Des entérites miasmatiques
Â. ^ Dtssenterie.
La d^'ssenterie est une inflammation particulière de la muqueuse intestinale, épidémique et endémique, se montrant rarement sous forme sporadique, qui provient probablement de l'ingestion de substances végétales en voie de décomposition ou de putréfaction ; le miasme paraît être fixe, pénétrer dans le canal intestinal avec les aliments et les boissons , et agir directement sur la muqueuse du gros intestin ; cependant certains cas qui se présentent dans les épidémies , feraient croire que la maladie peut se produire par l'absorption de miasmes devenus volatils , avec infection primaire du sang. La dj^ssenterie ne peut exister que sur l'intestin ; il n'y a pas d'affection dyssentérique d'autres muqueuses, spécifique et générale.
L'inflammation est très-variable dans son intensité. Dans les cas les plus légers, on trouve par places isolées , surtout sur les plis de la muqueuse, de l'hypérémie, de la rougeur, du gonflement; la muqueuse est molle, infiltrée de sérosité, pulpeuse, saignant facilement; la couche épitbéliale est épaissie, ramollie, ramassée en certains endroits sous forme de bouillie, dans d'autres points déjà expulsée au dehors; tissu cellulaire sous - muqueux légèrement hypérémié et infiltré. Suivant Roki- TANSKT , au début du mal Pépithélium se soulève quelquefois sous forme de petites vésicules miliaires, renfermant une sérosité en général transparente. Le contenu intestinal se compose de masses fécales molles et d'un liquide blaxic floconneux.
.ANÀTOMIE PATHOLOGIQUE SPECULE. 183
A UD degté plus élevé et quand rinflammalion est plus éten^ due, la muqueuse des parties malades est complètement ramollie, forme une masse gélatiniiorme d'une couleur sale, ^t parsemée, d'ecchymoses, et présente tôt ou tard un exsudât croupal ou dipbthéritique. Les follicules solitaires sont remplis d'exsudat, qui la plupart du temps passe à la suppuration et à l'ulcération* Le tissu cellulaire sous-muqueux est fortement bjpérémié et infiltré de sérosité; aussi dans les points où la muqueuse e^t ramollie 9 l'intestin ofire-t-il des tumeurs formées de tissu cellulaire infiltré, qui s'élèvent au milieu des débris de la muqueuse conservée. L'intestin, relâché et large, est distendu par des gaz et renferme un liquide composé d'eau , d'épitbélium , de sang et de matières fécales.
Quand l'inflammation continue à se propager, toutes les parties de la muqueuse restées saines jusqu'alors se prennent également, les points antérieurement affectés deviennent plus saillants encore, leur muqueuse se désagrège, s'élimine sous forme d'escharre avec les exsudats diphthéri tiques qui la recouvrent, laissant à nu le tissu cellulaire sous-muqueux saignant^ tomenteux; les follicules de la muqueuse, s'ulcèrent. L'intestin conitient un liquide brun, floconneux, composé des exsudats intes* tinaux putrescents, de lambeaux de muqueuse détachés, des fèces et du sang.
Au degré le plus élevé de l'inflammation, la muqueuse se gangrène; elle est expulsée alors sous forme, de masse noire, tomenteuse, ou quelquefois de tubes complets, avec des lambeaux du tissu cellulaire sous-muqueux; tous les vaisseaux sont distendus par du sang noir ou rouge bleu; le tissu cellulaire présente des foyers de pus et de sanie. Tunique musculeuse infiltrée de sérosité, relâchée, pâle. Le contenu de l'intestin est une masse noire, brunâtre, à odeur gangreneuse.
Les ganglions mésentériques correspondants sont hypérémiés et infiltrés. Le péritoine intestinal présente seulement quelques arborisations vasculaires , ou bien il est épaissi par des exsudats qui lui enlèvent sa transparence.
Les traces de l'inflammation la plus intense existent dans
184 " ANATOMIE PATHOLOGIQOE SPÉCULB*
le rectum ; on trouve rarement quelque chose dan$ la partie inférieure de Tiléon.
L^inflamraation peut parcourir tous les degrés que nous venons de mentionner, ou bien s'arrêter à un degré léger, et la guérison s'obtenir; sa marche est aiguë, sa terminaison souvent mortelle.
La couche épithéliale se reforme promptement, après que l'inflammation catarrhale a disparu complètement; mais quand la muqueuse a été détruite, elle ne se répare plus ; elle est remplacée par du tissu inodulaire fibreux, qui le plus soufrent se rétracte fortement. Alors , suivant l'étendue et l'intensité des désordres , on voit des portions entières d'intestin, unies, ILsses comme des séreuses, ou bien des cicatrices proémi- .nentes, laissant entre elles des ilôts de muqueuse restée intacte ou ajant repris sa structure normale. Après les pertes de substances profondes, la cicatrice fibreuse détermine des plis durs et des brides qui rétrécissent la lumière de l'intestin.
Dans certains cas la guérison reste plus imparfaite, les ulcérations simples ou folliculaires persistent et s'étendent peu à peu, U suppuration continue dans le. tissu cellulaire sous-muqueux , il se forme de nouveaux foyers purulents et des fusées sous les débris de la muqueuse, dans la tunique musculeuse; alors il se déclare dans ces points une péritonite exsudative intense; l'exsudat s'organise ordinairement en tissu conjonctif et détermine des adhérences; la muqueuse demeure à l'état de catarrhe chronique; les tuniques intestinales prennent peu à peu une teinte ardoisée , les follicules restent gonflés ou ulcérés. Rarement il y a perforation du péritoine et péritonite générale consécutive, ou perforation des parois du rectum et périproctite consécutive.
* Assez souvent, surtout dans les pays méridionaux, on trouve avec une dyssenterie des abcès consécutifs dans le foie.
B. -:- Typhus,
L'afiection inlestinale dans le typhus a une tout autre signification que l'inflammation intestinale dans la dyssenterie; tandis
que dans cette dernière , la cause miasmatique produit (d^ordinaire par son contact direct) une entérite qui constitue le phénomène essentiel de la maladie^ il n'en est plus ainsi dans le typhus: ici le miasme amène une série d'altérations déterminées ajant toutes la même valeur pathologique, et parmi lesquelles l'affection intestinale occupe bien une place importante, mais né constitue pas le phénomène essentiel et le seul élément de la maladie.
Le miasme typhoïque est volatil, provient de la décompo-^ rition de matières animales, et comme tout miasme volatil^ pénètre probablement datis le sang par les voies respiratoires. Jusqu'à présent on n'est pas parvenu à découvrir uiie altération spéciale du sang ; les altérations du sang chez les typhoïques (diminution du nombre des globules rouges et augmentation des globules blancs, diminution des parties solides du sérum) paraissent la suite d'une sanguification incomplète, consécutive à l'altération intestinale et pulmonaire. Le sang dans les affections typhoïdes est en général liquide, rougecerise ou rouge brun ; on trouve ordinairement dans le coeur des petits coagulums fibrineux.
Les effets visibles de Finfection miasmatique sont les suivants : Altération dans l'activité des centres nerveux (conscience d'un état de maladie grave, grande faiblesse, délire, coma, etc.), inflammation catarrhale des bronches et de l'intestin, quelquefois de toutes les muqueuses; exanthème roséole de la peau; de plus dans le typhus abdominal, exsudats fibrineux dans les glandes intestinales et les ganglions mésentériques , et gonflement de la rate. (Le typhus appelé pétéchial ou exaitthématique n'est pas une espèce à part , mais bien une forme plus simple du typhus; l'affection de l'intestin et de la rate, qui vient s'y joindre ilans ce qu'on appelle typhus abdominal, parait déterminée par des conditions locales ou individuelles.)
L'inflammation intestinale n'est donc au fond qu'un phénomène partiel des diverses modifications survenues .dans l'activité nerveuse et la nutrition, et dont l'ensemble a été désigné sous le nom de typhus; tout comme les bubons
186 ANAioHii fàiaoutOÊWt arécuub
de la peste ae sont qu'une parlie des laodiliealioiis q«e produisent les miasmes peslilentieb. Nous ignoroussi rinflanuuation intestinale est due à Tinfeotion du sang ou à Taltmlion de l'influx nerreui. L'altération intestinale contribue oertakieBient aux phénomènes du typhus, elle peut influer sur le eours de la maladie en bien ou en mal^ mais il n'est pas dit pour eela que le tjrphus soit uniquement une inflammation intestinale; l'expérience a d'ailleurs fait voir que l'exsudation dans les foUi* cules et leurs métamorphoses ne sont pas tovyours en rapport avec la marche générale de raffèction ; ainsi celte dernière peut être très-y iolente et entraîner la mort, bien que l'altération intestinale soit très-l^ère, et par contre aussi avec des lésions intestinales étendues , sa marche peut être moins rapide et les symptômes généraux moins graves; ou bien encore les deux états combinés (maladie générale et affection intestinale) présentent le même degré d'intensité.
Nous ne connaissons pas exactement Tintervalie qui sépare le moment où le miasme pénètre dans le corps de celui où l'affection intestinale se manifeste; dans les épidémies de typhus abdominal , on voit des sujets succomber déjà après 2 et 3 jours de maladie, et l'autopsie ne révèle aucune lésion intestinale; celle-ci se montre ordinairement chez les individus qui smH morts en 4 et 6 jours.
Les altérations du canal intestinal dans le typhus exanthémor' tique consistent dans un catarrhe aigu de l'intestin grêle avec un léger gonflement des follicules.
Dans le typhus abdominal on trouve les altérations suivantes : au début , catarrhe aigu de la muqueuse avec hypérémie souvent considérable; follicules solitaires, plaques de Peycr et ganglions mésentériques gonflés légèrement.
Plus tard injection très-vive autour des follicules solitaires et des plaques de Peïer, colorées par une injection arborisée, rarement la rougeur est uniforme; la cavité des follicules solitaires et la muqueuse environnante sont devenus le siège d'une exsudation , de sorte que le follicule atteint le volume d'un pois et au delà ^ et proémine sous forme d'une pustule jaunâtre,
âftàTOWS PAlSOlîOGIQtlE SFÉaAU. 187
ronde OU eonique; dans les plaques dé Peter, rexsudation peut occuper la surface libre de la muqueuse, son tissu , la cavité des follicules lenticulaires et le tissu oellviiafre sous-muqueux , rarefloent efle se troiite dans toutes ces parties à la fois , mais constaouneiit dans les foUieules Jenticalaires. Ces plaques augmenfeent de volume et dépassent le niveau de la muqueuse de plusieurs millimètres. L'exsudat^ à l'état où il se rencontre sur le cadavre ^ est le plus souvent dipbthéritique et se présente comme une masse jaunâtre demi-consistante, casé^ise, composée de fibrine amorphe, dans laquelle on trouve, comme Vrace d'organisatîcm, quelifues nojrau%, des cellules à liojau, 4es corpuscules élémentaires, des celhiles atrophiées et dé^
Une exsudation tout à £ait semblable se fait en même temps dans lesganglîons raésentériques, qui présentent un gonflement considérable, une injection très- vive, une coloration blancjaunâtre et une coupe krdacée* La muqueuse qui sépare les follicules gonflés, est afifectéede catarrhe » souvent très-hypéré^ miée et même eocii^mosée.
L'inflammation de la muqueuse intestinale est Jterminée quand l'ex^idation est complèfte; les altérations eonsésutives ne sont que la suite des métamorphoses de Texsudal, et n'ont plus de caractère spécial.
L'exsudat peut être résorbé en totalité ou en partie, et les follicules revenir à leur état normal; mais le plus souvent, comme dans tous les exsudais dipbthéritiques , il y a fonte purulente dti follicule et des élém^fits de la muqueuse, qui y sont comme enclavés. C'est ainsi que les follicules se changent en une masse molle, ou sont éliminés sous forme d'escharres. Ces escharres sont d'un blanc jaunâtre ou colorées en jaune par la bile , en rouge par du sang , de l'épaisseur de 2 à 6 millimètres et plus encore, molles, caséeuses; au début du mal solidement adhérentes aux tissus sous-jacents, elles deviennent libres plus tard pour se détacher enfin complètement. Elles sont formées par les éléments des follicules détruits, de la muqueuse et par Texsudatt Tantôt elles sont superficielies, tantôt
188 AMAXOmS PAISOUlâlQUS SviCIAlB.
dles gagnent en profondeur, ou comprennent tous les tissuÀ infiltrés. Elles occupent, toute la surface d'une plaque de Peyer, ou bien seulement un point circonscrit.
. il se fait quelquefois pendant la formation de Fescharre une hjpérémie con^dérable dans le point malade; avant de se mortifier, les tissus sont fortement tuméfiés, de couleur foncée; l'escbarre, encore au début, est saillante, rouge, entourée d'ecchymoses ; des hémorrhagies considérables peuvent avoir lieu dans la cavité intestinale.
A cette période, les ganglions mésentériques sont énormément gonflés, leur surface présente des arborisations et leur coupe un tissu lardacé blanchâtre, d'apparence médullaire, quelquefois diffluent et crémeux.
Si les escharres ont été superficielles, elles laissent en général après elles un tissu infiltré d'exsudat, qui peut ou s'ulcérer secondairement, ou revenir à son état ncM^mal par résorption de l'exsudat; on voit quelquefois une nouvelle escharre se former dans le même endroit.
Dans les cas où la muqueuse seule s'est infiltrée et mortifiée, l'ulcération est superficielle; si l'escbarre s'étend à la muqueuse et au tissu sous-muqueux dans une plus grande profondeur, la perte de substance sera plus considérable après son élimination; les follicules solitaires deviennent des ulcères ronds profonds, les plaques dePEVER des ulcères plus étendus, oblongs; quand l'escbarre occupe seulement des points isolés de ces plaques, celles-ci sont .criblées d'ulcérations, el les parties respectées peuvent revenir à l'état normal par la résorption dé l'exsudat.
Les ulcérations provenant des plaques de Peyer se rencontrent le long de l'insertion du mésentère; elles se trouvent en plus grand nombre vers la fin de l'iléon, où les plaques sont plus rapprochées.
Le fond de ces ulcérations formé par le tissu cellulaire sousmuqueûx, est tomenteux, recouvert de flocons d'ejtsudat , hypérémié, saignant; les bords sont constitués par la muqueuse ordinairement hypérémiée et boursouflée, à bords tranchés à pic ou aplatis. Comme à la fin de l'iléon , les plaquçs occupent
presque toute la muqueuse en devenant confluentes; dans cette région, les ulcérations peuvent détruire de grandes surfaces muqueuses.
En général, on rencontre dans un seul et même intestin gréle toutes les altérations que nous venons de décrire, réunies et disposées de telle sorte qu'elles augmentent en gravité , à me* sure qu'on se rapproche de la valvule iléo-coecale ; à la fin du j^unum et au commencement de l'iléum, ce sont des follicules solitaires infiltrés légèrement , puis des follicules solitaires plus gonflés et des plaques infiltrées, çà et là un follicule isolé réduit en escfaarre, plus loin de nombreuses escharres solitaires ou agminées; près de la valvule enfin,- des ulcérations d^à complètes. L'ensemble de ces phénomènes nous indique que le travail débute près de la valvule iléo-coeeale, j acquiert le summum d'intensité, et marche de bas en haut.
Les ulcérations se réparent par la formatron d'une couché mince de tissu cellulaire, qui les recouvre sous forme d'une surface séreuse. Ces cicatrices superficielles se remarquent comme de légères dépressions de la muqueuse et n'ont pas de tendance à la rétraction, mais la muqueuse ne se répare jamais complètement avec tous ses. éléments; on ne retrouve plus dai» les cicatrices les glandes utriculaires et lenticulaires. (Gluge est le seul qui croit avoir vu la reproduction des glandes utricu* laires et des villosités.)
Les ganglions mésentériques qui ont atteint lé plus haut dffigré d'infiltration pendant la formation des escharres, com« mencent alors à diminuer; néanmoins le gonflement et l'injection persistent encore quelque temps. Après la résorption de l'exsudat la glande revient complètement à son volume nor« mal ; son tissu propre , détruit par l'exsudat , est résorbé en même temps que celui-ci, et il ne reste plus du ganglion qu'un corpuscule coriace, d'un gris ardoisé. Dans des cas exceptionnels, quand l'exsudat a été très-considérable, le tout ae ramollit et se fait jour au dehors.
Cette marche générale de la maladie, telle que nous venons de l'exposer, présente de nombreuses variétés, ainsi :
19t ANÂTOÉn PktwM&mt méoiàu^
1/ Le travail de mortificatiofi peut eiiTahir la tunique musculeuse et le péritoine; ce cas est rare et la péritonite qui en résulte est sur-aigu^ et fournit une exsudation abondante , riche en sérum et en fibrine; quelquefois avant la perforation ii y a agglutination du point menacé par l'adhérence d'une anse intestinale; malgré cela la péritonite générale se déclare ordinairement.
2.'' La guérison des ulcérations est excessivement lente , elles persistent, présentent un fond grisâtre, suppurant, et s'étendent même par les bords; dans ces cas presque tonte la partie inférieure de l'iléon est parsemée d'ulcérations superficielles, îrrégulières , séparées par une muqueuse revenue à l'état sain. Elles guérissent aussi plus tard pat des cicatrices superêeielles.
S."* Très-rarement Pexsudat se change en pus; cependant on a rencontré la suppuration des glandes intestinales et des ganglions mésentériques. Il e^ tout aussi rare de voir t^escbarre être éUninée sous forme de masse noire, gangreneuse.
4.'' Quoique en général l'iléon seul soit malade, on trouve pourtant quelquefois des infiltrations dans toute la longueur du jéjunum et du colon , dont les follicntes solitaires sont assez fréquemment infiltrés* Dans des cas où Faffectton glanduleuse est très-avancée, la muqueuse de l'intestin grêle et. du gros intestin est parfois parsemé de petits grains durs, jaunâtres {psorentérie) j avec gonflement considérable des ganglions mésentériques correspondants. Les escharres et les ulcérations sont très-rares dans le colon.
fi.° IVautres fois l'exsudat peut être très-petit dans les ganglions intestinaux, et dépasser à peine le degré qu'il présente dans tout catarrhe intestinal. Dans ces cas l'exsudat est plus fluide et se résorbe plus rapidement.
fi.** A l'époque où la plupart des plaques sont déjà en voie de s'ulcérer^ ii se fait parfois une nouvelle poussée dans des follicules restés sains , quelquefois dans ceux du colon. Les hjpérémies considérables, les fortes injections, les ecchymoses de la muqueuse et les hémorrhagtes dans la cavité intestinale , se
voient encore assex souvent Quant aux nleérations , elles deviennent rarement le siège d'hémoprkagies coimdâ^ables.
7.° Outre le catarrhe général de la muqueuse et Texsudation fibrineusequi se bcNrne auxfolliailes, on trouve quelquefois dans des points isolés, une entérite circonserite très <^ intense, des exsudations croupales et diphthéritiques , surtout dans le gros intestin.
Quant aux autres altérations que le miasme typfaoïque provoque, et qui se présentent à l'autopsie à côté de TaffecCion iotestinaie, ce sont:
Le gonflement de la rate, le catarribe de l'estomac et Pbypé* rémie veineuse de sop graad oui de de sac, le catarrhe des muqueuses laryngienne et bronchique , une forte hjpérémie des poumons, des vaisseaux du cerveau et de la modle éptnière*
Gomme complications plus rares, on observe encore: des exsudations croupaks sur les sMiqueuses (larynx^ pharjnx, obso^ ph«^, estomac, vessie, vagin) et sur les séreuses, des abcès du tissu cellulaire, des parotides supputées, la mortification gangreneuse de certaines parties, le noma, le ramollissemei^ de l'estomac et de l'œsophage.
L'exanthème tjpfaoïque ne se reconnaît plus sur le cadavre; oa peut r^rouver des pétéchies, quelquefob de petites sugiilations.
La marche du tjpbus est aiguë. L'affection intestinale exige un temps très-variable pour son développement et sa guérison; l'exsudation est ordinairement achevée à la fin du premieiv septénaire , dans le second septénaire il y a résorption ou for« mation d'escharres et d'ulcères. La guérison des ulcérations demande ordinairement trois à quatre septénaires. L'affectkwi typhoïde ne se présente pas chez les nourrissons et en général chez les enfants dans la première année de leur vie; encore très-rare jusqu'à l'âge de fi ans , elle devient très-fréquente de 1& à 30 ans ; à partir de là le typhus est moins fréquent et ne se montre que très-exceptionnellement dans l'âge avancé. Les hommes en sont plus souvent atteints que les femmes. Cette aflEèction'est ordinairementépidémique, souvent endémique, rarementsporadique*
19t àmàj<mn FAtWMMKUQOs srfafiu*
Certaines conditioas paraissent garantir le corps contre Tinfluenoe du miasme tjphoique , telles sont : les derniers mois de la grossesse, la phthisie confirmée, les maladies chroniques de Testomac, les éruptions cutanées et les ulcères, les maladies du cœur, le cancer; cependant, eu égard aux nombreuses eiceptions j cette immunité n'est pas absolue.
G. — CaOlilU ASIATiQDS.
Les miasmes cholériques, qui proriennent probablement de la décomposition de matières organiques, aont Toiatils, passent dans le sang par Tintermédiaire de la muqueuse r^tratdire et commencent seulement alors à manifester leurs eflets.
Les altérations du sang lui-même apparaissent de bonne heure, la quantité de fibrine est diorimiée de même que les corpuscules rouges , le nooibre des corpuscules Mânes augmente ; il n'est pas impossible que cette altératton dans la composition du sang provoque les phénomènes locaux; mais nous manquons de moyens pour coi^rmer cette probabilité, surtout puisqu'il n'est pas encore prouvé que l'aflection intestinale ne précède pas celle du sang.
Indépendamment de ces altérations du sang, on observe encore : un iroùbie dans l'activité des centres nerveux (faiblesse excessive, absence de volonté, diminution d'activité du coeur, qui peut aller jusqu'à sa paralysie), une inflammation catarrhale intense de l'estomac et de l'intestin grêle, avec ou sans exsudation diphthéritique , un catarrhe des voies urinaires ( maladie de Bright) , un catarrhe de l'utérus et du vagin.
L'affection intestinale dans le choléra est très -importante; après l'action du miasme sur les centres nerveux , elle constitue le symptôme principal , duquel dépendent la plupart des autres phénomènes morbides. Aussi a-t-on bien souvent cherché l'essence du choléra rien que dans l'inflammation catarrhaie et diphthéritique de la muqueuse intestinale, en admettant une action directe du miasme sur le canal intestinal.
Les altérations de l'intestin sont les suivantes : la muqueuse de l'intestin grêle est ordinairement colorée en rose par une
AIUT4^MS PàTËOLOOtÔOS SKClIALl^ ISS
hjpérémie unrferme des petites Teines; œtte coloration augmente, d'iritensité du duodénum vers le cœcum et n'existe que par places dans le gros intestin; à côté, sur des points plus ou moins étendus^ hypérémie capillaire plus intense et par suite colo^ ration rouge très-vivê , en général , en même temps ecchymoses* La muqueuse est infiltrée d'exsudat séreux; les valvules conniniventes sont tuméfiées, les villosités intestinales turgescentes, la couche épithéliaie détruite ; la surface de la muqueuse devient le siège d'une nouvelle formation de cellules épithéliales; l'intestin contient ui^ partie de l'exsudat séreux inélangé à des flocons muqueux (^selles analogues à une décoction de riz), quelquefois aussi du sang épanché et méié.à l'exsudat* A cette inflammation catarrhale sucoède en général une inflammation diphthéritique ; la muqueu^e s'infiltre, par petites places ou dans une étendue ccrnsidérabl^y à'un exsudât plus ferme, blanchâtre ou jaunâtre, qui est coloré à sa surface par la bile et forme un enduit jaunâtre plus ou moins épais, bientôt il se ramollit, ainsi que les tissus qu'il englobe,, et après leur élimination la muqueuse présente des pertes de substance. Lorsque l'exsudation s'est bornée aux couches superficielles, il se produit des érosions superficielles ; lorsqu'elle s'est étendue jusqu'au tissu cellulaire sous-muqueux , alors il se forme des ulcérations plus profondes.
Les follicules solitaires et les plaques de Peyer de l'intestin grêle participent toujours à l'inflammation ; les follicules lenti-^ culaires sont distendus par un exsudât liquide ou solide, et finissent quelquefois^ par crever. Rarement Texsudation y est très-abondante, l'exsudat solide, et dans ces cas, le choléra a beaucoup d'analogie avec l'affection typhoïde; les ulcérations qui se produisent dans les follicules solitaires et les plaques de Peyer, après le ramoItiHsementde l'exsudat, offrent une grande ressemblance avec les altérations typhoïdes analogues. Toutes ces lésions des follicules n'ont rien de constant.
En général les ganglions mésentériquessont fortement gonflés, d'un gris rougeâtre et hypérémiés ou blancs, blancs jaunâtres.
Le péritoine est recouvert d'un exsudât liquide , épais , visqueuXé
194 ÀNATOBUE PATROUIGIQUE SpÉCIAiS.
L'estomac ofire la même hypérémie que rintestin, sa muqueuse est gonflée, recouverte d'une couche épaisse de mucosités visqueuses; des hémorrhagies ont parfois lieu à la surface de la muqueuse ou dans la cavité de l'estomac.
Les autres lésions que présentent habituellement les cholériques sont en résumé les suivantes :
Dans le pharynx et Y œsophage y hypérémie fréquente, quelquefois exsudats diphthéritiques et ulcérations» La rate est tantôt plus grande, tantôt à l'état normal; dans le foie, point d'altération particulière; vésicule biliaire ordinairement distendue par de la bile; la bile elle-même présente sa composition normale. Quelquefois il y a catarrhe de la vésicule biliaire et des conduits hépatiques; rarement on rencontre dans ces parties de l'hypérémie et des exsudats diphlhériiiques. Les reins sont hypérémiés; dans les tubesorénaux et entre eux, se trouve déposé un exsudât amorphe (albuminurie), le bassinet est hypérémié et à l'état de catarrhe, la vessie ordinairement vide, sa muqueuse affectée de catarrhe. Muqueuse de V utérus et du vagin constamment hypérémiée et à l'état catarrbal; dans le vagin, on rencontre parfois des exsudats diphthéritiques et des ulcérations. Le poumon est en général coliabé, exsangue, quelquefois il renferme des foyers hémorrhagiques. Muqueuse bronchique souyeat bypérémiée. Dans le péricarde et la plèvre, extravasats peu abondants. Le cœur ne présente aucune altération, dans le ventricule droit, nombreux caillots de sang brun avec des coagulums fibrineux ; le sang, pauvre en eau , en corpuscules sanguins et en fibrine , contient de l'urée. Grosses veines distendues par du sang; artères et capillaires vides. La peau est sale, livide, parsemée de nombreuses taches bleues; l'exanthème roséole ne se reconnaît plus sur le cadavre. Veines des méninges cérébrales etrachidiennes distendues par du sang; fréquemment il^y a œdème de la piemère; cerveau et moelle à l'état normal. 11 est encore dans le choléra asiatique d'autres altérations qui ont été rencontrées et notées, mais elles ne sont pas constantes. . Le choléra sporadique offre dans tous ses symptômes beaucoup de ressemblance avec le choléra asiatique; mais comme
on n'a pas encore eiramîfié fétat de l'intestin dans cette aflection , on ne peut pas dire si le choléra sporadique est l'analogue du choléra asiatique, et «'ils ont Tun avec l'autre les méoies rapports que le typhus sporadique avec le typhus épi* démique, ou bien si le choléra sporadique n'est simplement qu'une aflfection locale de l'intestin.
D. — ExANTHÈHCd ET AlittlES MALADIES AIGUËS.
L'affection intestinale, qui est la compagne assez constante de tous les exanthèmes fébriles, consiste dans un catarrhe de la muqu^ise avec gonflement des follicules par de l'exsudat; mais elle n'a aucune gravité et n'appartient pas aux phénomènes essentiels de la maAadie. La même affection intestinale s'observe quelquefois dans Térysipèle, les arthrites aiguës, les pneumonies, les pleurésies, etc., avec la méningite et dans d'autres maladies aiguës; elle est sans importance et parait indiquer que les maladies qu'elle accompagne sont seulement l'effet secondaire d'une affection primitive du sang ou du système nerveux central. Le gonflement des follicules est passager, l'exsudat peu abondant, liquide ou demi* solide; jamais dans ces cas^ il ne se forme d'escharres ou d'ulcérations.
OANGRfevE. — La gangrène de l'intestin ne se montre ordinairement qu'à la suite d'étranglement herniaire ou d'étranglement interne; les parois intestinales sont d'un rouge foncé", plus tard elles deviennent bleues et puis noires; le sang des veines est également noir; fréquemment il existe encore une infiltration inflammatoire et des exsudations diphthéritiques {escharres gangreneuses). Dans le typhus et dans les inflammations des nouveau-nés , on a également observé la mortification de quelques portions isolées de la muqueuse.
iiAiifol.L.iSSE]!liENT. — Parfois simultanément avec le ramollissement de l'estomac, ou même sans lui, on rencontre dans l'intestin grêle un ramollissement tout à fait analogue; les tuniques intestinales se convertissent alors en une masse gélatineuse, grisâtre ou noire. C'est surtout chez les nourrissons qu'on trouve
Idé ANÀTOillIC PATÉOtOGiQbE SfkikiM.
cette maladie^ elle repose probablement sur les m^es eaïuseâ que le ramollissement de l'estomac.
NÉOPLASMES PATHOLOGiQinBS. — Letimi^ro-conjonctif néoplastique est fréquent dans les cicatrices des différentes ulcérations; on trouve parfois dans le tissu cellulaire sousniuqueux de petits fibroldes aplatis, de la grosseur d'un pois.
Le tissu conjonctif adipeux néoplaHique est rare; nous le rencontrons sous forme de petits lipomes, qui prennent leur point de départ dans le tissu cellulaire sous-muqueux et viennent faire saillie tantôt dans la cavité intestinale, tantôt au dehors.
Les hypertrophies polypiformes, qui naissent quelquefois sur la muqueuse^ et principalement sur celle du rectum, prennent volontiers l'aspect de tumeurs érectiles, par suite du développement des petits vaisseaux. De même que l'estomac, lecanal intestinal peut être le siège de tumeurs polypiformes; elles sont le résultat d'une hypertrophie des glandes uiriculaîres^
De plus on y rencontre encore, et très-fréquemment dans le rectum, des tumeurs papitkdres poljrpiformes , qui deviennent quelquefois cancéreuses.
Il se produit souvent du pigment y vu la fréquence des hypérémies, des ecchymoses et des catarrhes accompagnés d'bypérémie. Le pigment consiste en petits grains noirs qui se déposent dans le tissu des vitlosités, entre les follicules utrioulâires (de LieberkOhn) et sous l'épithélium intestinal. Le pigment donne aux parties une teinte grise, gris ardoisé, quelquefois tout à fait noire; la coloration est uniforme, pointiUée, ou en traînée.
Les concrétions (autrement dit les fausses ossifications) , trèsrares dans les parois de l'intestin, se trouvent seulement dans le tissu des cicatrices et des fibroïdes, dans le pus des clapiers qui existent entre les tuniques intestinales; elles s'observent aussi comme tubercule crétacé ou exsudât péritonéaL On rencontre plus fréquemment dans la cavité de l'intestin des calculs , du volume d'un pois à celui d'un œuf de pigeon, ronds ou polyédriques, constitués par des couclies concentriques d^
'ANATOMIE PATBOLOeiQCIC SPECIALE. 197
matières fécaies endureies et par des couches de mucus, dans lequel les sels calcaires ont été mis en liberté. Ils sont tantôt libres et retenus par un repli intestinal, tantôt attachés à l'intestin par des adhérences lâches, et dans ce cas, au point de contact la nmqueuse intestinale est ulcérée ou à l'état de fonte purulente. Dans Vappendice vermieulaire ils occasionnent des ulcérations et des perforations.
Le cancer a presque exclusivement son siège dans le gros intestin, et particulièrement dans le rectum et dans l'S romain; il est très-rare dans l'intesttn grêle. Le caneçr colloïde est très^ rare; Tencéphaloïde et le scpiirrhe se présentent dans le tissu cellulaire sous-muqueux, sous forme de tumeur ronde ou comme infiltration uniforme tout autour de l'intestin , souvent comme infiltration de la muqueuse sous forme de polypes fongueux* Les tuniques intestinales ont été affectées primitivement, ou le cancer s'y étend des parties voisines, des ganglions lymphatiques, de Putérus, etc^
Cancer du reclom.—* Surtout fréquent chez les femmes comme propagation du cancer de la matrice; néanmoins il n'est pas rare de le rencontrer chez l'homme comme maladie primaire. Le cano^ est en général répandu uniformément dans le tissu celltilaîre sous-muqueux comme une masse dure, squirrheuse, ou bien il forme d^ saillies; la tunique musculeuse ne< tarde pas à être détruite , et l'ulcère se propage dans le tissu cellulaire autour du rectum; la muqueuse, dans le principe à l'état de catarrhe, s'ulcère peu à peu, ou bien elle est perforée par un tubercule cancéreux qui s'ulcère à son tour, devient excessivement douloureux et saigne très-facilement; d'autres fois du tissu encéphaloïde se développe dans le parenchyme de la muqueuse elle-même et apparaît alors à l'état de tumeur polypeuse. Le cancer du rectum a de la tendance à envahir les organes voisins et détermine, en se ramollissant, des communications ulcéreuses avec la vessie, l'utérus, le vagin.
La muqueuse rectale est quelquefois le siège primitif de tumeurs fongueuses très-vasculaires , saignant facilement; elles occupent de préférence la paroi postérieure du rectum, à
Idâ ANATOtalC PATÉOLOGIQbB SPICliLLlS.
cette maladie, elle repose probablement sur les mêmes causes que le ramollissement de Testomac.
NÉoPLAsmES PATH03L0GIQVBS. — LeXmu^o^oHJonctif néoplastique est fréquent dans les dcatrioes des différentes ulcérations; on trouve parfois dans le tissu cellulaire sousniuqueux de petits fibroldes aplatis, de la grosseur d'un pois.
Le tissu conjonctif adipeux néoplaftique est rare; nous le rencontrons sous forme de petits lipomes , qui prennent leur point de départ dans le tissu cellulaire sous-muqueun et viennent faire saillie tantôt dans la oavité intestinale , tantôt au dehors.
Les hypertrophies polypiformes, qui naissent quelquefois sur la muqueuse, et principalement sur celle du rectum, prennaiit volontiers l'aspect de tumeurs érectiles, par suite du développement des petits vaisseaux. De même que l'estomac, lecanal intes^ tinal peut être le siège de tumeurs polypiformes; elles sont le résultat d'une hypertrophie des glandes uiriculaires^
De plus on y rencontre encore, et très-fréquemment dans le rectum, des tumeurs papitkûres poljrpiformes , qui deviennent quelquefois cancéreuses.
Il se produit souvent du pigment, vu la fréquence des hypérémies, des ecebymoses et des catarrhes accompagnés d'hypérémie. Le pigment consiste en petits grains noirs qui se déposent dans le tissu des villosités, entre les follicules utricu^ lâires (de LiEBERKUart) et sous l'épithélium intestinal. Le pigmeot donne aux parties une teinte grise, gris ardoisé, quelquefois tout à fait noire; la coloration est uniforme, pointillée, ou en traînée.
Les concrétions (autrement dit les fausses ossifications) , très-rares dans les parois de l'intestin, se trouvent seulement dans le tissu des cicatrices et des fibroïdes, dans le pus des clapiers qui existent entre les tuniques intestinales; elles s'observent aussi comme tubercule crétacé ou exsudât péritonéah On rencontre plus fréquemment dans la cavité de l'intestin des calculs^ du volume d'un pois à celui d'un œuf de pigeon, ronds ou polyédriques, constitués par des couches concentriques d^
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matières fiécales endurcies eï* par des couches de mucus, dans lequel les sels calcaires ont été mis en liberté. Ils sont tantôt libres et retenus par un repli intestinal , tantôt attachés à Tintestin par des adhérences lâches ^ et dans ce cas, au point de contact la muqueuse intestinale est ulcérée ou à l'état de fonte purulente. Dans Vappendice vermiculaire ils occasionnent des ulcérations et des perforations.
Le cancer a presque exclusivement son siège dans le gros intestin , et particulièrement dans le rectum et dans TS romain ; il est très^rare davs L'intesttn gréie. Le cancer colloïde est très^ rare; l'encéphaloïde et le squirrhe se présentent dans le tissu oeUulaire sous*muqueux , sous forme de tumeur ronde ou comme infiltration uniforme tout autour de l'intestin , souvent comme infiltration de la muqueuse sous forme de polypes fongueux* Les tuniques intestinales ont été alfectées primitivement, ou le cancer s'y étend des parties vaisines , des ganglions lymphatiques, de Putérus, etc.
Cancer du reetom.—* Surtout fréquent chez les femmes comme propagation du cancer de la matrice; néanmoins il n'est pas rare de le rencontrer chez l'homme comme maladie primaire. Le cancer est en général répandu uniformément dans le tissu eetlulaire sous-miiqueux comme une masse dure, squirrheuse, ou bien il forme des saillies; ia tunique musculeuse ne< tarde pas à être détruite , et l'ulcère se propage dans le tissu cellulaire autour du rectum; la muqueuse, dans le principe à l'état de catarrhe, s'ulcère peu à peu, ou bien elle est perforée par un tnbercule cancéreux qui s'ulcère à son tour, devient excessivement douloureux et saigne très-facilement; d'autres fois du tissu encéphaloïde se développe dans le parenchyme de la muqueuse elle-même et apparaît alors à l'état de tumeur polypeuse. Le cancer du rectum a de la tendance à envahir les organes voisins et détermine, en se ramollissant, des communications ulcéreuses avec la vessie, l'utérus, le vagin.
La muqueuse rectale est quelquefois le siège primitif de tumeurs fongueuses très-vasculaires , saignant facilement; elles occupent de préférence la paroi postérieure du rectum, à
Idé ANÂTOiKlE PAlTÉOtOélQtE SP£ciàl£.
cette maladie^ elle repose probablement sur les mêmes eauses que le ramollissement de restomac.
NÉoPLAsmES PATH03LOGIQI7ES. — L^XissviJibrO'Conjonctif néoptasiique est fréquent dans les cicatrices des différentes ulcérations; on trouve parfois dans le tissu cellulaire sousmuqueux de petits fibroldes aplatis , de la grosseur d'un pois;
Le tissu conjonctif adipeux néoplaHique est rare; nous le rencontrons sous forme de petits lipomes, qui prennent leur point de départ dans le tissu cellulaire sous -muqueux et viennent faire saillie tantôt dans la cavité intestinale , tantôt au dehors.
Les hypertrophies polypîformes, qui naissent quelquefois sur la muqueuse^ et principalement sur celle du rectum, prennent volontiers l'aspect àe tumeurs érectiles, par suite du développement des petits vaisseaux. De mémeique l'estomac, lecanal intestinal peut être le siège de tumeurs polyjpiformes; elles sont le résultat d'une hypertrophie des glandes uiriculaires^
De plus on y rencontre encore, et très-fréquemment dans le rectum, des tumeurs papitkûres poljrpiformes , qui deviennent quelquefois cancéreuses.
Il se produit souvent du pigment, vu la fréquence des hypérémies, des ecebymoses et des catarrhes accompagnés d'hypérémie. Le pigment consiste en petits grains noirs qui se déposent dans le tissu des vHlosités, entre les follicules utricu^ làires (de LiEBERKflHN) et sous l'épithélium intestinal. Le pigment donne aux parties une teinte grise, gris ardoisé, quelquefois tout à fait noire; la coloration est uniforme, pointillée, ou en traînée.
Les concrétions (autrement dit les fausses ossifications) , trèsrares dans les parois de l'intestin , se trouvent seulement dans le tissu des cicatrices et des fibroïdes, dans le pus des clapiers qui existent entre les tuniques intestinales; elles s'observent aussi comme tubercule crétacé ou exsudât péritonéal. On rencontre plus fréquemment dans la cavité de l'intestin des calculs , du volume d'un pois à celui d'un œuf de pigeon, ronds ou polyédriques, constitués par des couches concentriques d^
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matières fécales endurcies et par des couches de mucus, dans lequel les sels calcaires ont été mis en liberté. Ils sont tantôt libres et retenus par un repli intestinal, tantôt attachés à Tintestin par des adhérences lâches, et dans ce cas, au point de contact la nmqueuse intestinale est ulcérée ou à l'état de fonte purulente. Dans Vappendice vermiculaire ils occasionnent des ulcérations et des perforations.
Le cancer a presque eiclùsivement son siège dans le gros intestin , et particulièrement dans le rectum et dans l'S romain ; îl est très^raro dans l'intestin grêle. Le cancer colloïde est très* rare; l'encéphaloïde et le scpiirrhe se présentent dans le tissu cellulaire sousHDuqueux, sous forme de tumeur ronde ou comme infiltration uniforme tout autour de l'intestin , souvent comme infiltration de la muqueuse sous forme de polypes fongueux» Les tuniques intestinales ont été affectées primitivement, ou le (»inoer s'y étend des parties voisines, des ganglions lymphatiques, de Putérus, etc^
Cancer du rectum.' — Surtout fréquent chez les femmes comme propagation du cancer de la matrice; néanmoins il n'est pas rare de le rencontrer chez l'homme comme maladie primaire. Le cano^ est en général répandu uniformément dans le tissu cellulaire sous^muqueux comme une masse dure, squirrheuse, ou bien il forme des saillies; la tunique musculeuse ne- tarde pas à être détruite , et l'ulcère se propage dans le tissu cellulaire autour du rectum; la muqueuse, dans le principe à l'état de catarrhe , s'ulcère peu à peu , ou bien elle est perforée par un tubercule cancéreux qui s'ulcère à son tour, devient excessivement douloureux et saigne très-facilement ; d'autres fois du tissu encéphaloïde se développe dans le parenchyme de la muqueuse elle-même et apparaît alors à l'état de tumeur polypeuse. Le cancer du rectum a de la tendance à envahir les organes voisins et détermine, en se ramollissant, des communications ulcéreuses avec la vessie, l'utérus, le vagin.
La muqueuse rectale est quelquefois le siège primitif de tumeurs fongueuses très-vasculaires , saignant facilement; elles occupent de préférence la paroi postérieure du rectum, à
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quelques centimètres de i'orifiee anal. EUes proviennent parfois de tumeurs papillaires dégénérées en cancer.
Kélrécissemenls cancéreux. — Les rétrédssements cancéreux de l'intestin se rencontrent au point de jonction de VS romain avec le rectum ou dans une partte plus élevée du gros intestin, rarement dans l'intestin grêle; ils présentent un dépôt annulaire de matière squirrheuse, ou un déyeloppement cancéreux unU latéral dans les parois de l'intestin ; c'est la forme annulaire qui occasionne les rétrécissements les plus graves. En partant du tissu cellulaire sous-muqueux, le cancer marche ordinaîremeni; Ters en dedans , soulève la muqueuse ou la rompt et se montre alors à nu dans la cavité intestinale. Le calibre de* fintestîn peut être réduit à quelques mUliraètrefr ou complètement oblitéré; si le cancer ainsi mis à nu commence à fondre, il se produit des ulcérations, la lumière de l'intestin redevient un peu plus libre et le passage ^des matières fécales se fait plus facilement; quelquefois il s'établit des communications «ntre le bout d'intestin ainsi rétréci et des anses intestinales voisines, et la circulation des matières fécales peut se rétablir; ou bien encore il se forme des adhérences avec lès parois abdominales, qui se perforent et donnent lieu à un anus contre nature.
Après la fonte entière du cancer, le rétrécissement, un instant amendé par là, peut encore augmenter par la rétraction du tissu conjonctif cicatriciel , qui produit une cicatrice faccornie, comme cartilagineuse.
Lorsque le cancer s'est développé primitivement dans l'intestin, celui-ci reste libre pendant quelque temps; mais le plus souvent iL se forme tout autour des adhérences celluleuses, ou bien des adhérences cancéreuses qui propagent la maladie aux organes voisins.
Si le rétrécissement du calibre de l'intestin est considérable , les matières fécales et les gaz s'accumulent dans la portion située au-dessus du rétrécissement , y déterminent une dilatation permanente, qui en général s'accompagne au commencement d'une hypertrophie de la tunique musculeuse et du tissu cellulaire sous-muqueux; par contre, les portions d'intestin placées
JlfATOmC PATHOLOGIQlIli SpÉCU&E. 199
au<>de$sous du rétrécissement deviennent plus étroites, et sont frappées plus tard de relâcbement et de paralysie complète.
La mort arrive par inflammation de la portion d'intestin dis • tendue et du péritoine, ou par un marasme graduel et par ]a tjmpanite; celle-ci peut atteindre dans la portion d'intestin «ituée au-dessus du rétrécissement, un degré susceptible de produire l'asphyxie avec le symptôme dominant de l'iléus, le Tomissement de matières fécales; ces vomissements, qui arrivent rapidement dans les étranglements herniaires, sont très -lents à se développer dans les rétrécissements cancéreux; en effet ils n'arrivent qu'au moment où par raecumulalion des matières fécales dans le bout supérieur^ celui-ci se trouve paralysé complètement et incapable de faire franchir le rétrécissement à son contenu (Rokitansky).
L'inflammation intestinale dans les parties au-dessus du ré* trécissement, résulte de la stase sanguine produite par la pression des matières fécales; elle s'étend le plus souvent à toutes les tuniques, et se caractérise par une forte hypérémie de tous les vaisseaux et par la coloration rouge -bleu ou bleu noirâtre de l'intestin. La muqueuse et le tissu cellulaire sous-muqueux sont infiltrés d'exsudats et se ramollissent en une masse gangreneuse, brunâtre; il n'est pas rare de rencontrer par places isolées des exsudats diphthéritiques. La péritonite d'abord localisée peut devenir générale.
TUBBRCIJI^ES. — 1. Comme expression d'une diathèse tuberleuse générale, les tubercules sont fréquents dans la muqueuse intestinale; chez les enfants ils sont primitifs et concomilanls de tubercules dans les ganglions mésentériques; mais plus souvent, chez les enfants comme chez les adultes, ils se développent simultanément ou consécutivement avec les tubercules du poumon.
La tuberculisation de la muqueuse intestinale consiste dans une exsudation de petites masses rondes, de la grosseur d'un grain de millet, qui a lieu dans la muqueuse^ le tissu cellulaire ^ous-muqueux ou les follicules lenticulaires (dans les follicules solitaires comme dans les plaques de Peyer). Le dépôt se fait
tOO ÀN&TQMIE PATBOLOGIQDE OpficUCB.
lentement, sa marche est chronique ou aigué aTec tous les signes symptomatiques et anatomiques de Tinflammation. La tubereulisation occupe Piiéon, plus rarement le jéfunum et le gros intestin.
Les tubercules forment de petites tumeurs d'abord grisâtres^ plus tard jaunâtres , caséeuses ; eUes sont isolées ou reunies par groupes , répandues en plus ou moins grand nombre et faisant une saillie prononcée dans la muqueuse; les follicules lenticulaires qui en sont remplis, se distinguent par leur volume et s'élèvent en tumeurs de la grosseur d'un pois. Les plaques de Peyer ne sont pas ordinairement affectées dans leur totalité; on ne trouve pas les grandes plaques elliptiques des infiltrations typhoïdes , mais des ulcérations irrégulières et sinueuses.
Les tubercules de la muqueuse et les tubercules des follicules passent ordinairement au ramollissement; pendant que la muqueuse qui les recouvre se détruit, il se forme de petites ulcérations, de la grandeur d'un grain de millet à celle d'un pois, dont les bords formés par la muqueuse sont pâles, rarement injectés ,-dont le fond inégal est encore recouvert de masse tuberculeuse ou constitué par le tissu cellulaire sous-muqueux.
Ces petites ulcérations s'agrandissent par confluence ou par le ramollissement de nouveaux tubercules formés sur les bords ou dans le fond. Les ulcères plus considérables qui en résultent, peuvent acquérir plusieurs centimètres de diamètre, ils sont irrégulièrement ronds ou ovales, leur grand diamètre est perpendiculaire à l'axe de l'intestin, autour duquel ils forment quelquefois une zone. Leur bord est inégal et constitué par la muqueuse ordinairement injectée, parsemée de tubercules gris ou jaunes, ou bien infiltrée de matière gélatineuse; ils ont pour fond le tissu cellulaire sous-muqueux, dans lequel il s'est également déposé des tubercules dont la fonte augmente encore la profondeur de l'ulcération; on trouve quelquefois des ilôts de muqueuse conservée. Quand l'ulcération provient de la fonte de follicules solitaires ou de plaques de Peyer infiltrées, alors elle ressemble beaucoup à Tulcère typhoïde; cependant on l'en dij^tinguera facilement par les tubercules crûs
qu'on trouvera encore sur le fond et sur les bords, dans le reste de l'intestin.
Le péritoine qui recouvre une ulcération intestinale est toujours injecté; il contient souvent des tubercules miiiaires grisâtres, et des adhérences iftches, filiformes, ^ui le réunissent à d'autres cireonvolutions intestinales. Si les tubercules du fond de l'ulcération viennent à se ramollir, comme pour ceux de la tunique musculeuse et du péritoine, il y a perforation de l'in* testin et péritonite.
Les ganglions mésentériques sont également infiltrés de dé« pots tuberculeux en masse uniforme, ou comme petits tuberonles qui peuvent confluer dans certains points, former des tumeurs plus considérables et se ramollir. Leur surface est riche en injections dendritiques.
Ces ulcéralions ne guérissent presque jamais, car le malade succombe à la diathèse, avant qu'elles aient pu se cicatriser. RouTAjnsKY a vu des ulcérations tuberculeuses isolées cicatrisées; leur fond d'abord calleux c'était rétracté, mettant en contact les bords opposés de la muqueuse; d'où il était résulté des cicatrices froncées, faisant saillie dans l'intestin qui se trouvait par là comme tiraillé et déformé.
2. On rencontre rarement dans l'intestin , en dehors de la diatbèse tuberculeuse /e tubercule comme transformation accidentelle d^un exsudai peu abondant; il provient alors de la transformation d'un exsudât déposé dans la cavité des follicules lenticulaires (dans le catarrhe de la muqueuse) en une masse dure, jaune, caséeuse, tout à fait identique à la matière tuberculeuse; mais nous ne saurions regarder ce produit comme la suite d'une crase tuberculeuse générale, car il n'occupe que des follicules isolés, et se trouve chez des sujets exempts de tubercules dans les autres organes.
On n'observe pas de kyste dans l'intestin ; quand l'ouverture de l'appendice vermiculaii^ du cœcum est bouchée et que le mucus s'accumule dans sa cavité, alors il se développe quelquefois àesfaux kystes; peu à peu l'intestin se distend en forme de vessie, sa muqueuse disparaît et prend le caractère d'une
202 ANATOMie PAfHOUMSKHIE sriaiLE.
aéreuse, le contenu devient aqueux (hjrdropiêie de t appendice vermiculaire).
PLAIES ET PERFORATIONS DE E.'lNTB8TIIf. -^ les plaies par instrument tranchant et les perforations ulcératiifes de i'inteslin guérissent difficilement, parce que Pépanchement du contenu intestinal dans la cavité abdominale provoque une péritonite générale, rapidement mortelle. Toutefois la guérison s'obtient lorsque, déjà avant la perforation, l'intestin avait contracté des adhérences avec les parties voisines, ou bien lorsqu'elles se développent rapidement api-ès la blessure et avant que le eon« tenu intestinal n'ait eu le temps de s'épancberé Quand l'intestin est blessé, les tuniques musculeuses et ceiluieuoes se rétractent sur les bords de la plaie, et la muqueuse fait bernie au dehors en forme de cul de poule. La plaie, en s'adossa nt contre une anse intestinale, contre Tépiploon ou la paroi abdominale, se trouve ainsi occluse momentanément; il se forme des adhérences entre les séreuses en contact, tandis que la partie où la muqueuse intestinale touche à la surface séreuse placée vis-à-vis, n'y adhère point. Il résulte de celte disposition que les matières intestinales continuent à filtrer jusque dans ce point, et peuvent ainsi, en déterminant l'inflammation et même la perforation de ces parties , anéantir toute chance de succès. Dans les cas où Tintestin s'est soudé à la paroi abdominale, lorsque celle-ci vient à se percer, il se forme une fistule stercorale (quand une partie seulement des matières fécales j passe), ou bien un anus contre nature (quand toutes les matières passent par là); si la plaie s'est adossée à un intestin, celui-ci peut se perforer, ce qui donne lieu à une fistule bimuqueuse (entre deux portions d'in« testin grêle, entre le duodénum et le colon transverse, entre l'estomac e't le colon transverse) ; il peut encore se faire des perforations de la vésicule biliaire, de la vessie, du vagin, etc. De plus se présentent au rectum: là fistule rectale s'ouvrant au périnée, la fistule rectO'Vaginale y la fistuk recto-vésicale, La guérison des fistules stercorales s'opère ainsi : l'orifice de communication s'étire en un conduit d'abord infundibuliforme, puis cylindrique, et finit par devenir un cordon fibreux imperméable, étant
AKASOMiB PàTflaiiOGiQflB SréCULE* SdS
(Irailté constamment par l'intestin qui tend par sa pesanteur à s'écarter du point auquel il adhère. On a vu ces adhérences s'étirer en très-longs fils, et l'intestin redeTenir même complé* tement libre.
PARASITES. «-^ 1) Taenia cueurbitam'^^Fer solitaire propre^ ment Ait (Tjsnu soLicm) ; -*<- il s^ourne dans l'intestin grêle , se montre en Allemagne, en Angleterre, en Hollande et en Orient, c'est u» ver long de 40 centimètres à 1 à 10 mètres, d'un blanc jaunâtre, oomposé< d'une série d'articles , longs de 12 à 20 millimètres, larges de 7 à 12 millimètres, épais de 1 à 2 millimètres, en forme de pépins de citrouille (d'où son nom), plus petits et moins développés vers l'extrémité cépbalique. La tête (%• 36) très-petite, est munie de quatre suçoirs, et présente à son extrémité étroite une couronne de crochets; la partie céphalique est toujours le siège d'une nouvelle formation d'article»; ceuxci , petits- dans le principe, deviennent de plus en plus grands et se garnissent de viscères; les articles complètement développés offrent sur leur bord tranchant une saillie mamelonnée , munie d'une ouverture pénienne ou vulvaire; celle-ci est située tantôt sur le bord droit, tantôt sur le bord gauche. Dans l'intérieur de l'article on voit par transparence un st}^stème ovarique. A l'extrémité opposée à la tête il se fait continuellement une séparation des articles mûrs.
2) Botriocéphale large (T^nu lATâ);-— il occupe également l'intestin grêle, se rencontre en Suisse, en Russie, en Pologne, dans le midi de la France, etc. Il se distingue du précédent: par la forme de ses articles, plus larges que longs et imbriqués les uns sur les autres; par la position des pores génitaux, qui se trouTcnt sur le milieu de la surface large deis articles et non pas sur leurs bords; par la tête qui n'a ni ventouses ni crochets, mais seulement à l'extrémité, deux fossettes latérales.
Les Taenia, comme nous l'avons déjà dit, ne constituent pas une espèce d'animaux particuliers, mais ce sont les parents de certains Trématodes, qui proviennent de leurs articulations parvenues à maturité et éliminées avec les selles, et qui se
S04 ANATOMie PATHOLOOIQOE SP^ALB*
développant au dehors* Nous ignorons sous quelle forme \h pénètrent dans le oorps; qui sait si nous n'avalons pas avec les alîaients ou les boissons des œufs de trématode ou le seolèx, qui s'en est déjà développé.
. Quant aux modifications anatomiques occasionnées par les Taenia dans l'intestin grêle, elles se réduisent à un catsA'rbe de la muqueuse.
3) Jscaride lombricoïde --^ Lombric ; ^^ de la famille des Nématoïdes, très-fréquent dans l'intestin grêle, de 10-30 centimètres de longueur, de 4-^10 millimètres d'épaisseur, d'un blanc jaunâtre , s'amincissant vers ses deux extrémités; le mâle çst pljis petit que la femelle et présente une extrémité caudale recourbée. Ces belmintbes possèdent un orifice buccal et un canal intestinal; la tête est séparée du corps par une dépression circulaire, elle est garnie de trois boutons ou valvules, au milieu desquelles est située l'ouverture de la boucbe. Leur couvée se fait hors du corps; on ignore comment ils pmètrent dans l'économie»
: En général les ascarides lombricoïdes ne produisent aucun désordre anatomique; dans des cas, rares à la vérité. Us écartent avec leur extrémité cépbalique les fibres des tunique» de Tintestin , se glissent dans la cavité abdominale, j causait une péritonite circonscrite et sont. enkystés par l'exsudat qui ai résulte; ou bien il survient un abcès, qui se fait parfois jour à travers les téguments abdominaux, et amène au dehors et le ver et do pus. La perforation intestinale se referme aussitôt après le passage de l'ascaride. Une autre espèce d'abcès vermineux se produit par l'accumulation dans un certain endroit d'un gros paquet de vers; les parois intestinales sont dilatées, rompues, et il se déclare une entérite et une péritonite.
D'ordinaire l'intestin s'applique contre les parois de l'abdomen; il se fait une suppuration entre les tuniques dans la paroi abdominale, et enfin une perforation de cette dernière, à la suite de laquelle des vers, du pus et des matières fécales passent par la fistule siercorale qui s'est produite.
4) V Oxyure vermicidaire; — Nématoïde qui occupe le gros
AlfATOlflB PiktHOLOGIQOB SPécULB. 208
intestin , surtout le rectum , parfois en même temps la vulve* En général on ne voit que des femelles; celles-ci ont de 12-20 millimètres de longueur sur 1 millimètre environ d'épaisseur; elles sont de couleur jaunâtre; la tête présente deux renflements latéraux (%• ^9)^ Le mâle, long de 2-4 millimètres, roulé en spirale, est très -rare. Les œufs se développent hors du corps humain; le mode de pénétration de ces helminthes est inconnu*
Us provoquent une légère afiection catarrbale du rectum et de Torifice anal, parfois aussi de l'entrée de la vulve.
6) Le Tricvcéphale de l'homme (T. oisPAR).^^Ce ver nëmatoide séjourne dans le gros intestin , principalement dans le coecum; il se tient attaché par. la tête contre la paroi intestinale; il a 3*6 centimètres de iongu)eur; la portion céphalique est mince^ filiforme, le tiers postérieur plus épais, et chez le mâle enroulé en spirale avec un pénis faisant saillie au dehors.
GinvTBNu vsrrKsrtmAij bt matièrbs FécALBS. — Les altérations de texture du canal intestinal impriment des dian* g^ments tr^-remarquaUes et très* variés à son contenu : les catarrhes chroniques, les ulcérations de la muqueuse et parti* culièrement les inflammations de la séreuse {péritonite) déterminent-un reiâdiement de la tunique musculeuse, et par suite une stagnation des fèces et des gaz , d'où résulte encore une décomposition plus avancée des matières et une production considérable de gaz. Il se développe alors dans les fèces des champignons microscopiques « des infusoires, des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien ; quant aux gaz, ils sont com* posés d'azote, d'acide Carbonique, d'hydrogène sulfuré.
On a fait provenir les accumulations de gaz {flatulences, météorisme, tympanité) d'une sécrétion de gaz par la muqueuse; ce mode de production est encore très-obscur et très*incertain.
Dans les entérites l'exsudat se mêle aussi au contenu intestinal; dans le catarrhe simple on trouve de l'exsudat séreux, de l'épilhélium cylindrique détaché, et un grand nombre de cellules néoplastiques de la forme des cellules épithéliales ; dans le catarrhe cholériforme : une grande quantité de sérum mé-
S06 ATIATOMIE MTBOLOGIQOS SPic IAI£.
iangé à des flocons d'épitbénam , à des cellules de nouyellé formation, à du mucus amorphe et à de l'albumine; dans le choléra asiatique le sérum est encore plus abondant, parfois dé* pourvu d'albumine; la coloration bilieuse manque toujours dans le choléra, et quelquefois seulement dans les autres catarrhes; dans le typhus on trouve absolument la même chose, seule- Baent les flocons de mucus et d'exsudat sgnt colorés par la bile et le sérum est moins abondant. Les selles typhoîques résultent du catarrhe intestinal; à Tautopsie on les observe chez des malades où on ne trouve point d'ulcérations, aussi souvent que chez ceux qui en montrent. La présence des ulcérations inlestinales peut être diagnostiquée par les selles, seulement quand elles présentent des portions d'escharre éliminée, résultat qu'on obtient quelquefois par des recherches 'Soigneuses. Dans les inflammations diphihéritiques (choléra, dyssenferie ) , il est possible de retrouver les fausses membranes dans les seUes.
Comme dans l'estomac, le sang épanché colore le contenu intestinal en rouge et plus lard en noir. Après des inflammations dnroniques avec destruction de la muqueuse, (choléra, typhus, djssenterie), ou par suite de toute autre cause, il survient quelquefois de l'atrophie en même temps que la sécrétion des mucosités ^devient défectueuse; aussi le contenu intestinal estil sec, et les fèces dures et conglobées (scybala).
La bile peut quelquefois colorer les fèces en vert ou en noir, on ne connaît pas encore les conditions <]e ces colorations. Quand la bile manque,- les selles liquides sont incolores comme de l'eau; les selles solides, au contraire, sont d'un gris jaunâtre, comme argileuses.
D'après Rokitansky , il y aurait une maladie, qui consiste dans une production excessive de matières fécales aux dépens de la sécrétion intestinale; cet excès de sécrétion entraînerait l'atrophie des tuniques intestinales et le marasme. Cette copropoésis excedens , ou cette GangUopathia copropoelica ( Bruch ) , est encore très-douteuse.
n. Péritoine.
vicfiS DtB goufoiumution. — Dëvelopperoent exagéré des duplicatures et des feuillets du péritpine — duplicatures surnu^ méraires, surtout au détroit supérieur du bassin; ces d^nières foriuenl quelquefois des poches avec des ouvertures annulaires ou en boutonnière » dans lesquelles des anses intestinales peuvent pénétrer . et s'étrangler*
HYPÉRGMIB. -^ L'hypérémie du péritoine s'observe dans les points où cet organe est lui-ménie s^ecté , par exemple autour de tubercules, de carcinomes» là où il recouvre des parties malades (ulcéraUoKis intestinales , cancers du foie); ou bien elle accompagne Tb^^pérémie et rinflammation des parties sous^ jacent^s; quand elle forme. des arborisations, elle se borne en général aux petites veines* Ces bypérémies chroniques partielles ont souvent pour suite une production plus abondante de plasma et répaississement du péritoine par du tissu conjonctif de nou^ velle formation ou par des adhérences filamenteuses»
On rencontre quelquefois en. même temps de petites ecchy^ mosesy très-rarement il y a de véritables hémorrhagies dans la cavité du péritoine , comme par exemple dans le purpura , le scorbut.
. Les hypérémics et les ecchymoses laissent souvent après elles des taches noires de pigment*
L'hypérémie, générale des portions viscérale et pariétale du péritoine s'observe quand il y a dans le foie ou dans le cœur un obstacle au cours du sang;, elle est limitée aux petites veines et suivie souvent d'un épanchement (k sérosité, qui s'accumule dans là cavité abdominale (ascite)^
mwUkMMATlOSf» — Caractères GÉNÉRàtix de là péritonite et DE l'inflammation DES SÉREUSES* — V inflammation aiguë, qu'on provoque en injectant des substances irritantes dans la cavité abdominale. d'un animal, commence par une injection vascù^ laire; on voit d'abord des arborisations ou des réseaux de petit&
SM AMJMma rânoUNUffn trlcuu.
TaÎMeaux; les capillaires plus forts slnjectent ensuite; alors le péritoine présente une teinte rouge unirorme et perd son poli : à côté des prties hjpérémîées on trouve toujours de petites eccbjmoses pointillées. Cette bypérémie est suivie d'une exsudation qui dépose une petite partie de son produit dans le tissu même de la séreuse, qui s'épaissit et perd sa transparence; mais la majeure partie de l'exsudat s'épanche dans la cavité de la séreuse; cette exsudation est en quantité plus ou moins abondante et de nature diverse.
La péritonite aigué se présente sur le cadavre avec des carac-> tères anatomiques très-variables. L'bjpérémie est parfois identique à celle de la péritonite provoquée artiâdellement sur .les animaux; souvent elle est tellement vive en certains endroits^ qu'elle colore le péritoine en rouge pourpre, en rouge bleu ou en rouge noir. Dans beaucoup d'autres cas, Tinjection est bornée aux petites veines, quelquefois même, à côté d'un épancbement considérable, elle est insignifiante, même à peine appréciable; et il se fait certainement bien des inflammations exsudatives dans le péritoine (et dans d'autres séreuses), sans injection ni bj^pérémie.
L'exsudat varie beaucoup dans sa composition et dans sa quantité :
Parfois il est peu abondant, infiltre le tissu du péritoine^ forme sur sa surface libre un enduit peu épais, bientôt solidifié (quand il est riche en fibrine) et s'organise en tissu conjonclif. Plus fréquemment l'épanchement est abondant et contient une plus grande proportion de sérum , qui s'accumule dans la cavité péritonéale; ia partie fibrineuse, au contraire, reste collée sur la surface libre, sous forme de coaguium solide. Cet enduit croupal solide est tantôt poli et uniforme, tantôt tomenteux et réticulé. Le plus souvent le sérum contient des flocons fibirineux.
D'autres fois ia fibrine prédomine dans l'exsudat et forme sur le péritoine des couches de 5-15 millimètres d'épaisseur, ou bien elle se rassemble en masse dans sa cavité. Enfin quelquefois c'est la partie séreuse qui prédomine, alors la cavité abdominale est remplie de sérosité limpide ou jaunâtre^ verdâtre.
ANATOVIE PATHOLOCIQUH SPiCIAife. ^09
rendue trouble par dés débris d'épithélium détachés ou par des petits flocons fibrineux disséminés.
Dans quelques cas Texsudat est abondamment chargé de sang; rarement il est gélatiniforme, colloïde.
Les métamorphoses de ces exsudats sont à leur tour trèsdiverses : ainsi Pépanchement peut être résorbé complètement; ou bien la partie liquide est seule résorbée, et il ne reste que la fibrine coagulée.
L'exsudat déposé dans le tissu de la séreuse peut se résorijer; celui qui est déposé à sa surface recouvre alors une membrane qui n'oifre plus aucune trace d'inflammation.
Quant à Porganisation de l'exsudat, elle a lieu de différentes manières :
a) il y a production de tissu cellulaire nouveau et de vaisseaux, le péritoine en est épaissi, sa surfbce libre se recouvre de fausses membranes celluleuses, qui contractent souvent des adhérences avec les parties voisines. Les fausses membranes sont tantôt fines et recouvrant les surfaces comme une gaze légère, tantôt plus épaisses, quelquefois réticulées, fibreuses, aréolaires , formant des filaments plus ou moins longs.
6) La suppuration s'établit, le péritoine en est ramoULet se détruit dans quelques points; quand il s'y joint la production de tissu conjonctif nouveau , celui-ci recouvre la surface suppurante sous forme de granulations. La surface libre du péritoine de ces cloaques est couverte de pus, sa cavité renferme des flocons purulents ou est uniformément remplie de pus liquide; celui-ci peut se résorber complètement après avoir subi la métamorphose graisseuse, ou bien ses éléments solides persistent et passent à l'état de masse tuberculeuse ou crétacée.
c) Il se produit une espèce de masse tuberculeuse; après la résorption de l'eau, l'exsudat devient plus sec, jaunâtre, caséeux et forme un enduit inégal et parsemé d'aspérités sur le péritoine. Cette métamorphose peut se rencontrer chez des malades non tuberculeux, tout comme chez des tuberculeux, et doit être distinguée des tuberculisations miliaires aiguës (uid» Tubercules).
$10 ANATonc PKttibtùGxqtsE êptcïAùt.
d) Quelques portions de Texsudat deviennent le siège de fausses ossiâcations, par le dépôt ou la mise en liberté de seb calcaires; ou bien une partie de l'exsudal devient athérodiateux et forme une bouillie composée de globules graisseux, de sels calcaires et de cristaux de choléstérine. Quelquefois une certaine partie de l'exsudat , s'organisant en tissu conjonetif , enkjste la masse athéromateuse.
é) Il survient une suppuration ichoreuse par suite de l'accès de l'air atmosphérique ou par la présence de matières en putréfaction, comme cela arrive dans la péritonite par perforation intestinale.
f) L'exsudat se mortifie, et il en résulte une escharre comprenant une partie du péritoine; dans les étranglements et même dans toute autre inflammation violente, quand l'hypérémie est très -considérable, il y a production d'un exsudât circonscrit dans le tissu et sur la surface libre du péritoine ; cet exsudât, très-riche en fibrine, se mortifie sous forme diphtbéritique et est éliminé sous forme d'escharre.
La partie liquide de l'exsudat dépourvue de fibrine, n'est pas susceptible d'organisation; les cellules d'épithélium du péritoine qui s'y trouvent suspendues, subissent la dégénérescence graisseuse et se transforment en granules graisseux; les flocons de fibrine peuvent donner du pus; la partie séreuse peut , comme l'exsudat solide^ fournir de Tichor.
Quand l'exsudat est^ mélangé d'une grande quantité de sang (^exsudât hémorrhagiquey, ce dernier passe par les métamorphoses qui lui Sont propres ; la séreuse se couvre d'un enduit de caillots fibrineux lâches et colorés en rouge, qui en général ne s'organisent pas, mais persistent à l'état primitif; dans la cavité du péritoine il reste un liquide, d'abord irougeâtre, plus tard brun ou noir , présentant des granulations pigmentaires suspendues dans le sérum , des cellules granulées colorées et incolores, des flocons de fibrine et assez fréquemment des cristaux de choléstérine.
La quantité de l'exsudat varie de quelques grammes à plusieurs kilogrammes.
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Inflammation chronique. . — La péritonite est rarement chronique dès le début; plus souvent elle .est la continuation d'une inflammation aiguë, ou bien une inflammation des fausses membranes.
Dans la péritonite chronique, dès le début, il se forme un exsudât où la sérosité domine (ascite) , où il se produit seulement quelques caillots fibrineux, qui se rassemblent dans les parties tes plus déclives de la cavité abdominale et forment un enduit qui tapisse la séreuse. Péritoine épaissi , dépoli , d'un rouge grisâtre ou ardoisé; petits vaisseaux injectés. Quelquefois la sérosité est résorbée et la fibrine s'organise en tissu eonjonctif.
Dans les cas où la péritonite chronique est la continuation d'uiie inflammation aiguë , elle présente en général un exsudât riche en fibrine, qui donne lieu à d'épaisses fausses membranes; on trouve, dans ces cas, les anses intestinales soudées entre elles et le grand épiploon ramassé en une corde. Il n'est pas rare alors de rencontrer des adhérences de l'intestin avec l'épipioon et de l'épipioon avec le péritoine pariétal ; par la contraction du tissu eonjonctif néoplastique, les intestins se trouvent quelquefois pelotonnés dans un petit espace; on voit aussi des Joges où sont enkystées des portions d'exsudat.
Dans les autopsies, on admet quelquefois une péritonite chronique, là où en réalité on n^a plus sous les yeux que la métamorphose lente des produits d'une péritonite aiguë.
L'inflammation des fausses membranes déjà formées est d'ordinaire chronique et fournit des exsuda ts très-riches en fibrine , qui donnent lieu à de nouvelles fausses membranes , de manière à déterminer quelquefois un énorme épaisstssement du péritoine. Ces inflammations fournissent volontiers un exsudât chargé <ie sang, car leurs vaisseaux néoplastiques se déchirent facilement.