Épiglotte
2254. L "épiglotte ( epiglottis , s. ligula), cartilage très mou, à peu près rhomboïdal, alongé en pointe à sa partie inférieure, et terminé supérieurement par une échancrure superficielle, est située immédiatement au-dessus de l’échancrure du bordsupérieurdu cartilage thyroïde. Elle est plus longue que large, et beaucoup plus mince d’avant en arrière que dans tout autre sens, si l’on excepte sa partie moyenne. Elle est percée d’un nombre considérable d’ouvertures par lesquelles pénètrent de petites glandes mucipares, répandues sur les faces antérieure et postérieure, et qui s’ouvrent sur ces deux faces. L’élasticité dont elle jouit, et les ligamens que je décrirai bientôt, font qu’elle affecte ordinairement une direction perpendiculaire , et qu’elle
(' )Loc. cit., p. 97.
DES ORGANES DE DA VOIX
s’élève vers l’isthme du gosier; mais le poids des substances qui passent sur elle et l’action de muscles particuliers l’abaissent de manière à ce qu’elle couvre l’entrée du larynx.
L’épiglotte s’oppose ainsi à ce que les corps étrangers, principalement les alimens et les boissons, puissent pénétrer de la cavité nasale, et surtout delà cavité orale,dans!e larynx. Quoique les observations pathologiques relatives à l’absence de ce cartilage (1), et les expériences dans lesquelles on a vu la déglutition n’éprouvât’ aucune gêne après l’ablation de l’épiglotte, lorsque les nerfs et les muscles de la glotte avaient été respectés, tandis qu’elle se faisait avec beaucoup de difficulté lorsque ces nerfs avaient été coupés, l’épiglotte elle-même étant conservée (2) , quoique tous ces faits (3) prouvent que le resserrement de la glotte contribue aussi pour sa part à empêcher les alimens de tomber dans le larynx, il ne s’ensuit pas que l’épiglotte ne remplisse pas la fonction que tous les physiologistes lui attribuent depuis Aristote. Cette fonction, à l’occasion de laquelle je cite une sortie très vive, mais parfaitement exacte de Casserio (4), a été
(1) Targioni Tozzetti, Prima raccolta di osservazioni Florence, ij5a. — Magendie , Précis de physiologie, t. II , p. 63.
(2) Magendie, Mémoire sur l’usage de l’épiglotte dans la déglutition , Paris, i8i3.
(3) G. -T .-F. Reichel (Diss. de usu epiglottidis , Berlin, 1816) a reconnu,
contre l’assertion de Magendie, que l’excision de l’épiglotte rendait toujours la déglutition difficile chez les animaux sur lesquels il l’avait pratiquée. A cette occasion Rudolphi rapporte l’observation d’un homme mort de phthisie laryngée, dont l’épiglotte était tellement détruite qu’il ne restait plus qu’une petite portion de sa base. Cet homme éprouvait la plus grande difficulté à avaler; il était obligé de mêler ses boissons avec des alimens pour en former une espèce de bouillie , qu’il avait même beaucoup de peine à faire parvenir dans l’estomac. G. Sachse rapporte plusieurs cas qui constatent que la déglutition est toujours très gênée dans la phthisie laryngée ( Beitrâge zur genauern Kenntniss und TJ nterscheidung derKehlhopfs-uncILiiflrôhrenscliwindsucliten, Hanovre, 1821). Au reste j Rudolphi attribue encore un autre usage à l’épiglotte : il pense que ce cartilage sert aussi, chez les animaux qui respirent par le nez, la bouche fermée, à favoriser l’entrée de l’air dans le larynx, en lui offrant une voie plus directe que celle qu’il serait tenté de prendre pour s’introduire dans la cavité orale. (Note des traducteurs.)
(4) Loc. cit .,De epiglotlidc, c. xvn, Talis structura , taie officium, ut slupidus ille, vccorsque dici merealur , qtiem non eortim consideratio , attonitum quasi, in admirationem dei rapiat.
4gO ANATOMIE SPECIALE.
révoquée en doute par Magendie , dont Mayer a combattu l’opinion par des observations faites sur lui-même avec le plus grand soin (ijf.