Homolle : Bull, de corr. hellénique, 187g; pL II-III
2. Benndorf : Die Metopcn voii Selimint. l.a. date de ces sculptures peut se placer aux environs de la l* olympiade.
no MANUEL D'ARCHEOLOGIE GRECQUE.
que nous avons retracée : les formes sont lourdes et
PIC. 2Ç, PERSEE TUANT t\ GORGONE.
Métope de Sclinonte.
massives, la saillie des muscles est exagére'e et les figures,
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dont les yeux sont gros et obliques, accusent les procédés d'un art primitif. Le sculpteur a accentué dans le visage de la Gorgone Texpression de laideur; c'est là une de ces figures d'épouvante chères aux premiers artistes. Si l'œuvre est déjà grecque, elle rappelle encore, par ses proportions courtes et ramassées, les bas-reliefs assyriens. Ces sculptures étaient peintes, suivant un usage qui s'est conservé longtemps, et qui semble avoir duré pendant toute la période archaïque.
C'est dans un style analogue que sont traités de curieux bas-reliefs du musée de Sparte, trouvés aux environs de la ville. Deux de ces reliefs occupent les faces principales d'un monument rectangulaire, et montrent, l'un, Oreste revoyant sa sœur Electre, l'autre, le meurtre de Clytemnestre par son fils. Les personnages, sont courts et trapus, leurs gestes gauches, l'attitude d'Oreste dans les deux scènes est presque identique : on sent que le ciseau du sculpteur manque de la souplesse nécessaire pour varier les mouvements. Deux autres bas-reliefs du même musée, trouvés à Khrysapha, représentent des dieux : Asclépios et Hygie, assis sur des sièges figurés avec soin, la chevelure disposée par boucles symétriques, reçoivent les offrandes de personnages qui leur apportent un coq. Le style du relief est sec ; l'aspect en est dur, et la rigidité des attitudes dénote encore la gaucherie naïve de cet art primitif.
Il serait intéressant de pouvoir rapporter à une date précise et à une école déterminée quelques-unes des œuvres conservées. Peut-être doit-on attribuer à l'école de Dipoinos et de Skyllis des fragments de statues découverts à Actium et donnés au Louvre. On
Fie. 30. — l'apolIon de ténéa, (Munich.)
aurait ainsi un exemple du progrès accompli sous l'influence de ces maîtres. Ce n'est là qu'une hypothèse; mais ces statues occupent leur place dans une série de curieux monuments, qui montrent quels progrès fit faire à la sculpture, vers le milieu du vi"= siècle, Pétude du corps humain dans les statues d'athlètes; nous voulons parler des statues archaïques représentant Apollon. La plus ancienne paraît être celle de l'Apollon deThéra,dont l'aspect concorde de tous points avec la description que fait Pausanias de la statue de Tathlète Arrachion. C'est bien la même attitude : les bras collés au corps, les jambes à peine séparées ; le détail des muscles est faiblement indiqué, et la figure souriante a une expression hébétée. On ne se tromperait pas de beaucoup en fixant la date de cette statue vers 56o. L'Apollon d'Orchomène diffère à peine de celui de Théra la pose est
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la même, mais il y a déjà un effort pour indiquer plus énergiquement la musculature de la poitrine. Viennent ensuite les statues du Louvre, qui marquent un nouveau progrès. Vers ce temps, la multiplicité des portraits d'athlètes conduit les seulpteurs grecs à étudier de plus près Tanatomie, et les résultats apparaissent dans la statue de rApollon de Ténéa, conservée au musée de Munich. Un souci plus grand du détail anatomique, des proportions plus élancées, un certain évidement entre les bras et le corps annoncent un art plus avancé mais Pattitude est raide, et le visage empreint de l'éternel sourire des statues archaïques, n'a aucun caractère individuel. Le progrès porte surtout sur les formes du corps; quant à la figure, elle exige pour être traitée savamment un art encore inconnu des maîtres primitifs.
Ces œuvres appartiennent aux écoles doriennes. Il faut, au contraire, rapportera une école ionienne les dix statues qui décoraient l'avenue des Branchides, à Didymes, et qui sont aujourd'hui dans la salle lycienne du musée Britannique. Les inscriptions qu'on y lit permettent de les dater de la lx" olympiade environ; témoignage précieux, si l'on songe à l'incertitude ou l'on reste trop souvent sur la date précise des monuments grecs. Ces figures, au premier aspect, rappellent le style assyrien. Elles représentent des personnages assis sur des sièges à dossiers élevés; les jambes sont rapprochées, . et les mains posées sur les genoux. Telle est l'uniformité du style, que ces figures semblent avoir été exécutées d'après une règle ou canon, sans que rien accuse la personnalité du sculpteur.
Les statues des Branchides n'ont rien de grec au premier abord; c'est que les côtes grecques de l'Asie Mineure sont directement en rapport avec les peuples de la Phrygie et de la Lydie, qui servent d'intermédiaires entre l'Assyrie et les Hellènes d'Asie. Aussi les rares monuments de l'art trouvés dans la Grèce asiatique pour
FIG. 3t.