NERFS
2034. Le nez reçoit ses nerfs de deux sources , du nerf olfactif, et de la seconde branche de la troisième paire (2).
Le nerf olfactif est incontestablement le nerf propre de l’organe de l’odorat (3), puisqu’on a remarqué que son absence
(1) Ruysch, Thesaur. anat. III, tab. v., fig. 5. — Jacobson, Ann. du mus., t. XVIII, p. 4*2.
(2) J. Hunter , A description of tlie nervcs, whicli supply the organ of smcLling; dans Obs. on different parts ofthe animal æconomy , p. 209, tab. ix-xviii. — A. Scarpa, loc. cit., cap. iii-vi.
(3) Magendie a émis des doutes contre cette proposition généralement admise, dans un mémoire intitulé : Le nerf olfactif est-il l’organe de l’odorat? dans Journ. de phys. expér ., t. IV, p. 169. Méry doutait déjà que les nerfs olfactifs fussent l’organe de l'odorat , et disait que la cinquième paire supplée à leur défaut (Brunet, Progrès de la médecine ,
DE L’ORGANE DE L’ODORAT
et sa compression entraînaient la perte du sens. De la face inférieure du renflement qui le termine, il fournit des filamens disposés sur deux séries, l’une externe et l’autre interne , qui correspondent aux deux séries d’ouvertures de la laine criblée de l’ethmoïde, quoiqu’il arrive sou vent à deux ou trois d’entre eux de sortir par un même trou. Leur nombre et leur volume varient beaucoup. On en compte depuis quatre jusqu’à douze. Les antérieurs marchent de haut en bas et d’arrière en avant; les moyens, directement de haut en bas; les postérieurs , de haut en bas et d’avant en arrière. Peu après qu’ils ont quitté le nerf olfactif, ils s’engagent dans des gaînes de la dure-mère , dans l’intérieur desquelles les postérieurs surtout parcourent un assez long trajet avant depénétrer dans les trous de la lame criblée. Us sont revêtus d’abord par la dure-mère , et plus loin par l’arach-
1697). Ayant ouvert le crâne de trois ou quatre hommes qui n’avaient ressenti pendant leur vie aucune altération dans l’organe de l’odorat , il trouva les nerfs de la première paire calleux proche du cerveau. Cependant Loder ( Obscrvatio tumoris scirrliosi in basi cranii reperti, Iéna, 1779) a vu le nerf olfactif détruit chez un homme qui était privé de la faculté de sentir, et Oppert a fait la même observation chez une femme également privée, de l’odorat (Diss. de vitiis nervorum organicis, Berlin, 18 J 5, p. 16). Cerutti (Beschreibung dcr pathologischen Prâparate des anatomischcn Tlieatevs tu Leipzig ,1819 , p. 208) parle du cerveau d’un homme qui n’avait jamais joui de la faculté olfactive, dans lequel il y avait absence totale, non seulement du nerf olfactif, mais même du sillon destiné à le recevoir sur la face inférieure du lobe inférieur. Rosenmuller a même décrit ce cas (De defectu nervi olfact., Léipsick , 1817 ); mais Iludolphi fait observer avec raison qu’il est à regretter qu’on n’ait point examiné les cornets de la cloison, parce que, dans beaucoup de cas de prétendue absence du nerf de la première paire, il l’a cependant trouvé, mais très mou et difïluent. Au reste, les faits rapportés par Magendie semblent donner quelque poids à l’ancienne opinion de Méry ; au moins doivent-ils rappeler l’attention des physiologistes sur les sinus des fosses nasales, auxquels Malacarne , Weinhold, Blumenbach et Treviranus ont assigné des usages très diflerens, quelquefois même fort bizarres, comme ceux que Weinhold les croit destinés à remplir. 11 importerait de constater si, comme Deschamps et Richerand le prétendent, d’après des expériences faites sur des sujets atteints de maladies de ces cavités, elles sont absolument étrangères à la fonction olfactive, ce dont il est permis de douter jusqu’à plus ample information, surtout depuis les belles recherches de Treviranus sur les nerfs de la cinquième paire.
(Note des traducteurs.)
noïde, qui les entoure d’une manière moins serrée, et ne les accompagne pas aussi loin. Tout-à-fait en dehors, chacun d’eux est enveloppé parunprolongementinfundibuliforme de la duremère, qui s’étend fort loin, et qui les fait paraître beaucoup plus gros qu’ils ne le sont au moment où ils émanent du ganglion. Parvenus au-dessous de la lame criblée, ils s’anastomosent ensemble , descendent entre les os et la membrane pituitaire , ne tardent pas à se ramifier beaucoup, et se rapprochent peu à peu ainsi de la surface libre de la membrane.
La série interne appartient à la cloison , dont les nerfs qui la composent parcourent en partie toute la longueur : les moyens sont les plus longs, et les postérieurs les plus courts.
Ils descendent les uns à côté des autres, formant une couche simple.
La série externe, qui se répand dans les parties latérales du nez, notamment dans les deux cornets supérieurs, forme des anastomoses considérables ; mais les filets que ces nerfs constituent sont beaucoup moins serrés les uns contre les autres que ceux de l’externe; ils ne pénètrent pas dans les cellules ethmoïdales, et 11e se rendent pas non plus à la membrane muqueuse des cornets inférieurs, ou du moins 'ne lui envoient que des rnmuscuies peu nombreux et très déliés , en devant.
Le nerf olfactif n’envoie pas non plus de filets à la membrane pituitaire des sinus.
Parmi les nerfs de la cinquième paire , ou les nerfs accessoires du nez, les nasaux supérieurs se portent en arrière, les nasaux moyens , les supérieurs et celui de la cloison , qui naissent du ptérygo-palatin , et l’elhmoïdal qui provient de la branche nasale, sont ceux qui se portent le plus en devant, car ils s’étendent même au-devant du nerf olfactif , et se répandent dans la membrane muqueuse du nez proprement dit- Ces nerfs entourent ainsi la surface à laquelle se distribue le nerf olfactif, avec les filets postérieurs et externes duquel ils s’anastomosent. Ceux qui proviennent de la seconde branche de la cinquième paire communiquent aussi avec le nerf ethmoïdal. Il résulte de là que les nerfs accessoires forment un cercle complet autour de l’expansion de l’olfactif, de la même manière que les ciliaires en forment un autour de la rétine. Quoi-