CHAPITRE Y
BOISEMENT DES DUNES.
Deseription des dunes. — Les dunes sont des monticules ou collines de sables déposés par la mer sur ses rives et livres à l'action des vents^ qui les agitent, les tourmentent, les. poussent et les repoussent sans cesse.
Toutes les côtes sablonneuses de l'Océan offrent des lignes de dunes plus ou moins étendues^ plus ou moins élevées. Les plus remarquables en France sont celles de la mer du Nord, entre Dunkerque et Nieuport, de la Mancbe, entre Calais et Boulogne ; de l'Atlantique depuis l'embouchure de la Gironde jusqu'à celle de TAdour. Ces dernières occupent en longueur une étendue de 240 kilomètres, sur une largeur moyenne d'environ 5 kilomètres, ce qui donne une surface totale de 120,000 hectares. L'ensemble de ces dunes se compose d'une suite de chaînes parallèles au littoral et séparées par d'étroits vallons désignés sous le nom de lettes. Souvent, cependant, des coutre-forts détachés des dunes au vent par Teffet des tempêtes viennent recouvrir ces lettes et se rattacher aux dunes sous le vent. La hauteur de ces dunes varie de 10 mètres à 100 mètres et les points les plus élevés correspondent toujours à la plus grande largeur de la zone des dunes.
On trouve fréquemment dans les lettes et toujours près du versant oriental des amas d'eau recouverts de couches successives de sable extrêmement fin et que l'on désigne sous le nom de blouses; leur étendue varie de 50 à 100 mètres carrés. On les reconnaît à leur surface lisse, dépourvue de végétation et présentant des signes d'humidité. Ces blotises inspirent une certaine crainte à ceux qui parcourent ces localités... Mais elles n'offrent réellement aucun danger sérieux ainsi que nous avons pu nous en assiu'cr lors de l'excursion que nous avons faite dans cette région en 1857, — L'une de ces blouses s'est crevée sous les
154 BOISEMENT DES DUNES.
pas du cheval que nous montions et nous en avons été quitte pour un bain assez désagréable.
Effets désastreux des dnnes. — La mobilité des dunes est un de leurs caractères essentiels; et cette mobilité menace sans cesse d'envahir et de détruire les cantons cultivés et les villages que les dunes dominent. — C'est ainsi que, dans la Gironde^ les bourgs de Bias et de Lacanau ont été envahis^ le premier par les dunes^ le second par les eaux d'un étang refoulées par ces mêmes dunes^ et qu'ona été obligé de les reporter à plusieurs kilomètres en arrière. D'après l'ingénieur Brémontier, la marche annuelle des dunes de l'ouest à Test serait de 20 mètres. — D'après M. Laval, ingénieur des ponts et chaussées, cette marche ne serait que de 5 mètres seulement.
L'envahissement des terres cultivées et des habitations n'est pas le seul désastre qui résulte de la présence et de la marche des dunes. Ces monticules de sable arrêtent complètement l'écoulement des eaux qui se rendent du revers occidental du plateau des grandes landes vers la mer. Ces eaux s'amassent alors au pied de la chaîne orientale des dunes et forment là d'immenses étangs qui débordent bientôt faute d'écoulement et transforment en vastes marais les propriétés voisines.
Enûn ces marécages infects développent dans toute la contrée des fièvres endémiques qui déciment une population chétive et clair-semée.
Fixation des dunes. — Les habitants exposés à ces divers fléaux durent chercher dès le principe qui se perd dans la nuit des temps à arrêter le progrès de ces dunes, ainsi que semblent le démontrer les forêts delà Teste et deBiscaros qui sont établies de temps immémorial sur d'anciennes dunes. — Mais ces procédés de fixation paraissent avjDlr été oubliés ou négligés, sans doute vers le cinquième siècle de notre ère, à la suite de l'invasion des barbares. — Ce n'est qu'en 1780, et après les plaintes réitérées des communes menacées, que le célèbre Brémontier publia sur cette question un mémoire qui attira vivement l'attention publique ; et ce fut seulement en 1787 qu'on mit ce savant ingénieur à même d'appliquer ses procédés pour la fixation de •*ines placées dans le voisinage de la Teste. — Depuis cette époles moyens de boisement proposés par Brémontier n'ont
cessé d'être appliqués avec le plus grand succès sur une grande partie de nos dunes françaises, et notamment sur celles de Gascogne. Ce procédé consiste en résumé à transformer toutes ces surfaces, au moyen de Tensemencement, en forêts de pin maritime (fig. 92) oupt^nckfo^. Mais la mobilité des sables, sans cesse soulevés par les vents, rendait impossible le succès de ces semis si l'on ne trouvait pas le moyen de fixer en même temps la surface des dunes jusqu'au moment où les jeunes pins auraient acquis un développement suffisant pour fournir au sol un abri naturel. C'est surtout dans l'emploi de ces moyens que consiste le mode de boisement imaginé par Brémontier, et que nous allons décrire avec les améliorations qu'une longue expérience apermis d'y apporter et que nous avons étudiées sur place en 1857. Orientation de la base (Topération, ^ Les sables rejetés par la mer et déposés sur le littoral sont sans cesse soulevés par les
E Fig. ibi. Orientation de la base d'opération.
vents dominants et entraînés dans la direction même de ces vents. D'où il résulte que, pour empêcher les jeunes semis destinés à fixer ces sables d'être entièrement couverts, il convient de commencer les opérations de fixation sur la limite des dunes les plus rapprochées des vents dominants. En procédant ainsi, cette première zone étant fixée, elle servira d'abri pour la nouvelle zone que Ton ensemencera, et ainsi de suite jusqu'à la limite opposée des dunes. Prenons comme exemple les dunes
tS6
BOISEMENT DES DUNES.
du golfe de Gascogne. La direction générale du littoral est du nord au sud (fig. 152). Les vents dominants soufflent du sudouest^ de Touest et du nord-ouest. Les opérations de fixation doivent donc s'appuyer sur une première ligne de déCense S. N. parallèle au littoral; on procède enéuite par zones successives de Touest à Test. Quant à la direction à donner aux flancs des surfaces ensemencées^ il est utile de les arrêter suivant les lignes A et B parallèles aux vents du sud-ouest et du nord-ouest; une palissade en clayonnage établie sur ces deux lignes sufGt alors parfaitement pour défendre les semis contre l'envahissement latéral dçs sables. Pour les dunes de Gascogne ^ la fixation des sables devra donc commencer par un premier ensemencement compris dans un triangle isocèle {fig, 1 52), dont la base s'appuiera à l'ouest sur le littoral et dont le sommet s'arrêtera à la limite orientale des dunes. Cette première surface étant fixée, on entreprend une nouvelle zone de chaque côté parallèle aux lignes A etB ^n prolongeant de chaque côté la ligne de défense S. N. et en établissant sur le flanc de chaque nouvelle zone ensemencée une ligne de clayonnage parallèle aux premières lignes A et B. Toutefois^ si ce mode d'opérer oppose assez rapîdement un
i^0r. 1^3. . Autre orieAtation dé la base d*op6]^ft<ion<
obstacle au passage des sables du littoral vers les dunes les plus éloignées de la mer^ cela retarde le moment où la marche de ces dunes vers les terres cultivées et les habitations sera arrêtée,
puisque d'après ce système elles sont fixées en dernier lieu. Aussi^ dans quelques circonstances^ on a été obligé de courir au plus pressé et de suivre un ordre inverse, afin de garantir immédiatement, du côté de Test la plus grande étendue possible des terres en culture. Ainsi la base d'opération s'appuie sur la la ligne A B [fig. 153), située sur la limite orientale des dunes, et la surface ensemencée comprend ainsi un triangle isocèle dont le sommet s^arrête sur le littoral. Malheureusement ce second système est beaucoup plus coûteux et moins efficace que le premier. Dans ce cas, eti effet, le flanc des semis est frappé perpendiculairement par les vents les plus intenses, ceux du sudouest et du nord-ouest; on est alors obligé, pour les garantir, d'établir sur ces deux côtés une ligne de palissades en planches qui demandent de très-fréquentes réparations, et qui, néanmoins, ne garantissent pas toujours suffisamment les semis au moment des tempêtes. Il conviendra donc de n'avoir recours à ce mode d'opérer que dans les cas d'urgence.
Procédé de fixation, — Les procédés de fixatioji varient suivant la position des surfaces sur lesquelles on doit opérer. On doit les partager en trois classes : 1^ la première zone comprise entre la laisse des hautes marées et le pied des dunes, et qui, presque plane comprend une largeur d'environ 300 mètres ; 2^ les dunes proprement dites ; 3*^ les lettes ou surfaces horixontaies existant au fond des vallons formés parles dunes; ces lettes, dont la surface est solide, sont couvertes d'une végétation herbacée plus ou moins abondante.
!• Première zone, au bord de la mer. — C'est sur cette première zone que les sables sont sans cesse poussés par la mer ; ils y glissent sans s'y arrêter et sont poussés par les vents sur les dunes situées en arrière. C'est donc cette première zone qu'il convient de fixer d'abord, comme nous l'avons dit plus haut, afin d'empêcher les sables d'abandonner la plage et de prévenir ainsi les dégâts qu'ils pourraient faire au delà, dans les semis trop jeunes pour résister à leur envahissement.
Cette première zone est donc fixée au moyen d'un semis; mais celui-ci ne réussira jamais si l'on n'empêche l'arrivée continuelle des sables rejetés par la mer. On procède donc ainsi : à 15 ou 20 mètres en avrière de la laisse des plus hautes marées, on éUblit
I&S BOISEMENT DES DUNES.
nne palissade conlinue parallËle à la ligne S, N {fig. 1S2). Cette naiieende SB compose de plane pins de i^jeo de ion- , de (P,03 d'épaisseur et ,15 à 0~,25 de largeur.
sse enire chaque plan- 1 vide de 0",02. Pour ces planches on ouvre anchde de 0",40 de proir dans le fond de taon enronce encore de les planches pcéalableiffulées; ainsi enterrées }0, on les chausse avec le provenant de la Iranet l'on régularise leur
sable chassé par le vent e bientôt contre cet obstacle; il forme une petite dune arlificielle qui défend les travaux de fixation employés pour cette première ïone. On a tenté de fixer les sables de cette zone à l'aide d'un semis de pin maritime.
La germination se fait bien, mais bientôt les jeunes plants sont brîl' lés par le vent salin.
Ils ne commencent à résister à celte influence qu'à 300 mètres environ du bord de la mer. On n'a donc ^ trouvé d autre mojen
FIXATrON DES DUNES. IS9
pour fixer cette surface qu'en y plantant et en y semant une espèce de graminée à racine trës- Iraçante qui croît d'ailleurs à l'état spontané sur tous ces sables dès qu'ils acquièrent un peu de fiiilé. Cet le plante, connue sous le nom de GouTbet, est VElymtts amaTius{fig. 134).
On procède ainsi au semis et à la plantation du gourbel : — Pendant les mois dé récrier el de mars on sème à la volée les graines de celte plante recueillie dans le voisinage, et cet ensemencement est fait dans la proportion de 6 kilog. de graines par hectare. Elle se recouvrira naturellement par le piétineroenl des ouvriers occupés à la plantalion des toufTes.
Immédiate m enl après, on procède à la plantation. — Les touff'es de gourbet sont prises dans les taia voisines ; on choisi! les plus belles touiïes composées d'au moins cinq à six brins. On n'en extrait chaque jour que la quantité que l'on pourra emplojer le jour mBme ou le lendemain. — Ces touffes sont réunies en Iwltes que l'on pose debout et que l'on cbaussc de sable sur O^.as à 0",30 de hauteur, afin d'entretenir la fraîcheur des racines.
On procède de même en les déposant sur le lieu oit la plantation doit âtre faite, jusqu'au moment de leur emploi.
s DUNES.
Pour planter ces touffes, on tes introduit dans des trous duO'iSS à O^jSO de protondeur, dialants de 0'°,SO, disposés en quinconce ; ces toulTes sont ensuite garnies de sable Tortement comprimé. — On emploiera ainsi par hectare 300 bottes de f ourbetde tO kilog. chacune.
Le pri>cédé de fixation que nous venons de ddcrire et qui a été imt^iné par H. Gouiy, inspecteur divisionnaire des ponts et chaussées, est le seul qui, jusqu'à présent, ait donné des résultats satisfaisants pour la première zone dont nous nous occupons. Toutefois ce mode d'opérer ne donne pas aux sables l'immobilité complète qu'on pourrait obtenir par le semis d'une plante ligneuse. Or nous pensons que tous les essais à cet égard n'ont pas été tentés. Deux espèces ligneuses pourraient être employées dans cette circonstance avec de grandes chances de succès. Cesont le tamarix {tamarix gatlica) (fig, tSS) etl'arjfou-
Fig. IS«. — Argoinier {hippofhai rkamiuîda). .
iier{hippopluieTkamno'i'def) {fin. 1 56) qui tous deui croissentà l'état
sauvage dans les sables maritimes et jusque dans l'eau de mer.
Le tamarix, qui se multiplie très-racilement de bouture, pour-
PIXATION DES DUNES. 161
rait être planté entre les touffes de gourbet, à l"' d'intervalle^ sous forme de fragments de jeunes rameaux longs de 0*^^50 et enfoncés dans le sable à la profondeur de O'^^SS.
Vargousier développe de longues racines traçantes sur lesquelles apparaissent des rejets nombreux. 11 produit aussi une grande quantité de graines qu'on pourrait semer eu pépinière pour planter les jeunes plants^ à l'âge de deux ans^ entre les touffes de gourbet. On pourrait également répandre les graines sur place avant la plantation du gourbet. — Nous avons rencontré cet arbrisseau à l'état sauvage sur les petites dunes placées dans le voisinage de l'embouchure de la Dive sur les côtes du Calvados. Là il couvrait entièrement ces sables et portait alors, en août, une très-grande quantité de fruits.
2*^ Dunes proprement dites, — Le meilleur mode de fixation pour les dunes proprement dites est, à coup sûr, le semis de graines de pin maritime. Mais il fallait en même temps arrêter sur ces surfaces le déplacement des sables qui auraient enseveli les graines ou mis à nu les racines des jeunes plants. L'ingénieur Brémontier^qui a imaginé ce mode de fixation, a obtenu ce résultat en couvrant de branchages toute la surface du sol ensemencé.
Voici comment on procède à ce mode de fixation : — on établit d'abord sur les deux flancs de la surface à ensemencer, suivant les lignes A et B (fig. 152) deux cordons destinés à défendre les jeunes semis contre renvahissemcnt des sables chassésr parles vents du sud-ouest et du nord-ouest. Ces cordons doivent s'appuyer sur la palissade S N, située au bord de la mer, et se prolonger un peu au delà de la limite de la surface à ensemencer; ces cordons de défense se composent d*un clayonnage fait au moyen d'une série de piquets enfoncés dans le sol et de branches tressées sur ces piquets. Ces piquets ont une longueur de 2",50, un diamètre de 0"^,05 à 1°*,50 au-dessus de leur base; ils sont p^arfaitement droits. On les enfonce dans le sol à 0™, 50 de profondeur en laissant entre eux un intervalle de 0°,50. On tresse sur ces piquets des branches de pin ou de genêt. — On emploie ainsi 75 bourrées du poids dç20 kilog. pour 100 mètres de longueur. On ne clayonne d'abord que sur un mètre de hauteur à partir du sol. Le surplus est destiné à être tressé quand la partie in-
rérieure sera ensablée. — Les matériaux employés pour ce travail sont pris dans les parties voisiDes déjà flïées, dont les semis sont âgés de six à sept ans.
Ce travail terminé, on procède alors au semis. — Cette opération est faite autant que possible du 1" octobre au 30 avril. — L'easemencement se compose dii mélange de graines suivant : pour un hectare :
Ces graines doivent être de trèsbonne qualité. — Les graines de pin ne doivent pas peser moins de se kilog. par heclol., et, immergées dans l'eau, elles seront réputées mauvaises s'il en surnage un quart.
Ces graines sont répandues à la volée. Aussitôt qu'une certaine étendue est ensemencée, on procède immédiatement à la fixation du sable en couvrant toute ta surface d'une couche continue de branchages. Ces branchages sont fournis par les anciens semis. Les branches ont à leur base un diamètre de 0",03 au plus. EH«8 doivent être bien droites; on redresse celles qui sont difformes à l'aide d'une entaille à mi-bois foilc avec un instrument tranchant. En outre, ces branches
devront être plates, afin qu'on puisse les bien appliquer sur le sol ; pour cela on coupe avec un instrument tranchant les ramilles placées en dessus ou en dessous.
Ces branches sont successivement posées sur le sol les unes à côté des autres^ de façon à ce qu'elles se joignent et en dirigeant la base vers la mer. On en forme ainsi une première ligne parallèle à la ligne S N {fig. 152), mais placée sur la limite opposée de la surface ensemencée. On consolide ensuite ces branches contre l'action du vent en les couvrant de place en place par du sable jeté à la pelle et formant à chaque point une épaisseur de 0",06. — Ce premier rang de branches ainsi fixé, on en applique un autre de la même façon et de manière à ce que l'extrémité de celles-ci recouvre la base des premières de 0",40 environ, puis on les fixe de même, en procédant de cette façon jusqu'à la limite opposée de la surface ensemencée. On doit employer pour ce procédé 750 bourrées de branchages de 20 kilog. chacune par hectare.
Ce mode de couverture fait partie du procédé de boisem ent de Brémontier, sauf quelques améliorations apportées dans la disposition des branchages. M. l'ingénieur Goury a proposé de protéger autrement les semis. 11 remplace les branchages couchés à plat sur le sol par des branches de pin, et surtout d'ajonc ou de genêt, placées dans une position verticale, suffisamment enfoncées dans le sol à 0",60 d'intervalle et disposées en quinconce. Cet abri rompt parfaitement aussi Faction des vents. 11 réussit surtout très-bien pour les dunes élevées les plus éloignées de la mer. Il ofire d'ailleurs une économie de moitié dans la quantité de branchages à employer. Il sera donc d'un grand secours lorsque les ateliers de boisement seront très-éloignés des lieux d'extraction de ces bourrées.
3* Lettes, — Ces surfaces, occupant le fond des vallons compris entre les diverses dunes, sont naturellement fixées par le gourbet qui y croît en abondance. Toutefois il est utile d'y faire des semis de pins, afin d'augmenter la quantité de branchages destinés aux couvertures, et aussi pour mettre ces matières premières plus à la portée des ateliers de boisement. — Mais il conviendra de défendre le pâturage sur ces points, sous peine de voir les jeunes plants dévastés par la dent des bestiaux.
164 BOISEHEM DES DUNES.
On procède ainsi au semis des lettes : onouvreà0'"^25lesunes des autres, et en quinconce des fossettes ayant au moins 0",10 de profondeur. On introduit au moins deux graines de pin dans chaque fossette, puis on remplit à mesure celle-ci en y ramenant le sable qui en a été extrait et on tasse avec le pied. — On emploie ainsi 6 kilog. de graines par hectare. Les couvertures ne sont pas nécessaires pour ces sortes de semis.
Travfiuz d'entretien. — Dans leâ semis bien protégés par les procédés indiqués plus haut, les jeunes pins n'atteignent guère qu'une hauteur de 0°*,05 à la fin de la première pousse, de 0'»,10 à 0'",15 à la fin de la deuxième et de 0«,30 à 0",45 à la fin de la troisième. C'est le moment où les branchages desséchés, surtout ceux du pin, tombent en poussière; mais alors la racine a atteint la profondeur où Thumidité est constante en été, et tout est sauvé. Les jeunes pins prennent alors un accroissement rapide et trois ou quatre ans après ils ont atteint une hauteur de 5 mètres et plus. C'est vers cette époque qu'on peut les utiliser avec le plus d'avantage, au moyen d'éclaircies, pour la couvert ture des nouveaux semis.
Toutefois, les travaux de défense que Ton a exécutés exigent des soins d'entretien pendant cette première période. La ligne de palissades en planches établie de S en N (fig, 1 52) est parfois renversée par la violence des tempêtes ; il convient alors de la relever et de la rétablir. — Le plus souvent aussi, le sable accumulé par lèvent au pied de cette palissade, s'élève rapidement en formant une petite dune et dépasse bientôt le sommet de lapalissade ; il devient alors nécessaire de rétablir celle-ci au sommet de cette ligne et de répéter ce travail, jusqu'au moment où il en résulte une dune assez élevée pour protéger les semis faits en arrière.
Les cordons de défense établis sur les flancs des semis, en A et en B (/î^. 152), et que Ton n'a tressés d'abord que jusqu'à la hauteur d'un mètre, arrêtent aussi les sables qui, s'y accumulant sans cesse, finissent par les couvrir. U faut alors tresser de nouveau jusqu'au sommet des piquets.
Enfin on regarnit de gourbet les espaces où la plantation n'a pas réussi, et l'on fait de nouveaux semis là où le premier ensemencement a manqué.