INSTRUMENTS A VENT
Fig. 686.— Flûte de Pan.
tuvau, qui renvoie le courant et fait vibrer la colonne d'air intérieure. Cet appareil très simple était fabriqué par les bergers ou chevriers eux-mêmes, cjui en tiraient des sons pour rassembler leurs troupeaux. A l'époque hellénistique et romaine, il se fit des svrinx plus perfectionnées et moins fraj^iles, en métal, en ivoire ; on prenait aussi une tablette de bois dans laquelle on creusait les canaux (fig". 686) ^.
D'après les monuments cpii le mettent aux mains d'un personnage, cet instrument avait en moyenne de 10 à 30 centimètres de long, dimensions très variables, de môme que le nombre des tuyaux — entre cinq et dix en général. .\ l'époque grecque, tous les tuyaux avaient même longueur ; plus tard, de niveau par leurs embouchures, ils offrent le plus souvent à l'autre bout une disposition en gradins ; l'ensemble a l'aspect d'une aile d'oiseau. Quand un tuyau creusé dans le bois était trop long et faussait la gamme, on introduisait quelque matière dure pour raccourcir la colonne d'air. Les découvertes ont révélé, principalement en Gaule, deux autres formés de syrinx - ; dans Tune, établie en paliers, les gradins sont faits de groupes de tuyaux ; dans la seconde, la gradation ne s'applique qu'aux tuyaux courts ; les trois ou quatre plus longs sont coupés de niveau.
Ce que les Romains nommaient tibia '^, l'équivalent à peu près de Vaulos des Grecs, ne correspondait à aucun instrument usité de nos jours. Pour n'avoir à répéter ni une périphrase, ni le terme antique, on traduit couramment celui-ci par flûte, en raison d'une certaine analogie d'aspect ; mais le principe est difTérent. Dans la hljin, le souffle « ne sert qu'à provoquer les pulsations d'une mince lame de roseau, l'anche, que l'exécutant a entre ses lèvres, et ce sont ces pulsations qui, à leur tour, déterminent le rythme des condensations et dilatations successives de la colonne d'air » dans le tuyau, lequel est ouvert, au rebours de ceux de la flûte de l*an ; au contraire, la flûte moderne n'a pas d'anche. La parenté est <lonc plus étroite avec le hautbois, et surtout avec la clarinette, puisque la ti/jia, en principe, a un diamètre constant. Les monu-