‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource]Chapitre 59 sur 186 · CARACTÈRES GENBRACX DES OS DE LA COLONNE VERTEBRALE · texte numérisé non relu

CARACTÈRES GENBRACX DES OS DE LA COLONNE VERTEBRALE

4?4- Les os de la colonne vertébrale ont certains caractères qui leur sont communs à tous. Si l'on comprend les pièces du coccyx dans ce nombre, on ne peut rien dire de général à leur égard, sinon qu'ils ont une forme arrondie; mais lorsqu'on fait abstraction du coccyx, on parvient à leur assigner des caractères bien plus précis. La condition la plus générale de tous les vertèbres est d'avoir une forme annulaire. Cet anneau, dont l'ouverture est toujours très considérable en proportion de la masse qui le forme, supporte plusieurs prolongemens. La forme annulaire est relative à l'un des usages de la colonne vertébrale , qui consiste à loger la moelle épinière. On donne le nom de trou rachidien (foramen pro medulla spinali , foramen medullàre ) à celui dont chaque vertèbre est percé, et l'on appelle canal vertébral (canalis pro medulla spinali) le conduit qui résulte de l'adosscment des trous rachidiens de toutes les vertèbres empilées les unes sur les autres.

La partie de, la colonne vertébrale située au-devant de la moelle épinière est, à une seule exception près, la plus forte et la plus épaisse ; c'est pour cette raison qu'on l'appelle corps des vertèbres (corpus vertébrée). Elle est toujours un peu resserrée sur elle-même à sa face antérieure et des deux côtés, de sorte que ses faces supérieure et inférieurë font une légère saillie au-dela des latérales. Le reste de la portion latérale et toute la partie postérieure des vertèbres s'appellent Varc(arcus). Le corps est toujours droit et transversal, et l'arc très convexe. Les apophyses concourent, d'une part, à un second usage de la colonne vertébrale, celui de fournir des attaches aux muscles chargés de la mouvoir elle-même , ainsi que les

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côles et le crâne; de l'autre, servent a assurer l'union des vertèbres entre elles. On peut donc les diviser, d'après leur destination principale, en apophyses articulaires [processus articulares), et en apophyses musculaires (processus musculares), quoique toutes paraissent remplir ces deux fonctions à la fois. Les apophyses naissent uniquement de l'arc de là vertèbre.

Le nombre de ces apophyses s'élève toujours à sept. Quatre sont articulaires (processus articulares condyloides). Il y en a deux de chaque côté, l'une supérieure, l'autre inférieure , qui naissent de la partie latérale de l'arc , et portent aussi le nom d' apophyses obliques (processus obliqui), à cause delà direction de leurs surfaces articulaires, encroûtées de cartilages. Des trois autres, qui sont musculaires, deux, l'une à droite, l'autre à gauche, s'écartent transversalement de l'arc , entre les apophyses articulaires supérieure et inférieure ; on les appelle apophyses transverses (processus transversi), à cause de leur direction. La troisième est située sur la ligne médiane; elle part du milieu de la portion postérieure de l'arc, et se dirige en arrière; sa longueur, dans plusieurs vertèbres, et sa forme pointue, lui ont fait donner le nom d'apophyse épineuse (processus spinosus).

On distingue à toutes les apophyses musculaires une base (basis) et un sommet (apex). Entre la base ou l'extrémité antérieure de l'arc vertébral, et les deux apophyses articulaires de chaque côté, le bord supérieur et le bord inférieur de Tare sont sensiblement échancrés. Cette échancrure , appelée vertébrale (incisura vertebralis ), se convertit, lorsque deux vertèbres sont appliquées l'une sur l'autre, en un trou nommé inter-vertébral , onde conjugaison(foramcninter-vertebrale ), qui conduit dans l'intérieur du canal rachidien, et par lequel sortent les nerfs spinaux.

475. Toutes les vertèbres s'articulent, au fond, de la même manière et par les mêmes points. Les faces supérieures et inférieures des corps adhèrent d'une manière très solide les unes aux autres, dans toute leur étendue, au moyen de fibro-cartilages, qui ne leur permettent d'exécuter que des mouvemens obscurs. Les arcs et les apophyses épineuses sont unis en-

semble par des ligamens flbreux, et Îe3 apophyses obliques ou articulaires le sont par des capsules.

2° MODR DE DÉVELOPPEMENT.

476. Outre ces caractères généraux, que les vertèbres présentent lorsqu'elles ont pris tout leur accroissement, elles se ressemblent encore par les particularités essentielles de leur mode de développement. En effet elles sont toujours formées au moins de trois pièces: l'une moyenne, qui correspond au corps , et deux autres, postérieures et latérales, qui représentent les deux moitiés de l'arc. Il est vraisemblable que chacune d'elles naît, à proprement parler, par six ou huit pièces , puisqu'il se forme un petit noyau osseux particulier à l'extrémité de l'apophyse épineuse et des apophyses transverses, ainsi qu'aux faces supérieure et inférieure du corps. J'ai observé cet état de choses sur plusieurs cadavres de sujets qui avaient atteint leur dix-huitième année, et les faits rapportés par Ungebauer (1) s'accordent avec ce que j'ai vu. L'examen de vertèbres de jeunes embryons démontrera peut-être que le corps doit naissance à la réunion de deux moitiés latérales (a); c'est du moins ce que j'ai rencontré dans les pièces supérieures du coccyx, et plusieurs fois même dans le corps de la première vertèbre cervicale, ainsi que dans l'apophyse odontoïde de la seconde. L'analogie du sternum et de l'os sphéno-occipital porte également à croire qu'il doit en être ainsi partout. Alors le nombre des points d'ossification des vertèbres

(1) Epislola osteologica de ossium trunci corporis humant sero osscis visis carumdemque genesi , Léipsick, 1739.

(a)Béclard ne partage pas cette opinion. Il allègue l'argument tiré du spina bifida antérieur , qu'on rencontre quelquefois, quoique très rarement , et au cou seulement, parce que le devant de la colonne vertébrale se développant de la partie moyenne vers les deux bouts , tandis que les parties latérales postérieures se développent successivement de haut en bas, cet écartement doit se rencontrer en arrière et en bas, ce qui est le plus ordinaire, ou en devant et en haut. Il rejette aussi les preuves analogiques tirées de l'anatomie des têtards, des oiseaux et des lapins , comme reposant sur une erreur d'observation. Ayant étudié le commencement

DIFFÉRENCES ENTRB LES VI1AJES ET LES FAUSSES VERTEBRES.

ne serait pas , comme on le dit généralement , de trois, mais de neuf, ou plus exactement de huit. Les moitiés latérales commencent à paraître au troisième mois; le corps ne se montre que plus tard. Les points terminaux d'ossification dont j'ai parlé ne deviennent visibles que long-temps après la naissance ; car, dans le fœtus à terme , les apophyses des vertèbres ne sont point encore ossifiées. Lorsque l'enfant vient au monde , les divers noyaux osseux sont encore parfaitement distincts.

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