IV. ÉTAT ANORMAL DD LARYNX
A. VICES DB CONFOBMATION.
2288. Il est rare que le larynx entier ou quelques unes de ses parties offrent des vices primitifs de conformation.
Cependant il faut ranger ici sa petitesse insolite , qui dépend de la persistance de sa conformation primitive , et qui coïncide avec la destruction ou le développement incomplet des testicules (1) ; l’absence de l’épiglotte (2) ; la scission de ce cartilage (3) ; l’absence des cornes supérieures du cartilage thyroïde (4) , du cricoïde et des aryténoïdes (5) , qui est fort remarquable en ce qu’elle établit , entre le larynx et la trachéeartère, une ressemblance plus grande que celle qui existe ordinairement; l’obliquité et l’incurvation de l’épiglotte (6); la division incomplète du larynx par un cordon dirigé de haut en bas (7).
Les vices de conformation consécutifs (8) sont bien pluscomrnuns que les primitifs , surtout ceux qui reconnaissent une lésion mécanique pour cause. On doit distinguer parmi eux les plaies du larynx faites par un instrument tranchant, dans le suicide. On regarde en général les plaies de l’épiglotte comme mortelles : cependant j’ai sous les yeux un cas dans lequel ce cartilage fut fendu dans toute sa longueur , et divisé en outre transversalement dans sa moitié droite, sans que la mort s’en-
(1) Dupuytren, Bull, de la soc. pliil., vol. II, p. 195. — Meckel, llandbuchder pathologichen Anatomie, 1. 1, p. 485.
(2) Targioni Tozzetti, Prima raccolla, Florence, 1762.
(3) Meckel , loc. cit.
(4) Sandifort, Exerc. anat., 1. II, c. vii, p. 64-
(5) Roederer, De feelu paralytico; dans Comm. soc. Gott., t. IV, p. i36.
(6) Atti diSiena, vol. III, p. 252.
(7) Meckel, Handbucli der pathologisclien Anatomie, t. II, p. 11, p. i4o. Le cas, cité par Otto ( Path . Anat.,p. 223), d’un larynx divisé en trois, ne se rapporte pas ici, mais à la trachée-artère, quiolïrait trois branches au beu de deux (Sandifort, Exerc. ac., p. 65).
(8) G. Bell, Cases ofdiseases and wounds of the larynx; dans ses Surgical observations, Londres, 1817, p. 1.
5o8 ANATOMIE SPECIALE.
suivît. Ce cas est remarquable aussi en ce qu'il démontre que, comme je l’ai dit plus haut, l’épiglotte n’est pas absolument indispensable pour fermer la glotte.
Cependant les plaies du larynx sont très sujettes à faire périr le blessé, à cause de l’irritation et de l’inflammation qui s’en emparent fréquemment, en raison de la grande sensibil ité dont cet organe est doué.
Quelquefois la mort n’arrive qu’au bout d’un certain temps, provoquée par l’abondance des bourgeons charnus qui obstruent complètement la glotte , à la suite d’une plaie dont la suppuration s’est emparée (i).
Le cartilage aryténoïde séparé en partie par un instrument tranchant, et pendant ainsi dans la glotte, peut faire périr le blessé par suffocation , de même que tout autre corps étranger (2).
Les cartilages du larynx ne sont pas nécessairement fracturés chez les pendus , quoiqu’on les rencontre quelquefois brîsés(3).