‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 71 sur 425 · Hoscher, Lexikon, l\\ 1, p · texte numérisé non relu

Hoscher, Lexikon, l\\ 1, p

LES HEROS

sculpture aucune réalisation certaine ; les subtilités du pinceau y étaient mieux appropriées. Les fresques qui le traduisent (Helbi^% 1338-1307 ; Sogliano, 580-59*2) se divisent en deux séries ; dans lune quelque ligure féminine approche du bel adolescent, qui

Fig. 396, — Narcisse (Cliché Brogi).

ne lui accorde nulle attention ; c'est d'ordinaire la nymphe Écho: dans son dépit de se voir méprisée, elle avait desséché ; sa voix -urvivait seule. Mais les peintres ont rapproché à tort deux épisodes successifs, car toujours, même quand une femme le sollicite, nous trouvons Narcisse, couronné de ces fleurs dont il est l'homonyme, et tenant Tépieu du chasseur, incliné vers la source Manuel d'archéolooie hom.vinj:, — II. 7

et comme pétrifié ' (fig. 396) ; souvent un Eros est à ses côtés, à la fois mauvais conseiller et génies funèbre, car il tient la torche renversée.

Non moins remarquable était la beauté crHermaphrodite, issu des deux divinités dont les noms composent le sien. Un jour qu'il se baig-nait, la nymphe de la fontaine s'éprit de lui, l'enlaça étroitement et demanda aux dieux de confondre leurs deux corps en un seul. Cette prière fut exaucée et, en souvenir de la fusion des deux êtres, Hermaphrodite conserva les organes des deux sexes. Ce que son type figuré avait de morbide et d'équivoque lui valut grande faveur à l'époque hellénistique, et par suite chez les Romains. Non seulement la statuaire, mais la g"lyptique et la peinture le varièrent à l'infini, et le raffinement suprême consista dans une représentation un peu énigmatique, laissant un léger doute sur son identité. Il est debout et rougissant, ou assis, allongé, à demi couché ; rarement seul dans la fresque ; des Eros l'entourent, ou des figures détachées du thiase de Bacchus : Pan, ou unpanisque, une Ménade, un satyre qui le dévoile, trahissant leur surprise de sa double nature ; un affreux Silène velu fait souvent de la musique en sa compagnie. Une scène appréciée est la toilette de l'Hermaphrodite : Cupidon l'éventé, lui verse de l'eau ; on lui présente le miroir (Helbig, 1368-1373, 1386 et suiv. ; Sogliano, 593-596) K

Une gracieuse légende était encore prétexte à un aimable paysage marin : Léandre, jeune homme d'Abydos, aimait Héro, prêtresse de Vénus à Sestos, sur la rive opposée ; amour partagé, mais union impossible et combattue. Or chaque nuit Léandre traversait le détroit, g-uidé par un fanal qu'allumait sa maîtresse à la fenêtre d'une tour, puis regagnait l'autre rivage. On le voit nageant, corps souple et délicat, à travers les eaux; il arrive au but (fig. 397) ^. L'équipée n'est pas sans témoins ; toujours un petit personnage, pêcheur ou autre, assiste à la rencontre. Les peintres ont écarté le triste épilogue : le fanal éteint, Léandre se noyant^ et Héro, de désespoir, se précipitant au bas de la tour.

Romans ou drames passionnels, répétons-le, alimentent en

1. Roscher, Lexikon, III, 1, p. 19 = Hclbij^, 13j1). En mosaïtiue, polit tableau crUenchii-Thiaa [Mosaïques de Tunisie^lH) : Narcisse, sans Eros.

2. Roscher, LexiTcon, I, 2, p. 2333 ; Gusman, Pompéi. p. 399-400; Sogliano, Vettii, fig. 32 et 43. Mosaïque : Ballu et Gagnai, Musée ile Timgud, Paris, 1903, 4°, pi. xm, p. 36 et suiv.

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