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V. ETHMOIDE

569. L'os elhmoïde ( os ethmoideum s. cribriforme) occupe la partie antérieure et moyenne de la base du crSne. A peine offre-t-il quelque ressemblance avec une vertèbre, dans sa lame moyenne, mince et perpendiculaire, et dans ses deux masses latérales, diversement repliées sur elles-mêmes. On pourrait plutôt le considérer comme un os delà face, d'autant mieux qu'il est en grande partie enclavé au milieu de ces os, parmi lesquels on en compte qui ne sont pas plus visibles que lui à l'extérieur, et qui lui ressemblent, soit pour la forme , soit pour les fonctions.

5?'> On distingue, dans l'ethmoïde, une partie moyenne et deux latérales. La première est presque entièrement formée

DE L'OS ETHNOIDE. (5/|5

par une lame perpendiculaire {lamina perpendicularis) , beaucoup plus haute dans sa moitié antérieure que dans la postérieure. A l'endroit où la partie postérieure cesse en arrière, on voit se détacher de sou bord supérieur une lame horizontale, qui se porte de l'un et de l'autre côté, et qu'on appelle lame criblée (lamina cribrosa). Cette lame est placée de champ sur toute la longueur de la lame perpendiculaire , dont , par conséquent, la partie supérieure de la moitié antérieure la dépasse de beaucoup. Celle dernière partie, appelée apophyse crista galli , fait saillie dans l'intérieur du crâne ; elle est beaucoup plus épaisse que celle qui se trouve au-dessous.

La lame criblée offre deux séries d'ouvertures oblongues , dont les plus grandes sont situées d'avant en arrière , en dedans , le long de l'apophyse crista galli , et à la suite les unes des autres, tandis que les plus petites se trouvent le long de son bord externe. Les antérieures et moyennes sont les plus considérables , et oblongues; elles ont souvent trois à quatre lignes d'étendue. Entre les deux rangées, ou- en aperçoit d'autres plus petites et irrégulières.

Toutes ces ouvertures, qui ont la forme d'entonnoirs, sont les orifices de petits canaux, dont les internes parcourent quelques lignes de trajet le long des faces latérales de la lame perpendiculaire , puis se partagent en d'autres plus petits, et dégénèrent en de simples sillons, qui descendent fort bas sur la cloison.

5yi. Les masses latérales de l'ethmoïde, qu'on nomme aussi le labyrinthe (labyrinthus), sont extrêmement minces et complexes. En général, chacune d'elles représente une cavité quadrangulaire, plus longue que large, c'est-à-dire plus étendue d'avant en arrière que de dehors en dedans. La paroi supérieure manque ordinairement en totalité ou en partie , et elle est couverte par les côtés de la portion nasale de l'os frontal, qui lui servent de toit. L'antérieure est également ouverte. Il arrive aussi quelquefois, mais beaucoup plus rarement, à l'externe, d'être incomplète : du reste, elle est lisse et droite; on l'appelle osplanum, ou lame papyracée (lamina papy race à) , parce qu'elle a le poli du parchemin. La paroi inférieure1 est très inégale; la postérieure n'existe pas; l'interne est droite, mais

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rendue inégale par la rangée externe des ouvertures qui se trouvent sur la lame criblée, ainsi que par des canaux et des sillons descendans , qui pénètrent dans sa substance , au moyen de petites ouvertures. A sa partie postérieure, cette paroi interne forme deux renflemens situés l'un au-dessus de l'autre, séparés par un vide profond, convexes en dedans et concaves en dehors , qu'on appelle cornet supérieur et cornet moyen (concha superior et média). Ce dernier s'enroule sur lui-même dans sa partie antérieure, ce qui fait qu'il y présente aussi une convexité en dehors. Le cornet inférieur forme la paroi inférieure du labyrinthe.

DeHIa paroi externe du labyrinthe à l'interne se rendent des lamelles transversales , irrégulières , en partie incomplètes , qui forment un plus ou moins grand nombre de cellules ethmoïdales (cellulœ ethmoidales). On appelle aussi les cellules antérieures orbitaire s ou lacrymales (cellulœ orbitariœ s. lacrymales), les moyennes frontales (cellulœ frontales), et les postérieures palatines ( cellulœ palatinœ ).

Du bord supérieur du cornet moyen part une cloison transversale, qui va gagner le bord inférieur de la lame papyz'acée, et qui ferme les cellules moyennes, mais d'une manière incomplète.

Cette cloison et l'os planum se prolongent en arrière et en bas, par leur angle antérieur et inférieur, en une mince apophyse , quelquefois un peu recourbée , qu'on appelle petite apophyse du sphénoïde (processus minor). Plus en devant et en dedans, il en naît une autre de la partie antérieure du labyrinthe, et des cloisons transversales des cellules antérieures, entre l'extrémité antérieure du cornet moyen et l'os planum. Celle-là, dont la longueur varie beaucoup, porte le nom de grande apophyse ou apophyse unciforme de l'ethmoïde (processus major, s. uncifbrmis, s. hamulus).

5^2. L'elmoïde ne se développe qu'au cinquième mois. Les masses latérales paraissent les premières, et la partie moyenne ne se forme qu'après la naissance.

Cbez le fœtus à terme, cette partie moyenne est encore entièrement cartilagineuse : les deux masses latérales sont séparées l'une de l'autre et très peu développées , car la paroi ex-

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