Branches supérieures
1. La branche supérieure, qui est quelquefois double, quoique fort rarement , part de l’extrémité supérieure du ganglion, s’introduit dans le canal carotidien , et établit la communication entre le nerf ganglionnaire et la portion du système nerveux de la vie animale qui se trouve contenue dans le crâne. Elle est située derrière l’artère carotide interne, vers la courbure inférieure de laquelle on la voit ordinairement se partager en deux branches d’un calibre égal, qui s’écartent l’une de l’autre à angle aigu, et montent dans le canal , au-devant de l’artère , l’une plus en dehors que l’autre.
Les opinions sont partagées, tant sur le mode d’anastomose que sur le nombre des portions du système nerveux contenues dans l’intérieur du crâne avec lesquelles le nerf ganglionnaire communique par ces deux filets , ce qui tient d’une part aux difficultés que présente la dissection de parties aussi délicates, de l’autre aux variétés qui régnent dans leur disposition même.
Suivant l’opinion la plus ancienne, le nerf ganglionnaire ne s’anastomose qu’avec la cinquième paire ( 1).
Plus tard on admit qu’il ne communique qu’avec le nerf moteur externe (2).
(1) Galien, De nervorum origine; dans Opp. omn. , Venise, II, p. 54. — Les Arabes et les premiers anatomistes italiens ont adopté son opinion. Rau et Valsalva ont prétendu depuis avoir observé quelquefois cette disposition (Morgagni , Ep. an. , XVI , p. 33o ).
(2) Eustachi, tab. xvm , fig. 2. — Morgagni, Aclv. anat., t. VI , p. 3o. — Santorini, Obs. anat., c. m., p. 67.
Ensuite on constata qu’il est en rapport avec ces deux nerfs (i).
Les anatomistes ne s’accordent pas non plus relativement au point de ces deux nerfs encéphaliques avec lesquels communique le nerf ganglionnaire. On ne trouve que des différences légères et insignifiantes en ce qui concerne le nerf moteur externe. Mais il y en a de grandes à l’égard de celui de la cinquième paire , car l’anastomose a lieu , suivant les uns (2) , avec le tronc même de ce nerf, suivant les autres , avec une (3) ou plusieurs (4) de ses branches, ou même avec toutes. Quelques uns pensent qu’elles se font d’une manière immédiate (5); d’autres prétendent qu’elle a lieu par l’intermédiaire de ganglions (6). Les descriptions qu’on donne de l’anastomose avec la sixième paire varient aussi sous ce dernier rapport.
1886. Le nerf ganglionnaire s’anastomose toujours avec la sixième paire , dans le canal carotidien , par le moyen d’une branche considérable provenant du ganglion cervical supérieur, qui monte le long de l’artère carotide interne , placée d’abord à son côté externe, puis sur sa face antérieure.
Cette branche s’unit , la plupart du temps , au nerf moteur externe, par l’intermédiaire d’un rameau simple, qui vient à sa rencontre , et qui se détache, à angle aigu , de la partie externe et inférieure de la sixième paire , pendant qu’elle traverse le sinus caverneux.
Il n’est pas rare non plus que ce rameau soit double, ou que le filet récurrent du nerf moteur externe se bifurque peu après son origine.
Il arrive aussi quelquefois que la branche anastomotique du nerf ganglionnaire avec la sixième paire est double, cas dans
(1) Meckel.
(2) Schmidel, Munniks, Bock.
(3) La plupart des auteurs.
(4) Laumonier.
(5) La plupart des auteurs qui ont écrit sur cette matière et sur la uévrologie en général.
(6) Petit, toc. cit. — Schmidel, toc. cit. — Laumonier, dans Bâcher, •luit-rt. de mcd. , t. XCIII , mars , 1793 , p. 25p. — Munniks , Obs. var. , — Cloquet , Tr.d’anat., t. II, p. 686.
DU NERF GANGLIONNAIRE
lequel l’une marche au côté externe , et l’autre au côté interne de l’artère carotide interne.
Assez souvent, peut-être même toujours, au lieu d’une anastomose immédiate , on trouve , soit à la partie supérieure du canal carotidien , soit dans le sinus caverneux, un ganglion situé au côté externe de l’artère carotide interne , et qu’on appelle ganglion caverneux ( ganglion cavernosurn). Du sommet de ce ganglion parlent tiois ou un plus grand nombre de filets qui vont se jeter dans le nerf de la sixième paire (1).
L’anastomose avec le nerf trijumeau se fait toujours au moyen d’un filet qui va gagner le rameau récurrent de la seconde branche de la cinquième paire, ou le nerf vidien. Ce filet se répand en partie dans.l’artère carotide , en partie aussi sort du canal carotidien, traverse la dure-mère, et pénètre dans le canal ptérygoïdien , où il se réunit au rameau récurrent.
Ainsi, c’est ordinairement dans ces deux filets, dont l’un gagne le nerf moteur externe et l’autre va trouver le nerf trijumeau , que se partage la branche qui émane de l’extrémité supérieure du ganglion cervical supérieur.
La plupart du temps , cette bifurcation a lieu dans l’intérieur du canal carotidien; il est extrêmement rare qu’elle se fasse au-dessous ; elle ne s’opère jamais au-dessus.
Quelquefois, mais rarement aussi, l’extrémité supérieure du ganglion cervical supérieur donne naissance à deux branches supérieures, qui se rendent, l’une au nerf moteur externe, l’autre au nerf vidien.
Lorsque cette dispositions lieu, il arrive quelquefois que les deux filets anastomotiques elle nerf vidien s’anastomosent avec le nerf moteur externe. Quelquefois aussi cette triple anastomose n’a pas lieu.
Un cas qui s’en rapproche, est celui dans lequel, soit le filet anastomotique destiné au nerf moteur externe, soit celui qui va gagner le nerf trijumeau , soit enfin tous les deux, se partagent en plusieurs filets , qui se réunissent tous en un tronc commun, pour aller se jeter dans le ganglion cervical supérieur.
(1) Laumonier, loc. cit. — Munniks, loc. cit.,
1887. Telle est la seule anastomose entre le nerf ganglionnaire et la cinquième paire, qu’admettent la plupart des auteurs. En effet, elle est souvent la seule qu’on puisse démontrer avec évidence. Mais le grand sympathique s’unit encore d’une autre manière, du moins quelquefois, avec le nerf trijumeau par son extrémité supérieure.
A la vérité, beaucoup d’anatomistes, Portai entre autres, rejettent positivement cette autre anastomose; mais plusieurs observations parlent en faveur de son existence.
En effet, selon Schmidel et Munniks, il naît du plexus ganglionnaire de la cinquième paire plusieurs filets qui se rendent dans le canal carotidien , où ils donnent naissance à un ganglion par leur réunion avec d’autres filets du nerf moteur externe.
Suivant d’autres, dont cependant les assertions se rapprochent en partie de la précédente , on trouve encore , indépendamment des filets dont je viens de parlée, ou sans que ces derniers existent, un petit rameau qui provient de la première branche de la cinquième paire, et qui se réunit tôt ou tard, soit avec le filet anastomotique delà sixième paire, d’après Petit (1), Schmidel (2) et Coopmanns (3) , soit avec le ganglion caverneux (4).
Laumoniera vu, au contraire, sortir du ganglion caverneux, non seulement les deux filets d’anastomose avec la sixième paire elle nerf vidien, mais encore un troisième qui allait ghgner la seconde branche de la cinquième paire, et un quatrième qui se portait à la quatrième branche de cette même paire (5). Suivant Bock (6), il y a des filets qui se rendent à l’extrémité antérieure du tronc de la cinquième paire, principalement vers la portion qui correspond à la première branche.
Toutes ces assertions ont cela de commun au fond, qu’in-
(3) Loç.*çit., p. 219.
(4) Cloquet , loc. cit. , p. 687.
(5) Loc. cit. , p. 259.
(f>) Vom jiinftcn Nervcn , p. 3.
DU NERF GANGLIONNAIRE
dépendammont du filet qui s’anastomose avec le nerf vidien , elles établissent encore l’existence d’une ou de plusieurs autres anastomoses plus voisines de l’origine de la cinquième paire, avec soit une ou plusieurs de ses trois branches principales, soit son tronc même, anastomoses qui ont lieu par l’intermédiaire d’un ganglion d’où émane le filet de communication avec le ganglion cervical supérieur (i).
On rencontre en outre quelquefois une anastomose . mais plus indirecte, entre l’extrémité supérieure du nerf ganglionnaire et la troisième paire des nerfs cérébraux , celle-ci s’anastomosant elle-même avec la sixième et la cinquième , d\tns l’endroit où elles donnent leurs filets de communication avec le grand sympathique (2).
Le nerf ganglionnaire, d’après les observations de Fontana (3) et de Ribes (4) , dont j’ai constaté en partie l’exactitude, pénètre même plus loin en haut et en devant; car, du canal carotidien, il envoie des filets à la glande pituitaire (5) ou à l’entonnoir (6), et de plus il en part un faisceau qui accompagne l’artère ophthalmique , forme un plexus autour des diverses branches de ce vaisseau, sans excepter l’artère centrale de la rétine , et s’anastomose par un filet avec le ganglion lenticulaire, par conséquent avec la première branche principale de la cinquième paire et avec la troisième paire (7). Et même, comme il existe ainsi entre le ganglion lenticulaire, le caverneux et tout le système ganglionnaire, un rapport
(1) Lobstein n’admet pas toutes ces anastomoses ; il a bien vu des filamens transparens et gélatineux qui unissaient les ramifications du grand sympathique avec le nerf moteur commun et autres , mais en les examinant au microscope, il ne leur a pas trouvé les caractères des organes nerveux. 11 les regarde comme du tissu cellulaire alongé en filamens.
( Note (les iruditclcurs.)
(?) Munniks, loc. cit. , p. 25.
(3) Dans Girardi, loc. cit., p. 25. Ce que Carus ( Anatomie und Pltysiolo-gie des Ncrvensystcr.is , p. i85) a reconnu aussi dans plusieurs reptiles.
(4) Ribes, Rcch. anat. et phys. suc quelques parties de l’œil; dans Mcm. de la soc. mcd. d’cmul. , t. VII, p. 97.
(5) Fontaua, loc. cit., p. 56-5g.
(6) Cloquet, loc. cit.
(7) Ribes. — Cloquet. — Bock.
constant (1) , semblable à celui qui règne entre les deux ganglions, on considère ce petit renflement, avec les nerfs ciliaires qui en émanent , comme faisant partie du grand sympathique, rapprochement qui me paraît très foudé.