‹ Manuel d'archéologie grecqueChapitre 6 sur 157 · PI G. J. DOUTON EN OR REPOUSSE, TROUVE A MYCÈNES · texte numérisé non relu

PI G. J. DOUTON EN OR REPOUSSE, TROUVE A MYCÈNES

(Extrait du Mycèiies du D' Schliemann.)

dans les tombeaux; or Torigine locale de ces vases ne saurait être douteuse.

On ne peut guère croire, avec M. Schliemann, que les tombeaux découverts par lui sont ceux d^Agnmemnon et de ses compagnons, assassinés par Égisthe etparClytcm-

i8 MANUEL DARCHE'JLOGIE GRECQUE.

nestre. Il est toutefois vraisemblable que ces monuments datent du temps de la domination achéenne dans le Péloponèse. Otfried Mûller a prouvé que la race achéenne, aux temps héroïques, a occupé la plus grande partie du Péloponèse et de la Thessalie; et elle est déjà citée sur les monuments égyptiens du xiv« siècle avant notre ère. Quand, sous le règne de Merenptah, les peuples méditerranéens font des tentatives contre l'Egypte, les Achéens se joignent à ce mouvement; ils figurent dans «ne inscription de Karnak, sous le nom facilement reconnaissable d' « Akaios », à côté des Tyrrhéniens, des Sicules, des Sardhanes et des Leka, ou Lyciens. La civilisation de ce peuple est empreinte d'une grandeur barbare ; l'or est prodigué dans les sépultures des chefs achéens de Mycènes. Mais on est loin encore de Tépoque homérique; deux siècles au moins séparent Vart mycénien de celui que décrivent les poètes homériques. Le's objets travaillés par les rudes orfèvres mycéniens peuvent se comparer moins aux œuvres grecques de la période suivante, qu'aux bijoux trouvés dans les sépultures barbares de la vallée du Danube, en particulier à Hallstadt, près de Vienne. Les Achéens de Mycènes ont déjà des relations commerciales avec les Phéniciens; mais le moment n'est pas encore venu où l'Orient initiera la Grèce aux arts de la plastique.

Les antiquités de Mycènes ne sont pas un fait isolé. Si étranges qu'elles paraissent au premier abord, elles s'éclairent d'un jour tout nouveau, grâce à des découvertes faites sur différents points du monde grec, grâce surtout aux trouvailles de Spata, petit village de

TAttique^ Les objets de verre, d'or et d'ivoire trouvés dans les hypogées de Spata témoignent déjà d'une industrie plus avancée que celle de Mycènes. L'influence orientale y est encore plus sensible. Une tête d'homme barbu, coiffé d'une mitre conique, qui décore une applique en ivoire provenant de Spata, rappelle de très près certaines statues phéniciennes trouvées à Cypre; et le motif représenté sur une plaque d'ivoire, un lion dévorant un bœuf, n'est pas différent de celui qu'offrent une pierre gravée phénico - sarde et une coupe phénicienne de Palestrine.

Mais si l'influence orientale est plus accusée qu'à Mycènes, ici aussi on reconnaît des produits de l'industrie locale, et les motifs empruntés à l'imitation des végétaux aquatiques, des oiseaux de mer et des poissons, qui caractérisent l'ornementation gréco-pélasgique.

A ces découvertes viennent encore s'ajouter celles d'Ialysos, dans l'île de Rhodes, celles de Cypre, des sépultures archaïques de Nauplie en Argolide et de

l'iÈCE d'appiique en ivoire

TROUVÉE A SPATA.

(Extrait du Bulletin

de Correspondance hellénique.)

I Voir le catalogue des objets découverts à Spata, par M. Haussoullier, Bulletin de Correspondance hellénique, t. II.

ao MANUEL D'ARCHÉOLOGIE GRECQUE.

Ménidhi en Attique. On peut dès lors se faire une idée de la civilisation commune à tous les peuples riverains de la Méditerranée orientale, avant le retour des Héraclides ; les étapes en sont nettement marquées. Il est même possible de proposer des dates approximatives: « avant le xvi" siècle, Hissarlik; au xvi% Santorin; au XIV* lalysos ; au xni* ou au xii* siècle, Mycènes et Spata » *. Nous touclions alors à la période grécoorientale, qui succède à la civilisation précédente, par une transition naturelle. C'est le moment où le génie grec, tout imprégné d'essences orientales, cherche encore sa voie. Les comptoirs ou emporta phéniciens, échelonnés dans les îles de la mer Egée et le long des côtes du Péloponèse, y importent des types que les Grecs s'efforcent de reproduire avec une émulation naïve ; d'autre part la Grèce ionienne, à demi orientale, touche à la Lydie, aux peuples de l'Asie Mineure, tout pénétrés des influences assyriennes. L'art grec s'éveille à peine et traverse une longue période d'initiation qui dure jusqu'aux dernières années du vn* siècle. Il convient dès lors d'examiner ce qu'il a pu devoir aux civilisations plus avancées, qui lui fournissent ses premiers modèles.

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