‹ Manuel d'archéologie grecqueChapitre 42 sur 157 · LES STADES · texte numérisé non relu

LES STADES

Les ruines de théâtres sont fréquentes en Grèce et en Asie Mineure ; on voit encore les traces plus ou moins complètes des théâtres de Tlos, de Patara, de Kaunos, de Telmissos, de Cnide en Asie Mineure, et de Sunium, d'Epidaure, d'Argos, de Sparte, etc., pour ne citer que les plus importants. Nous prendrons pour type le théâtre de Dionysos à Athènes, qui offre avec des particularités intéressantes, les dispositions usitées dans ce genre de constructions. Le théâtre de Dionysos est connu depuis les fouilles exécutées en 1862 par un architecte allemand, M. Strack. Situé à l'angle sudest de l'Acropole, il était adossé au flanc du rocher, où sont taillés une partie des gradins, et dominé par le mur sud de l'Acropole. C'est ainsi que le

I. Wieseler : Theatergebaude. Otfried Mûllcr : Histoire de la littérature grecque. O. Benndorf : Beitraege ^ur Kentniss des Aitiscbes Theaters.

montre une me'daille d'Athènes, où le graveur n'a pas ne'gligé d'indiquer la perspective grandiose qu'offre ce côté de l'Acropole ; le rocher percé d'une grotte, la muraille qui court au sommet du roc, et au-dessus le faîte majestueux du Parthénon. La disposition intérieure du théâtre de Dionysos semble avoir servi de modèle pour les autres édifices grecs de ce genre ; aussi suffirat-il de la décrire brièvement pour donner un aperçu des théâtres grecs en général. Cette construction comprend trois parties essentielles : 1° la scène; 2° l'orchestre; 3° les gradins réservés aux spectateurs..

La scène a été remaniée plusieurs fois, d'abord au temps d'Hadrien, et ensuite, sous Septime-Sévère par un architecte nommé Phasdros; ces modifications avaient pour objet de donner plus d'ampleur à cette partie, aux dépens de l'espace occupé par l'orchestre. On ne s'occupera ici que de la scène hellénique, dont les murailles, en bel appareil, sont encore visibles ; elle date de l'administration de Lycurgue (33o av. J.-C). C'est à ce moment que le grand orateur, chargé de diriger les finances de la république athénienne, termine les travaux du théâtre, commencés en 496 (ol. lxx") par des architectes dont on ignore les noms. Cette scène était fort reculée, et laissait à l'orchestre tout son développement. Elle comprenait, comme toutes les scènes grecques, deux parties : un espace rectangulaire (xo-veTov) où parlaient les acteurs et le fond (ax.r.vvi) avec un mur percé de trois portes ; celle du milieu s'appelait porte royale. Sur les deux ailes en retour de la scène étaient deux autres portes, dont l'une était censée donner sur la campagne, l'autre sur l'agora. La tragédie se jouait au

po MANUEL D'ARCHEOLOGIE GRECQUE.

milieu de décors permanents dont on a retrouvé les restes : des fragments de colonnes doriques, d'architraves, de frontons, formaient cette décoration, d'un caractère simple et architectural. D'autres décors peints étaient disposés sur le mur du fond. Quant aux machines compliquées, servant à figurer des apparitions, ou à produire les changements qu'exigeait la mise en scène , elles étaient renfermées dans un dessous (Û77c(r/.r/nc'j) , divisé en compartiments séparés et dont les fouilles du théâtre athénien ont fait connaître l'aménagement. La scène, d'un niveau plus élevé que Torchestre (i"',5o environ), était soutenue par un mur décoré de sculptures. On a retrouvé le mur de la scène reconstruite par Pha^dros. Des figures de satyres agenouillés, formant cariatides, soutiennent le proscé- 7iiiim\ et entre ces figures, l'intervalle est rempli par des bas-reliefs représentant des scènes de la vie de Dionysos. Au centre, un escalier fait communiquer le Xq-cT&v avec l'orchestre.

Cette partie du théâtre, qui sépare la scène des gradins, a la forme d'un hémicycle, pavé de dalles de marbre. Au centre s'élevait l'autel de Dionysos (0'ju.saï.), autour duquel évoluait le chœur, à la suite du coryphée. Le pourtour demi-circulaire est dessiné par la première rangée des gradins, qui s'élèvent en amphithéâtre, divisés en compartiments par des escaliers (xwjAxxis;). Les gradins ont sans doute été refaits sous Hadrien, car le nombre des compartiments (/.ïp^ùîc;) est de treize ; c'est le chiffre des tribus attiques sous cet empereur. La première rangée de sièges était réservée aux prêtres et aux archontes, qui avaient le droit deproédric;

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