‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 352 sur 425 · L.\> TERNES · texte numérisé non relu

L.\> TERNES

pour éclairer les noctambulules, elle est souvent aux mains de leurs esclaves (fig. 298). Nous savons par les auteurs qu'on employait, comme matières translucides, les peaux, les toiles huilées, des vessies tendues, tardivement le verre, et surtout la corne qui ne s'enllamme pas.

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Fig. 666. — Lanterne de bronze (Italie).

Les types romains du début répètent les formes hellénistiques. Les uns sont cylindriques, surmontés d'une anse à étrier, et plus souvent d'un dôme ; d'autres sont prismatiques, à base rectangulaire, avec un toit en pyramide. Des exemplaires d'Kgypte, de basse époque, présentent un couronnemment en tronc de cône ; sur le côté s'ouvre une porté pour l'introduction de la lampe ; des œillets donnent passage aux liis de suspension. Ces derniers spécimens, vestiges du culte des ancêtres, sont en réalité des semblants de lanternes offerts au mort. Mais en outre, dansla région du Nil, persista jusqu'au delà de l'époque romaine un type de poterie

476 XII. MATÉRIEL d'ÉCLAIRAGE

perforée, fort utile pour protéger les lumières qu'exigeait la dévotion aux tombeaux. Ces pièces d'argile, faites au tour, ont la forme d'un cylindre ou d'un four, d'un seau à anse, avec un pied, une porte mobile ou une simple ouverture et, un peu partout, des quantités de trous trop petits pour laisser les souffles aériens éteindre la flamme, suffisants pour permettre un certain rayonnement de la clarté et l'échappement de la fumée ^.

Sous l'Empire, on usait communément d'un type de lanterne dont il nous reste de nombreux exemplaires de toute origine, une vingtaine rien qu'au musée de Naples. Le corps de celle que nous reproduisons (fig. 666) ^ ne comprend plus que le disque inférieur, portant sur des pieds bas, les deux supports verticaux et le cercle supérieur. Sur ce cercle pose librement le couvercle, percé de trous pour la ventilation ; il dessine une coupole assez aplatie — d'autres exemplaires en présentent une moins surbaissée, ou au contraire davantage — ; un anneau est adapté à son sommet; deux autres, opposés diamétralement, s'insèrent dans le haut des montants verticaux ; deux chaînettes passent dans les anneaux du pourtour ; une troisième est fixée à l'anneau supérieur ; deux anses presque identiques sont superposées. Pour ouvrir la lanterne, on soulève l'anse d'en haut, qui tire la chaîne centrale; quand la lanterne est refermée, on tient les deux anses dans la main. Sur le couvercle est l'inscription en pointillé TIBVRTl CATIS, difficile à interpréter; on peut hésiter entre la mention du fabricant et celle du propriétaire. Le brûleur a en son milieu une tubulure, où se loge la mèche et où pénètre le suif par une fente, au fur et à mesure de la fusion. Un petit éteignoir en demi-sphère, à manche courbe, a été retrouvé dans un exemplaire d'Herculanum. 11 est probable que ces lanternes métalliques furent exécutées à Capoue. entre les années 50et L50 environ. Elles constituent un type proprement italique, qui a prévalu, excepté en Egypte, sur les modèles hellénistiques à quatre faces.

Ce dernier pays, où la fabrication des figurines de terre cuite a duré plus longtemps qu'ailleurs, présente cette particularité que la lampe funéraire, ou oiTerte en ex-voto, n'est pas seulement placée auprès du tombeau ou de l'image vénérée ; on l'introduit dans une lanterne ^, qui figure elle-même, à l'occasion, soit le défunt^

1. Lôschcke, ibid., fig. 6 ; cf. Walters, op. cil., p. 227, fig,. 352, n» 1511.

2. D'après le Mus. Borb., V, pi. xii. Une autre d'Algérie : Rouquette, Recueil d«Constanline, XXXIX (1905), p. 229-238.

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