DES FORTIFICATIONS
Utilité de ces plantations. — Routes, -- Les plantations exécutées sur la partie du sol des routes qui n'est pas absolument nécessaire à la circulation présentent les avantages suivants : Par leur ombrage, elles abritent les voyageurs contre l'ardeur du soleil ; en hiver, lors des neiges abondantes, elles servent de guide et rendent les communications plus sûres; elles sont en outre un ornement.
On a longtemps émis des doutes sur l'opportunité de ces plantations. On a craint qu*elles ne nuisissent à l'entretien des routes en y maintenant une humidité trop considérable. Aujourd'hui la question est résolue d'une manière absolue au profit de ces plantations. On a constaté que ces arbres, plantés à distance suffisante les uns des autres, et conduits de façon à ce que leur tête soit assez élevée au-dessus du sol, étaient beaucoup moins nuisibles qu'une haie vive continue établie de chaque côté et empêchant la circulation de l'air perpendiculairement à l'axe de la route. On a même reconnu que la présence de ces arbres aidait parfois à la viabilité de la route en y entretenant une cer-. taine dose d'hnmidité favorable à la cohésion des matériaux. Il conviendra toutefois , dans certaines circonstances exceptionnelles, de renoncer à ces plantations.
Lorsque, par exemple, la route sera établie sur un sol compacte, imperméable et sous un climat brumeux et humide; ou encore lorsque cette route sera ouverte en tranchée dans un sol glaiseux; ou enfin si cette route est assise immédiatement sur la roche.
Canavx, — Là, ces plantations ne sont pas mbins nécessaires. Elles abritent contre l'ardeur du soleil les attelages employés au
halage; elles servent d'abri contre la violence des vents qui souvent deviendraient un obstacle à la navigation^ surtout dans le Midi; enfin elles diminuent très-notablement les effets del'évaporation et, par conséquent, protègent la masse d'eau nécessaire pour l'entretien de ces canaux.
Chemins de halage, — Les chemins de halage établis sur le bord des grands fleuves profitent aussi de Tombrage de ces plan* talions, et celles-ci servent de guide pour la navigation pendant le temps des inondations.
Les divers avantages que nous venons de signaler pour ces plantations ne sont certes pas sans importance. Nous les considérons cependant comme accessoires si l'on considère ces plantations au point de vue de la production des bois de service. En effet la longueur des routes impériales, stratégiques, départementales et des canaux était en France, en 1851, de 75,700 kilom. En y ajoutant approximativement 300 kilom. pour les chemins de halage sur le bord des fleuves, nous avons au moins 76,000 kil. En admettant que les deux côtés soient plantés d'arbres^espacés de 10 mètres leur nombre s'élèvera à 13,000,000 au moins. Or dans un bois de haute futaie arrivé à Tâge d'exploitation on compte 400 pieds d'arbres par hectare. Les plantations dont nous venons de parler équivaudront donc à 37,500 hectares; c*est environ la vingtième partie de l'étendue des foiêls de TÉtat. La valeur de ces arbres peut devenir considérable s'ils reçoivent des soins convenables, attendu que la végétation se fait là dans des conditions bien meilleures que dans les forêts, où rhumidité du sol, le défaut de lumière nuisent toujours à la qualité du sol. Ajoutons que le bénéfice net donné par l'exploitation de ces arbres sera d'autant plus élevé que ce produit aura été obtenu sur un sol qui ne donnait aucune rente.
Remparts et glacis des places de guerre. — L'utilité de la plantation des arbres de haut jet sur les remparts et les glacis des places fortes a été reconnue en France dès le commencement de ce siècle par le comité des fortifications. Là, ces arbres rendent beaucoup plus difficiles les approches des places et la formation des tranchées par la présence dans le sol de leurs nombreuses racines, et ils procurent une précieuse ressource en bois dans les places menacées d'un siège.
Ces diverses sortes de plantations exigent absolument '. mêmes soins de création et d'entretien^ sauf quelques difréren<soLs de détail sur lesquelles nous nous arrêterons. Nous croyons docEis : devoir les confondre pour étudier leur exécution et les soic'^»»<^A»«n. d'entretien qu'elles réclament. o-aioilicx.
Choix dès espèces. — Les espaces propres à ces sortes c plantations doivent remplir les conditions suivantes : i® les arbr^*» «*■« doivent s'élever suffisamment pour que les branches qui formeif '"""'^ ^' la tête ne soient pas un obstacle à la circulation; /îg. efi/
2<» Leur feuillage devra être ample, abondant^ de façon à pra^''^ [fig. 7 duire un ombrage épais ; W h? "-
3° Ils doivent être rustiques, afin de résister aux accidents [fig. 77) auxquels ils sont parfois exposés, et aussi pour ne pas exiger les[^* ^^9- "^ soins minutieux qu'on ne pourrait leur donner lorsqu'ils cou-mad&l/î vrent de grandes surfaces. Ils devront supporter la transplanta- *^s'>^i« 1 lion dans un âge un peu avancé, ce qui leur permettra de résis- \l^^\ ter plus facilement aux accidents. Enfin, leur accroissement sera Kfeuiiw prompt et vigoureux, afin qu'ils remplissent le plus tôt possible *^ ^^' leur destination ; «
4° Leur bois devra être de bonne qualité, puisque la production de cette matière est un des résultats importants de ces plantations ;
^^ Pour la plantation des glacis des places fortes, ces arbres r»«i« devront avoir des racines plutôt traçantes que pivotantes. A9- 8
6® Il faudra encore et surtout que les espèces choisies s'accom- ^^^ modent du climat, du sol et de l'exposition de la localité à plan- fig. \ ter; car chaque espèce est organisée pour vivre au milieu de certaines circonstances déterminées, hors desquelles elle périt ou reste languissante, et cela malgré les efforts de l'homme pour »•• modifier les lois de la nature. Ce sera donc toujours en vain que ^^^^ Ton voudra faire vivre les arbres du Midi sous le climat du Nord, ceux des terrains légers dans les sols compactes, ou enfin ceux du flanc des montagnes exposés au nord sur les pentes brûlantes du midi.
Nous donnons dans le tableau ci-après la série des espèces qui ^^ remplissent le mieux ces conditions.
4ppropriatioii des espèces à la nature du sol et au climat. — La première condition à remplir pour assurer le
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Fig. tB. - ?ttBB BC
Fiq. 'î. - I(Oï«àsocb*o.
Fil/, m. — Pin de Conc
Fig. M. ~ Sapin épie^i.