BRONZE REPOUSSÉ
Il est souvent difficile de déterminer avec exactitude le mode d'emploi des bas-reliefs en bronze repoussé, qui forment une série intéressante parmi les objets en métal. Servaient-ils d'appliques pour décorer des meubles ; appartenaient-ils à des pièces d'armures, ou ces plaques de métal, souvent très minces, étaient-elles destinées à être cousues sur des étoffes ou sur des lanières de cuir? Toutes ces hypothèses sont vraisemblables, et elles sont justifiées par la technique de ces plaques métalliques, souvent garnies de trous qui servaient à les fixer.
C'est encore la collection Carapanos qui a le plus contribué à enrichir cette classe de monuments*. Nous citerons dans le nombre une plaque au repoussé qui faisait peut-être partie des lambrequins d'une cuirasse. Le sujet reproduit une scène souvent traitée sur les vases peints et sur les ex-voto de marbre : la dispute d'Apollon et d'Héraklès pour la possession du trépied de Delphes. Les deux divinités sont traitées dans le style hiératique conservé par tradition; mais la pureté de lignes des profils et l'aisance des contours montrent que l'archaïsme est affecté ; le travail est fort soigné et trahit le style du iV siècle. S'il fallait démontrer quel souci du beau les Grecs apportaient jusque dans les