitude plus grande dépend surtout de ce que sa moitié externe est moins courbée , tandis que chez l'homme elle s'incline d'abord fortement en arrière , puis en devant. La moitié interne antérieure offre à peu près la même courbure dans les deux sexes. La clavicule de la femme est plus arrondie que celle de l'homme ; cependant on trouve des clavicules de femme qui ressemblent parfaitement à celles d'homme , et vice versa. Il arrive même quelquefois que l'une des deux clavicules est construite d'après le type du sexe masculin, et l'autre d'après celui du sexe féminin. Ces deux anomalies sont un léger degré d'hermaphrodisme.
(572. La clavicule s'articule avec la poignée du sternum par son extrémité antérieure , avec l'acromion par la postérieure, enfin avec l'omoplate et la première côte par des ligamens fibreux.
6^5. Quelquefois il manque une portion de la clavicule, notamment l'externe , même lorsque le reste de l'os s'est développé d'une manière régulière , et elle est remplacée par une apophyse de l'omoplate ; mais cette apophyse est toujours plus mince (1).
(1) Martin, Déplacement naturel de la clavicule; dans le Journal de Roux, t. XXIII , p. ^58.
ARTICLE II
DE l'hUMÉRWS.
A. ÉTAT NORMAL
6^4- L'humérus {os humeri, os brachii), le troisième des os cylindriques pour la grandeur, forme à lui seul la charpente osseuse du bras. Son corps est un peu tordu ; il s'amincit peu à peu de haut en bas, mais devient plus large à son extrémité inférieure. Ses trois faces sont plus marquées à la partie inférieure qu'à la supérieure , qui est plutôt arrondie que triangulaire. Ces faces sont, quand le bras se trouve pendant le long du corps, une antérieure, une postérieure et une externe : les deux premières sont presque droites, la postérieure seule est convexe en haut et droite en bas. Le bord interne , qui termine les faces antérieure et postérieure, est très rugueux dans la moitié supérieure de l'os, où l'antérieur et le postérieur sont presque insensibles , tandis qu'ils sont très prononcés dans la moitié inférieure, et le deviennent d'autant plus qu'on les examine plus bas. L'extrémité supérieure du corps s'élargit beaucoup, surtout en dedans et en arrière. Le Irou nourricier, qui est simple, se trouve au commencement du tiers inférieur , sur la face antérieure , tout auprès ïlu bord interne, quelquefois même sur ce bord ou sur le postérieur.
'L'extrémité supérieure , presque parallèle au corps, se dirige seulement un peu en dedans et en arrière. Sa plus grande partie, située en arrière, en dedans et en haut, représente une tête demi-sphérique {caput humeri) , et couverte de cartilage , qu'entoure un léger enfoncement chargé de quelquesaspérités. En dehors et en devant de cette extrémité se trouvent deux éminences destinées à l'insertion de muscles, et qu'on appelle tubérosités ( tubercula ) ; l'une , trois fois plus grosse que l'autre, située en dehors et en devant , porte le nom de grosse tubérosité ou trochiter {tuberculum majus , anterius, exlernum) , tandis que l'autre , plus petite , mais plus
DE l'uUMÉIVUS. r0r)
saillante, a repu celui de petite tubérositë ou trochin ( tuberculum minus , posterius , internum ). De chacune d'elles part une ligne âpre , dont celle de la grosse tubérosité ( spina Utberculi majoris ) se jette dans le bord interne, et celle de la petite ( spina iuberculi minoris) ne dépasse point le quart du corps de l'humérus, e(se perd a cette hauteur. Entre lesdcux tubérosités se trouve une gouttière plus ou moins profonde qui se dirige en bas, en devant et en dehors, et qui ne tarde pas à disparaître sur l'extrémité supérieure de la face interne du corps: c'est la coulisse bicipitale.
L'extrémité inférieure est encore plus composée que la supérieure. L'os y a un peu plus de largeur, mais il est beaucoup plus mince et par conséquent aplati. Il se termine en bas par une saillie oblongue , arrondie et incrustée de cartilage, dont plusieurs éminences et enfonceniens rendent la surface fort, inégale. Sa partie antérieure ou externe est ronde, et s'étend bien plus haut sur le côté antérieur ou interne de l'os que sur le postérieur ou externe : c'est la téte inférieure ( erninentia capilata). La partie postérieure ou interne , bien plus considérable , s'étend aussi haut en arrière qu'en avant , et se compose de deux éminences demi-circulaires, dont Pexterne ou antérieure, située à côté delà précédente, et séparée d'elle par une échancrure , est beaucoup plus petite que l'interne ou postérieure, dont un enfoncement considérable la sépare également. Ces deux éminences constituent la poulie ( trochlea ossis humeri). On remarque au-dessus de la tête inférieure une légère dépression , appelée petite fosse antérieure (fossa anterior minus); au-dessus delà poulie et en devant, un autre enfoncement plus profond , qu'on nomme grande fosse antérieure (fossa anterior majus) ; enfin en arrière, et aussi audessus de la poulie et en devant , une dernière cavité plus profonde que les deux autres, nommée fosse postérieure {sinus maximus ,fossa posterior). Il n'est pas rare que ces deux excavations communiquent ensemble par une large ouverture pratiquée à l'os , et alors la communication existe ordinairement des deux côtés du corps à la fois. Assez souvent aussi il arrive que l'os est percé d'une grande ouverture ronde, au-dessus de ces éminences articulaires. ■•>
Outre les éminences articulaires par lesquelles l'humérus se termine à son extrémité inférieure, ses bords antérieur et postérieur y donnent aussi naissance à deux éminences qui ne descendent point aussi bas, servent d'attache à des muscles, et portent le nom de condyles (condyli). L'antérieure etexlerne estbeaucoup pluspetite, et désignée sous le nom d'</picondyle ( condylus Jlexorius ) ; la plupart des muscles fléchisseurs de la main s'y insèrent , ainsi qu'a la portion de la face antérieure de l'humérus situéoiimmédialement au-dessus. La postérieure et interne , ou épitrochlée [condylus extensorius), qui est trois fois plus volumineuse, donne attache aux muscles extenseurs de la main.
675. L'hurnérus commence à se former au milieu du second mois de la grossesse. Vers la fin de ce mois, il est encore très petit, long d'une ligne seulement et plat. Peut-être se développe-t-il par deux points d'ossification situés l'un à côté de l'autre, qui se soudent rapidement ensemble , car j'ai aperçu, dans des embryons très jeunes, une fissure étendue depuis son extrémité supérieure jusqu'à sa partie moyenne. Jusqu'au dernier mois de la vie intra-utérine, il n'y a que le corps qui soit ossifié ; m^is à cette époque l'ossification commence aussi dans les extrémités , et d'abord dans l'inférieure,, à la naissance
Celle-ci n'offre qu'un seul noyau osseux, non dans son milieu, mais dans la petite tête. Tantôt, et c'est le cas le plus ordinaire, le corps s'étend peu à peu dans la poulie, tantôt il se développe dans cette dernière, après la naissance, un noyau osseux particulier, qui se soude d'abord avec la tête , puis avec le corps. Quelques mois seulement après la naissance, on voit se former, dans l'extrémité supérieure , à la place de la tête, un germe osseux , auquel s'en joint un second dans la grosse lubérosité, mais plus lard, et ordinairement à la fin de la première année ; ces deux noyaux s'unissent ensemble avant que l'extrémité supérieure se soude avec le corps. A une époque plus reculée encore, le condyle interne ou postérieur se développe par un point d'ossification, qui se soude tantôt seulement avec le corps, et tantôt aussi avec le reste de l'extrémité inférieure. La réunion de celle dernière
DE L'HUMÉRUS. 71 ï
avec le corps s'opère bien plus tôt , long-temps même avant que le sujet ait pris tout son accroissement, tandis que la supérieure demeure distincte et séparée jusque après celte dernière époque. La tubérosité interne se soude au corps plus tôt que la supérieure , mais beaucoup plus lard que l'inférieure (1).
676. L'humérus s'articule par arthrodie avec la cavité glénoïde de l'omoplate , par le moyen de sa tête. Son extrémité inférieure est articulée avec les deux os de l'avant-bras.
B. ÉTAT ANORMAL
6577. L'humérus manque quelquefois entièrement , ou en partie, par l'effet d'un vice primitif de conformation, lorsque les membres supérieurs se sont développés seulement d'une manière plus ou moins imparfaite. Celte anomalie offre une foule de nuances, car tantôt il n'existe qu'un moignon à peine sensible, tantôt, lorsque le développement est arrivé plus loin , et qu'il n'y a que l'avant-bras et la main qui mauquenl , l'humérus s'amincit à sa partie inférieure , et se termine par une ou deux apophyses (2).
J'ai déjà parlé ( § 672 ) de la réunion des grandes fosses anlérieures avec les fosses postérieures*
(1) Albinus a indiqué d'une manière au moins fort incomplète l'ordre dans lequel ces points d'ossification se développent et se soudent, (a) Bonn, Tlws. oss. morb. IIov. , Amsterdam , 1780, p. 129.
AÎSATOMIE SPÉCIALE.
ARTICLE III