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TEXTURE

2479- texture de la mamelle n’est pas la même dans tous les points de cet organe. La presque totalité de sa substance se compose de petits grains ( acini ) d’un blanc rougeâtre , qu’on distingue surtout aisément les uns des autres chez les femmes qui allaitent. Ces grains ont à peu près le volume d’une graine de millet. Ils sont composés, à leur tour, de vésicules plus petites, non arrondies, mais oblongues, creusées et disposées en rayonnant. Du tissu cellulaire et des vaisseaux les unissent les uns aux autres.

Ces grains n’existent pas vers le milieu, dans l’aréole, où l’on ne trouve qu’une substance blanchâtre , fibreuse, qui sc résout, par la macération, en un paquet de canaux réunis par beaucoup de tissu cellulaire.

2480. Ces canaux sont les extrémités des conduits galactophores ou lactifbres ( ductus galactophori, s. lactiferi). Ceuxci naissent par autant de petites racines qu’il y a de grains , et se réunissent peu à peu en troncs plus gros , qui se terminent enfin, au centre de la mamelle, derrière l’aréole, par des dilatations [sinus) ayant pour la plupart une forme conique. Il n’existe pas de glande conglomérée dans laquelle les origines premières des conduits excréteurs soient aussi amples que dans la mammaire. La grosseur des troncs varie suivant qu’ils ont reçu un nombre plus ou moins considérable de branches. Plusieurs sont fort petits. Le nombredes grosses branches qui se réunissent enfin pour donner naissance à un tronc, varie depuis quatre jusqu’à douze. L’étendue du sinus central est aussi en raison directe du volume des troncs. Il arrive quelquefois que ces dilatations ont deux à trois lignes de large; mais toujours elles sont courtes, serrées les unes contre les autres à leur extrémité interne , et un peu écartées au contraire à l’externe. L’extrémité interne de chacune se resserre tout-àcoup en un très petit canal, qui parcourt en droite ligne le milieu de la longueur du mamelon jusqu’à son sommet, se rétrécit peu à peu , s’élargit rarement dans quelque point de son étendue, et s’ouvre enfin à la surface du mamelon par un très petit orifice. Tous ces petits canaux, qui ont environ un travers de doigt de longueur, sont unis ensemble d’une manière fort intime par du tissu muqueux. Il n’en sort qu’un seul de chaque dilatation.

2481. Le conduit galactophore tout entier, qui comprend par conséquent la portion afférente, la dilatation et le canal éducteur , est formé par une membrane molle , mince , transparente et analogue aux muqueuses.

Ces conduits ne sont point situés à découvert dans la plus grande partie de leur trajet. Les troncs se trouvent toujours cachés, à une grande profondeur, dans la substance de la glande, et ceux mêmes qui marchent d’abord à sa surface, principalement ceux qui viennent des prolongemens dont j’ai parlé plus haut , ne tardent pas à s’enfoncer profondément.

Ils sont formés par la réunion successive de branches et de

i rameaux dont le calibre va toujours en décroissant; mais euxmêmes ne communiquent point ensemble par des branches anastomotiques. Nuck(i) et Verheyen (2) ont, à la vérité, dé-

Icrit et figuré des branches transversales anastomotiques très considérables, situées dans l’aréole, immédiatement à la base du mamelon , se rendant d’un conduit galactophore à un autre, et représentant ainsi un anneau ; mais personne n’a pu les re- Irouver, et je n’ai pas été plus heureux, quoique je les aie cherchés plusieurs fois avec tout le soiu dont je suis capable. Non seulement on n’aperçoit pas ce cercle anastomotique , mais encore l’injection poussée dans un cordon galactophore ne reflue en général jamais dans un autre , ce qui devrait nécessairement avoir lieu si l’existence des anastomoses dont il s’agit était réelle.

Les conduits lactifères ne sont pas non plus garnis de valvules , comme l’ont p rétendu quelques observateurs. D’ailleurs l’existence de ces valvules est déjà réfutée par la facilité avec laquelle les injections pénètrent lorsqu’on les pousse par le mamelon.

Cependant on voit quelquefois les fluides, notamment le mercure, qu’on injecte par l’ouverture d’un conduit galactophore , revenir par un autre, mais toujours dans des conditions qui prouvent que la communication a lieu seulement entre les ramifications les plus déliées des conduits. Il est vraisemblable que les anastomoses, de même que les conduits eux-mêmes, dans leur entier, ne se dilatent assez pour produire ce résultat que vers la fin de la grossesse et pendant la durée de l’allaitement. Mais les recherches de mon grandpère (3) sur les mamelles des femmes mortes en couche, démontrent leur existence d’une manière aussi irréfragable , qu’elles réfutent celle des anastomoses admises par Nuck et Verheyen. J’ai obtenu aussi les mêmes résultats dans les mêmes circonstances.

2482. Malgré ces petites anastomoses, la mamelle se com-

(1) Adenographia curiosa, Leyde, 1691, p. 16, fig. 2.

(2) Anat. corp. Iium. , t. I, tab. xvm, fig. 4.

(a) J. -F. Meckel, Nova expérimenta et observai, de sinibtts venarum , Berlin, 1772, § 4 , 5, 9.

pose cependant d’autant de glandes distinctes et séparées Ie9 unes des autres qu’il y a de conduits galactophores. C’est ce qu’on démontre en injectant chacun de ces canaux avec des matières diversement colorées ; car les injections ne se confondent nulle part, de manière qu’on pourrait parvenir à détacher et à isoler les diverses glandes.

2483. Le nombre des conduits galactophores , par conséquent aussi celui des glandes conglomérées , varie même dans les deux seins d’une même femme. Les anciens anatomistes en avaient trop réduit le nombre , qu’ils ne portaient qu’à six ou sept ; je n’en ai jamais , comme Haller , Walter et Covolo, trouvé moins de quinze. Cependant mes dissections m’ont convaincu que Walter s’était trompé en disant qu’il n’y en a jamais plus de quinze; car j’en ai rencontré au-delà de vingt, ce qui était arrivé aussi à Haller et à Covolo. Leur nombre le plus considérable est de vingt-quatre, suivant Covolo. Ceux qui sont situés le plus en haut et en dehors sont, d’après la remarque parfaitement juste de Walter, très petits et fort étroits, ce qui coïncide avec l’épaisseur moins grande de la glande mammaire à sa partie supérieure.

2484. Indépendamment des orifices de ces gros conduits galactrophores au sommet des mamelons, on en trouve encore , dans l’aréole, d’autres , qui occupent en général les extrémités de tubercules disséminés d’une manière irrégulière, et qui se réunissent quelquefois deux ou trois en un seul.

Plusieurs anatomistes n’ont considéré ces tubercules que comme de simples glandes sébacées. Cependant Bidloo et Morgagni en ont vu couler quelquefois un liquide limpide, Morgagni, Winslow et Covolo les ont vus fournir du lait plus ou moins épais chez des femmes qui allaitaient, et ce dernier phénomène a même été observé chez des hommes par Morgagni. La quantité et la nature du fluide qu’il donnent dépendent du temps plus ou moins long qui s’est écoulé depuis le repas et depuis l’allaitement, de manière que, plusieurs heures après le repas . ou quand il y a quelque temps que l’enfant n’a tété, du lait coule abondamment, tandis que, dans le cas inverse, on ne voit suinter qu’avec lenteur quelques gouttes d’un liquide plus clair.

Ces tubercules sont tout-à-fait différens des glandes sébacées. On trouve un grand nombre de glandes sébacées sur l’aréole et le mamelon , et elles ne s’élèvent pas au-dessus de la surface , comme font les tubercules, sur lesquels on en apperçoit même assez souvent plusieurs. Un examen attentif fait d’ailleurs découvrir, dans ces tubercules, un et quelquefois même quatre petits conduits excréteurs , conduisant à de petites glandes, qui sont absolument de même nature que celles dont je viens de parler, mais qui ont seulement un volume bien moins considérable, se trouvent logées immédiatement sous la peau de l’aréole, et sont unies, tant les unes avec les autres qu’ayec le corps de la glande, par du tissu cellulaire. Quelquefois, rarement à la vérité, ces petites glandes s’ouvrent aussi dans la portion des tégumens de la mamelle qui couvre immédiatement la circonférence de l’aréole. Leur nombreet leur volume varient. Le plus ordinairement on trouve de cinq à dix tubercules.

Ainsi les petites glandes et les tubercules auxquels aboutissent leurs conduits excréteurs se comportent, à l’égard de la glande mammaire proprement dite, de la même manière absolument que les glandes sublinguales ou les glandes buccales et labiales à l’égard de la parotide et de la sous-maxillaire , et l’on ne peut pas , du moins telle est ma conviction , les considérer comme des anomalies, ainsi que l’a fait Hildebrandt (r).

2485. La glande mammaire est plongée au milieu d’un tissu graisseuxplus ou moins abondant, qui ne forme pas une couche continue comme partout ailleurs, car il s’insinue entre les enfoncemens que j’ai signalés plus haut, et même, contre ce qui a lieu dans les autres glandes, il pénètre profondément dans la substance de l’organe, tandis qu’il n’existe point û sa base. On ne trouve pas non plus de graisse dans le mamelon ni derrière l’aréole ; cette graisse est plus ferme et plus jaunâtre que dans la plupart des autres régions du corps Le tissu muqueux qui la contient s’enfonce également dans tous les intervalles que les diverses glandes laissent entre elles. Sur la surface de l’organe il se condense en une gaine

(1) Lehrbuchder Anatomie des !\lcnschcn,t. III , p. 33g.

particulière , à peu près semblable à celles qui enveloppent les muscles.

Haller prétend (1) avoir vu très souvent naître delà graisse disséminée à la base de la glande des conduits galactophores qui s’enfoncaient en suite dans cette dernière. Covolo n’a pu rien observer de semblable , et je n’ai pas été plus heureux que lui. Tout porte à croire que Haller s’est trompé, et qu’on doit attribuer son erreur à l’existence desprolongemens dont j’ai parlé plus haut.

2486. Les vaisseaux des mamelles proviennent des thoraciques externes. Leurs nerfs naissent du troisième et du quatrième cervical , ainsi que des cinq à six dorsaux supérieurs.

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