AIGLE ET ENÎÎEH.>ES
le bas-venlre ; presque tous ont des braies très visibles et sont chaussés de caligae\ ils appuient la main sur de g^ros boucliers circulaires ; de l'autre, ils tiennent une h;iste volumineuse : un glaive pend à leur coté droit et un poignard à leur côté f,'auche, suivant l'usage. Deux d'entre eux portent un collret, indice de quelque fonction administrative qui leur clail dévolue. Sur aucun de ces monuments ne ligure un de ces instruments spéciaux : haches d'abordage, crochets ou harpons, dont, au dire de Végèce,. on se servait pour immobiliser les vaisseaux ennemis. Ces reliefs •ni, d'ailleurs, grossièrement sculptés.
i; X. — -^'(/^^' ^'f enseignes '.
Toutes les troupes romaines, les légions comme les auxiliaires, comuie les cohortes de la garde casernées à Rome, étaient dotées d'enseignes, qui étaient pour elles à la fois des fétiches protecteurs et des signes de ralliement. Ces enseignes consistaient surtout en figures d'animaux fixées à une lance, l'antique symbole du dieu de la guerre. En bas, la lance se terminait par une forte pointe qui servait à l'enfoncer dans le sol et était munie vers le milieu d'un crochet, par où l'on pouvait la saisir et l'arracher quand elle était plantée en terre '^lig. .')4H, .Vis. 'yi{>,.
L'enseigne légionnaire par excellence est l'aigle (aquila) dont Marins lit l'insigne propre de la légion. L'oiseau était figuré les ailes éployées, les serres enfoncées dans un foudre ; parfois il tenait dans son bec une couronne, quand cette décoration - avait été conférée à la légion ; d'autres fois la couronne entourait les ailes (fig. 54(), 1 , .') i7 , 1 et r)4S .Si la troupe n'avait mérité comme récompense que des phalères, celles-ci étaient suspendues à la hampe. L aigle reposai! sur une sorte de chapiteau, (pii couronnait l'extrémité supérieure de la lance (fig. 5i7J cl 'y\H).
Le» enseignes des manipules ^signa) étaient beaucoup moins simples. I*'n haut de la hasle, sous la pointe, se voit d'abord une petite traverse de bois, d'où pendent des bandelettes de pourpre terminées par des feuilles .le lierre en argent (fig. .•)i7, 3). Sou-
l. Vun Doiiianzfwiiki. l)ie Fnhnen ira nmi. Jleere, Vienne. 18N.'). 8° ; AiJ. Hcinncli. dans W DUt. des Anl. de Sa^lio, au mut .SiV/n.i inilidiria iv] p. I.loy rt suiv. . Cf. Henri, Lfs enscujnes. Lyon. I«M);{. ««, p. ;.? ,1 «sniv.
S. Voir p. .160 ce qui *epa dit des décorations militaires.
Mil. ARMEMENT ET EQUIPEMENT MILITAIRES
vent aussi, au sommet, figure une main ouverte (fig. 517, 3j, que les Romains tenaient pour un préservatif contre le mauvais œil, parfois un petit étendard (fig. 547,4 et 548^ sur lequel est attaché un bouclier, ou un aigle dans une couronne.
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Fig-. 546. — Aquilifei' ei signifer.
La hampe était ornée d'un certain nombre de décorations militaires dont la nature peut servir à distinguer les signa légionnaires des signa prétoriens : pour ceux-ci, ce sont des couronnes (fr^. 547,4 et 548), pour ceu\-là des phalères, c'est-à-dire des disques ornementés (lig. 546,2, 547,3 et 549,1).
Sous ces décorations on ajoutait un croissant, objet dont la
AiGi.i: i:t enm i(.m>
valeur talisnianiqiie est bien connue [i'v^. 5iO, 2. 5(7, 3, 519, i , ; aussi des pendeloques en forme de '^vos glands (fig. 546, 2, 547, 3, 519, 1 ;. Quelque, pari sur la hampe, on lixait une lablelle où étaient inscrits le nom et le numéro du corps auquel Tenseig^ne appartenait.
iig. JiT. - Aifcle. enseiu'iics. reiillin
Parmi tous les éléments qui constituaient les signa, il laut laire une place à part aux figures danimaux disposées soit sur la hampe (fig. 547, 2j, soit au sommet (fig. 519, 2 . On a voulu y voir la représentation des signes du Zodiaque >ous lesquels avait été
créée respectivement chaque légion ^ : le taureau aurait été attribué aux lésons de César, parce que le mois auquel préside Vénus, ancêtre de la famille Julia^ correspond au signe du Taureau ; le capricorne à celles d'Auguste, parce que celui-ci avait reçu son nom d'Augustus alors que le soleil était dans le signe du Capricorne, etc. Cette théorie ne pouvant pas s'appliquer aux animaux qui ne sont point au nombre des signes du Zodiaque, il a fallu pour ceux-ci chercher d'autres explications dans lesquelles nous ne saurions entrer ici. Il nous suffira de réunir dans le tableau suivant la série des emblèmes qui ont été signalés sur les enseignes légionnaires, avec la mention des légions auxquelles ils étaient attribués :
Aigle
Bélier
Capricorne
Centaure.
Cigogne
Éléphant
Galère..
Hercule. .
Hercule (et capricorne .
Lion
Louve avec les jumeaux
Mars
Minerve
Neptune
Pégase
Sanglier
Taureau. . . '.
XIII Gemina -.
I Minervia.
I Adjutrix,II Aiigusla, II Italica,IV Maccdonica,Xini Gemina, XX Valeria Victrix.
XXI Rapax, XXII Piimigenia, XXX Ulpia.
II Parthica, IV Italica.
II Italica, III Italica, IV Italica.
V Alaudae.
I Adjutrix, II Adjutrix. X Fretensis.
II Trajana.
XXII Primigenia.
IV Flavia, V Macedonica, VIII Augusta,
XIII Gemina, XVI Flavia.
II Italica.
Il Augusta.
I Minervia.
X Fretensis, XI Claudia, XXX Ulpia.
I Adjutrix, II Adjutrix, II Augusta.
I Italica, II Adjutrix, X Fretensis, XX Valeria Victrix.
I Italica, m Gallica, IV Macedonica, ^ Macedonica, VI \'ictrix, VU Claudia, Vllï Augusta, X Fretensis, X Gemina.
1. Von Domaszewski, Die Tierhilder der Sicjnn, dans ses Ahhandlungen zur rôm. RelUjion, Vienne, 1909, 8", p. 1 cL siiiv.
2. Ilenel, op. cU., p. 203. Peut-être s"agiL-il, sur les monnaies où l'oiseau est représenté au-dessus du chilïre XIII, de raij;Ie lé^ionnaii'e et non d'un emblème de signum.
AIGI.B ET ENSEIGNES
Ces animaux portés sur les .v/r//ic7 étaient tellement représentatifs des légions elles-mêmes qu'on les faisait fîjj^urer sur les objets qui composaient le matériel légionnaire ; nous avons dit plus haut qu'on en im[)rimait limag^e sur les briques militaires \ à côté du nom de la troupe ; la partie antérieure d\in colîre de bronze, perdu par la légion I\'*^ Macedonica sur le champ de bataille de (Crémone, montre, au centre de deux disques supportés par une haste, Tavant-corps d'un taureau et celui d'un capricorne - ;les monnaies militaires émises par Gallien, Victoria et Carausius sont toutes décorées d'animaux, qui surmontaient les enseignes des corpspour la solde desquels elles avaient été frappées.
M'P0MPEI0Mf'ANI'AS PRO >LEQCVAI^OLLINAR>COH>llî>?R
PRIMOP.LEGIIIÇYRENPRAEF'CA^T.R LECx3QC VICTR ATIME TV5'L©PVLL AR I VS
, RECIT ET SIBI ET .T'POMPEIOM^^T' CINCIAE
M'POM PEIO'MFCOi^ASPRO'FILIOIvlINORlH
Fig. 548. — Aigle et enseignes prétoriennes.
L'animal caractéristique des cohortes prétoriennes était le scorpion, que Ion voit indi(pié dans une représentation reproduite à la fig. 518 : Tibère, créateur de ces cohortes, était né sous le signe du Scorpion.
J. H. Cagnat, liev. nrch., 1S88. I, p. 20.
Les enseignes des cohortes auxiliaires ne paraissent pas avoir différé beaucoup des enseignes de légions. Celle que tient à la main, sur sa tombe, un nommé Pintaius, natif d'Asturie, signifer d'une cohorte dont le nom a disparu, pourrait aussi bien appartenir à un sif/nifer légionnaire (fig. 549, 1) ^.
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Fii». 5i9. — Enseienes.
Les enseignes étaient, de plus, ornées de médaillons représentant l'empereur. Le fait est surtout fréquent pour les cohortes prétoriennes. Un exemple typique est celui des signa qui décorent Tare des Argentiers, à Rome, contemporain, comme on le sait, de Septime Sévère ^ (tig. 549, 2). On y ilistingue, au