DES OS DU TARSE
que ces différences dépendent du sexe, et sans même qu'on retrouve exactement la même disposition sur les deux pieds du même sujet.
770. Les premières traces de l'astragale paraissent au septième mois de la grossesse. Dans le fœtus à terme , il représente un noyau osseux arrondi, sur lequel le corps et la tête ont encore à peu près les mêmes dimensions.
771. L'astragale s'articule, par les faces supérieure et latérale de son corps, avec le tibia (§ 758) et le péroné (§ 762) , qui n'y permettent , outre la flexion et l'extension du pied, qu'un faible mouvement en dedans et en dehors. Par la face inférieure de son corps et de son col, il s'articule avec le calcanéum (§ 774)> et par l'antérieure de son col avec le scaphoïde
B. Calcanéum.
772. Le calcanéum (calcanéum , os calcis ) , le plus gros des OS du tarse, a un volume plus que double de celui de l'astragale. C'est aussi le plus gros de tous les os courts. Il se trouve au-dessous de l'astragale, et se porte aussi loin que lui en avant, mais le dépasse beaucoup en arrière. Sa forme générale est celle d'un carré alongé. Son plus grand diamètre s'étend d'avant en arrière , et son plus petit de dedans en dehors.
On peut y distinguer un corps et une apophyse interne.
Le corps est comprimé latéralement. En arrière il produit , par son renflement , une grosse tubérosité ( tuber calcanea ) , à laquelle s'attache le tendon d'Achille , et qui se termine en avant et en bas par deux éminences , dont l'interné est plus considérable que l'externe. La face externe est rugueuse ; ordinairement elle offre aussi en devant deux petits tubercules, qu'on ne rencontre cependant pas toujours , et qui même n'existent pas constamment sur les deux calcanéums du même sujet. Ces tubercules , situés immédiatement l'un derrière l'autre , forment une sorte de gouttière. La lace interne est un peu concave de haut en bas et d'avant en arrière. La supérieure forme deux arcs, dont le postérieur , plus petit et plus surbaissé, s'étend depuis l'extrémité supérieure de la tubérosilé jusqu'à l'extrémité postérieure de l'arc antérieur. Ce dernier,
758 ANATOM1E SPÉCIALE.
plus grand, se compose , à sa partie postérieure , d'une surface articulaire convexe, encroûtée de cartilage, et dirigée perpendiculairement d'arrière en avant, et d'une autre portion située en devant, rugueuse , très concave et dépourvue d'incrustation cartilagineuse. En cet endroit l'os est beaucoup moins élevé que dans sa moitié postérieure. La face antérieure est triangulaire, légèrement concave et garnie de cartilage.
Du bord interne et supérieur de la moitié antérieure du calcanéum , part une apophyse oblongue , peu large, mais très forte , qui se dirige en dedans , et qu'on nomme apophyse latérale [processus lateralis , sustentaculum tali). C'est sur elle que repose la tête de l'astragale. En arrière et en haut, cette apophyse est séparée du corps par une gouttière profonde (sulcus sustentaculi tali superior). Sur la partie postérieure de sa face inférieure, on aperçoit une gouttière inférieure plus ou inoins sensible (sulcus sustentaculi tali ùiferior). La face supérieure descend obliquement d'arrière en avant ; elle est encroûtée de cartilage et légèrement concave. Ordinairement sa partie antérieure est plus étroite que la postérieure , et la plupart du temps on trouve , au commencement du tiers antérieur, un rétrécissement plus ou moins considérable, converti quelquefois en une gouttière profonde , qui , de simple qu'est presque toujours la face , la fait paraître divisée en deux portions. Cette face correspond à la face inférieure du corps de l'astragale. Il est bien plus commun de la trouver partagée en deux que d'observer la même disposition sur l'astragale , et la face inférieure de la tête de cet os n'est ordinairement pas partagée, même chez les sujets qui présentent une division complète de la face supérieure de l'apophyse latérale du calcanéum.
Il n'est pas vrai que l'intégrité de cette surface articulaire soit un caractère propre à la femme (1) ; bien au contraire , sa division en deux moitiés, l'une antérieure , l'autre postérieure , paraît se rencontrer plus fréquemment chez la femme que chez l'homme , où elle est à la fois et plus rare et moins complète. Au reste, il n'est pas extraordinaire , dans les deux
(1) Sœmmcring , linochenlchrc , p. 4'0-
SES OS DU TARSE j5c)
sexes , de trouver une disposition d'un côté , et l'autre de l'autre côté , de sorte qu'il n'y en a réellement aucune qui appartienne plus particulièrement à l'un des deux sexes.
775. Le calcanéum est de tous les os du tarse celui qui se développe le premier. Il commence à paraître dès le sixième mois de la grossesse , sous la forme d'un noyau osseux simple , dans le milieu du cartilage. Chez le foetus a terme , ce noyau est près de deux fois plus gros que celui de l'astragale , et se porte aussi loin que ce dernier en avant, mais il le dépasse fort peu en arrière, tandis que, chez l'adulte , la partie postérieure fait presque la moitié de la longueur de l'os. Cette différence tient à ce que les trois quarts au moins du calcanéum, en particulier toute sa partie postérieure , sont encore cartilagineux , et que son noyau osseux se trouve placé immédiatement au-dessous de celui de l'astragale. Assez tard, c'est-àdire de huit à dix ans, il se développe, dans la tubérosité , un germe osseux particulier , plat et arrondi, qui est beaucoup plus épais en bas qu'en haut, et qui croît de bas en haut. La partie inférieure de ce noyau se soude avec le corps beaucoup plus tôt que la supérieure. Quelquefois il se forme encore un troisième point d'ossification dans la partie supérieure de la tubérosité. La réunion parfaite de ce noyau avec le corps n'a lieu que quand le sujet a pris tout son accroissement. La forme du calcanéum, son développement tardif et ses connexions avec le tendon d'Achille , sont des circonstances remarquables à cause de l'analogie qu'elles établissent entre lui , la rotule et l'olécrane. ^
774. Le calcanéum s'unit aux os de la jambe , sans s'articuler avec eux, quoique de forts ligamens fibreux s'y attachent. Il s'articule, par la surface articulaire supérieure de son corps, avec le corps de l'astragale; parla surface articulaire supérieure de son apophyse , avec la tête de ce même os ( § 771 ) , et par la face antérieure de son corps, avec le cuboïde