‹ Manuel d'archeologie etrusque et romaineChapitre 5 sur 110 · URNE CINÉRAIRE V I L L A N O V I E N N E · texte numérisé non relu

URNE CINÉRAIRE V I L L A N O V I E N N E

ecuelle retournée.

, , . (Musée de Bologne.)

L argue de ces poteries

diffère peu de celle des tessons recueillis dans les terramares. Elle est cependant d'un grain plus compact et d'une façon plus soignée. La surface n'est pas vernie, mais polie et lustrée. Quant à l'ornementation, elle est

I. On en trouve aussi les traces en Hongrie. (Undset, da'i erste Auftreten des Eisen in nord-Europa, p. 37.)

ARCHEOt. ETRUSQ.UE.

i8 ARCHÉOLOGIE ÉTRUSQUE ET ROMAINE.

toujours géométrique. Elle consiste en rubans horizontaux formés chacun de deux ou trois raies parallèles, entre lesquels se développe soit une rangée de points ou d'étoiles ou de petites croix, soit une suite de triangles, soit un méandre d^un dessin plus ou moins compliqué. Le tout est tracé en creux à la pointe. Ces ornements ne couvrent jamais tout le vase ils se divisent en deux zones distinctes, Pune au sommet du vase, près du col, Pautre au milieu de la panse. Il y a là sans doute un souvenir figuré des morceaux d^étoffe, des tresses de ficelle ou des cordons de laines multicolores dont on garnissait les vases à Torigine pour les suspendre ou seulement pour les orner.

Cette urne, ainsi décorée et surmontée de son couvercle, servait à enfermer les cendres d^un mort. On la plaçait dans une fosse carrée ou hexagonale dont le fond et les parois étaient revêtus de dalles ou de gros galets posés à plat et formant un mur en pierres sèches. Tout alentour étaient déposés d'autres vases de dimensions réduites et quelques-uns des objets qui avaient appartenu au défunt.

Ces objets sont très variés. On y remarque d'abord beaucoup de petits cylindres en terre cuite, semblables à nos bobines et destinés sans doute au même usage : telle tombe en contenait jusqu'à trente. Avec eux se trouvent parfois de petits cônes en terre cuite qu'on croit avoir servi de poids pour tendre les fils pendant le tissage. Les populations de Villanova se livraient donc à la culture et à l'industrie du lin et du chanvre. Or il est à noter que le Bolonais, qui est la région où elles se sont s développées, est encore aujour-

LES PLUS ANCIENS MONUMENTS. 19

d'hui renommé pour son chanvre et ses ouvrages de corderie.

Les armes sont rares : Tusage n^était pas de les ensevelir avec le mort, peut-être parce que les dimensions restreintes de la tombe ne s**/ prêtaient pas. Les armes qu'on y recueille sont des armes en miniature, de petites haches, par exemple, réductions fabriquées sans doute en vue d'une destination funéraire. C'est ainsi qu'en Grèce on faisait pour les tombeaux des bijoux légers, sans consistance, qui n'avaient des vrais bijoux que l'apparence.

Les populations de Villanova aimaient les chevaux. Il n'y a guère de sépulture un peu riche qui ne contienne au moins un mors, presque toujours deux, et, avec ces mors, des boucles, des boules en pendeloque, quelquefois des grelots et différentes pièces métalliques jadis fixées au cuir du harnachement, ainsi que l'aiguillon qui servait à piquer l'attelage : c'est une douille terminée en pointe qu'on emmanchait au bout d'un bâton.

Ce qui domine dans les sépultures villanoviennes, ce sont les objets relatifs au costume et à la toilette des hommes et des femmes, bracelets, colliers, chaînettes, épingles, rasoirs et fibules. Les

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