I. Mémoires de l'Académie des hiscript. et Belles-Lettres
ji8 MANUEL D'ARCHEOLOGIE GRECQUE.
décrites par les auteurs, ou en découvrir des copies parmi les marbres de nos musées; cette méthode est aujourd'hui d'un usage général. Appliquée soit aux statues, soit aux monuments de l'architecture ^, elle a fourni les résultats les plus féconds, par la comparaison des types monétaires avec les descriptions des auteurs et avec les monuments figurés.
Considérées en elles-mêmes, les médailles offrent encore un vif intérêt pour l'histoire de l'art. Elles forment une série chronologique, riche et variée, où l'on peut suivre avec certitude les progrès et la décadence du style. A ce point de vue, on peut classer les médailles par grandes périodes, correspondant aux principales époques de l'art grec, et il ne sera pas inutile d'indiquer pour chacune de ces divisions les types monétaires les plus remarquables.
1. Les plus anciennes monnaies grecques d'argent paraissent dater de l'olympiade vni. C'est à Pheidon, roi d'Argos, que les textes anciens font remonter l'invention du monnayage. Les ateliers monétaires frappent alors des pièces de forme irrégulière, ayant l'aspect de petits lingots, dont la face convexe porte seule un emblème ; le revers est marqué d'une empreinte carrée et creuse, trace du carré {quadratum incusum] qui servait à maintenir la pièce pendant la frappe. Les emblèmes sont peu compliqués. C'est la tortue à Egine, l'abeille à Éphèse, le Pégase ailé et la lettre coppa, à Corinthe, le Gorgonéion à Athènes, le bouclier sur les pièces
I. Voir Donaldson : Architectura numismatica. Cf. Lenormant : La Numismatique et l'Architecture : Rev. géncr. de l'architect. 1877.
NUMISMATIQUE ET GLYPTIQUE
Fl G. I 2 O.
MONNAIE d'argent D'aTHÈNES,
(Du plus ancien style.)
béotiennes. Aucune légende n'accompagne rcmblcmc sur les monnaies primitives.
II. Entre 5 80 et 460 av. J. C.,lcs progrès de Tart se font sentir dans le travail des monnaies. Aux emblèmes très simples du premier âge succèdent des têtes de divinités , des personnages mythologiques, tandis que le carré du revers se remplit peu à peu de lettres et de sujets figurés. Telles sont,
par exemple, les monnaies d'Egine du style de transition, où la face porte la tortue avec les lettres A I, tandis que le revers offre le carré creux, avec un dauphin et les lettres I N Ai[-f]iv[aTàv). On peut suivre ce progrès sur les monnaies d'Athènes; celles de Solon et de Pisistrate offrent encore au revers le carré creux, divisé par des diagonales, et, sur la face, des emblèmes tels que la tête de Gorgone, la moitié de cheval, la roue. Après Pexpulsion des Pisistratides, on voit apparaître la tête archaïque d'Athéna, que les pièces athéniennes conserveront longtemps encore; ce type est traité dans le style le plus archaïque : Toeil est figuré de face, et le^ lignes énergiques du profil ont une grande dureté. Sur le revers prend place la chouette,