‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologiqueChapitre 209 sur 289 · B. CALCULS · texte numérisé non relu

B. CALCULS

2387. Les calculs urinaires (3) offrent plusieurs caractères généraux et particuliers qu’il importe de connaître.

2388. Leurs caractères généraux sont relatifsàla situation,;’» la texture, à la configuration, au volume, au nombre, au mode de développement et à l’influence sur les organes qui les contiennent.

i° Situation. Elle varie tant en elle-même qu’en raison des rapports du calcul avec l’appareil urinaire.

a. On rencontre les calculs soit dans la cavité, soit dans les parois de cet appareil.

(1) Saillie , toc. cit. , tab. vu-vm.

(2) Lawrence, Cascof a woman who votded a large number of worms b y the uretlira; dans Med. clitr. trans., vol. II.

(S) Tenon, Sur la nature des calculs ; dans Mém. de Paris , 1765. — Scheele , Untersuchung des Blasensteins; dans Schwedische Abhandlungen, t. XXXVII. — E. Sandifort, De calculo rénal. ; dans Obs. anat. pathol., 1777, t. I, p. 6 : Decatculis renumet vasicce, ibid., t. IV, p. 7; De letiiali urinœ supprcssionc ex calculo , urelbrce inserto, indeque natâ duplici hujus canalis rupturâ; ibîd., t. III, p. 3. — F.-A. Walter, Analomisohes Muséum , th. I, Berlin , 1796. — Wollaston, On gouty und urinary concrétions; dans Phil. trans. , 1797. — Pearson , ibid., 1798. — Fourcroy, dans Annales du Muséum , t. 1. — Brande, dans Phil. trans., 1808. — Magendie, Recherches sur la gravetle, Paris, 1818. — Prout, Traité de lagravelle, du calcul vésical, et des autres maladies qui se rattachent à un dérangement des organes urinaires, Paris, 1823. — Marcet , Essai sur les affections calculcuses , Paris , 1823.

— F.-A. -G. Hoffmeistcr, De calculis urinariis eollectanea quœdam , Léipsick, 1821.

DE ^APPAREIL URINAIRE. 585

Les concrétions calculeuses de la première sorte sont beaucoup plus communes que celles de la seconde.

Des quatre parties dans lesquelles il peut s’en développer, le bgssinet, l’uretère, la vessie et l’urètre,' la vessie est celle dans laquelle on en rencontre le plus souvent, et l’urètre celle dans laquelle il est le plus rare d’en trouver (i).

Ordinairement la portion de la cavité de l’appareil urinaire, en particulier de la vessie, qui les renferme , n’est pas séparée du reste par une cloison anormale. Cependant il arrive quelquefois aux calculs d’être emprisonnés dans un sac spécial, qui communique avec la cavité commune par une ouverture plus étroite. On leur donne alors le nom de pierres enkystées.

Nul doute que cet état ne soit, dans la plupart des cas, la source des calculs qu’on trouve enchâtonnés dans les parois de la vessie. On doit admettre que l’ouverture de communication qui existait d’abord, a fini par s’oblitérer, et il est impossible de supposer que les concrétions s’engendrent hors de la cavité de la vessie.

b. Le plus ordinairement , presque toujours, les calculs urinaires sont tout-à-fait libres. Mais quelquefois ils tiennent à la face interne de la vessie par de la mucosité ou de la fibrine épaissie et coagulée, qui s’applique entre leurs inégalités (2).

20 Texture. Les calculs urinaires sont presque toujours composés de couches superposées, plus ou moins distinctement séparées et plus ou moins concentriques. De même leur centre est formé ordinairement par un noyau, qui consiste presque toujours en une petite masse d’acide urique, plus rarement en un corps étranger qui s’est introduit par accident dans l’appareil urinaire, dans la vessie surtout.

Ordinairement, mais non toujours, les diverses couches ne se ressemblent pas sous le point de vue de la composition chimique. Toujours elles sont formées au moins de deux sub-

(1) Ehrlich a décrit un calcul rénal très remarquable. {Lee. cil. , t. II, p. 24.)

(2) Meckel, Handbuch der pathologischen Anatomie , t. IJ, p. n, p. 444* — Howship, toc. cit., p. 249, tab. ni, fig. 5. — Bell, Surgical observa lions, Londres, 1818, part, iv, p. 444, tab. 1.

stances, l’une solide, l’autre moins dure, et originairement fluide, qui réunit et colle les particules de la précédente.

5° Configuration. Les calculs urinaires sont plus ou moins oblongs et arrondis , la plupart du temps lisses et un peu aplatis. Ce caractère tient en grande partie à l’influence de l’organe qui les renferme, la vessie étant ronde. La forme des calculs rénaux démontre surtout combien est grande l’influence de la forme de l’organe contenant sur celle de ces concrétions.

4° Volume. La grosseur des calculs varie depuis celle d’un grain à peine visible jusqu’à un diamètre de plusieurs pouces , et à un volume tel qu’ils remplissent entièrement la vessie , qu’ils la distendent même.

5° Nombre. Ordinairement il n’y en a qu’un seul, ou du moins leur nombre n’est pas considérable. Lorsqu’il en existe plusieurs , le plus souvent ils ont la même composition chimique, ce qui n’a cependant pas lieu toujours.

6" Mode de développement. On peutélabliren règle générale, à cet égard, que la formation des calculs dépend ou de l’état anormal de l’appareil urinaire, ou de la présence d’un corps étranger qui s’est introduit dans la vessie par accident.

L’état anormal de l’appareil urinaire peut être de plusieurs sortes. Le plus ordinairement c’est la portion sécrétante qui souffre, de manière qu’une altération dans la composition chimique de l’urine est la cause la plus générale de la formation des calculs. Cette production accidentelle dépend plus rarement d’une disposition anormale du réservoir de l’urine ou de la portion de l’appareil qui sert à son excrétion. Cependant elle peut être déterminée par un obstacle mécanique à la sortie du fluide urinaire, notamment par des sacs dans les parois de la vessie , par la hernie de cette poche, par des rétrécissemens dans l’urètre. On a même vu, en pareil cas, des calculs se développer entre le gland et le prépuce (i).

7“ Influence sur l'appareil urinaire. Cette influence n’est pas toujours la même.

Dans quelque lieu qu’ils se soient développés, les calculs

(i) Walter , Obs. anat., Berlin, 1775, p. 74. — Penada, dans Brera. — Meckel, Handbuch der pathologischcn Anatomie, t. , II p. n, p. 444-

de e’appareil urinaire. 58?

urinaires, en leur qualité de corps étrangers, occasionent des douleurs plus ou moins vives, dont l’intensité et la nature dépendent de leur forme, de leur situation, de leur, nombre i et de leur volume, abstraction faite du degré de sensibilité du malade.

Les changemens qu’ils déterminent dans la forme de l’appareil urinaire sont la distension des parties membraneuses , notamment des uretères, l’épaississement de la portion musculeuse, par conséquent de la vessie , qu’accompagne souvent l’ampliation, mais plus souvent encore le rétrécissement de sa cavité, enfin la rupture , qui arrive plus rarement, et dont l’urètre surtout offre des exemples.

238g. Les caractères particuliers des calculs urinaires sont principalement et même presque exclusivement relatifs à leur composition chimique.

Les analyses chimiques ont fait découvrir jusqu’à présent, dans ces concrétions , de l’acide urique , du phosphate de chaux, du phosphate ammoniaco-magnésien , de Poxalate de chaux, et de l’oxyde cyslique. On y a trouvé aussi, mais plus rarement, moins constamment, et en quantité moins considérable, de la silice, du carbonate de chaux, du fer, et deux autres substances, de nature particulière, l’oxyde xanthique, et une matière fibrineuse. Wollaston et Brande révoquent en doute la présence de l’urate d’ammoniaque, admis par Fourcroy et Yauquelin, et considèrent ce sel comme un produit de l’analyse chimique; mais on ne peut pas conclure, en toute assurance, des argumens qu’ils invoquent à l’appui de leur opinion, qu’on ne le rencontre jamais dans les calculs ordinaires.

Tantôt ces substances sont seules, et tantôt elles se réunissent en plus ou moins grand nombre pour produire une concrétion, d’où résulte un assez grand nombre d’espèces de calculs.

Les calculs simples sont :

i° Ceux d’acide urique, qui sont lisses, d’un rouge brun, et presque toujours composés de couches concentriques. Ce sont les plus communs de tous.

2° Ceux de phosphate calcaire, qui sont rares, proportion

gardée, blancs et composés de couches faciles à séparer les unes des autres.

3° Ceux d’oxalate de chaux, qui sont ronds, presque toujours hérissés de pointes, et bruns. Cependant ils n’offrent pas constamment une surface rugueuse, et ils paraissent se former toujours dans les reins.

4° Ceux d’oxyde cystique, qu’il conviendrait davantage d’appeler oxyde rénal, parce que cette substance se développe très probablement dans les reins. Ces calculs sont jaunâtres et demi-transparens. Ils n’ont pas une texture lamelleuse.

5° Ceux d’oxyde xanthique , qui n’ont encore été vus qu’une seule fois.

6° Ceux de matière fibrineuse , qu’on n’a observés non plus qu’une seule fois.

Les calculs composés de différentes substances qui ne forment pas autant de couches séparées les unes des autres, sont:

i° Ceux de phosphate ammoniaco -magnésien, ou calculs fusibles ( calculus fusibilis ) de Wollaston et de Marcet, les plus communs de tous après ceux d’acide urique. Ils sont blancs et plus friables que ceux des autres espèces. Le phosphate ammoniaco - magnésien y prédomine 'souvent beaucoup , quoiqu’il lui arrive rarement, ou qu’il ne lui arrive même jamais de les constituer à lui seul. Les calculs qui se forment autour des corps étrangers introduits dans la vessie , ceux qui se développent dans l’ischurie, ou entre le prépuce et le gland, sont presque toujours de cette nature, parce que l’urine se décompose plus ou moins en pareille circonstance.

2° Les calculs plus composés, qui se reconnaissent à leur forme indéterminée , à leur couleur , à leur structure non sensiblement stratifiée, et à leur dureté ordinairement considérable.

Enfin, parmi les calculs composés, il y en a dont les diverses substances forment autant de couches distinctes. Le nombre de ces substances varie depuis deux jusqu’à quatre: mais ordinairement il n’y en a que deux, soit de l’acide urique avec un phosphate ou de l’oxalate calcaire, soit de Poxalate et un phosphate de chaux, auxquels se joint quelquefois un autre phosphate ou de la silice. Dans un calcul formé de quatre

DE l’ APPAREIL URINAIRE.

couches, Marcet a trouvé, du centre à la circonférence, de l’oxyde cystique , du phosphate de chaux, de l’oxalate de chaux et du phosphate ammoniaco-magnésien.

ARTICLE III

DES CAPSULES SURRÉNALES.

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