‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 3)Chapitre 123 sur 426 · Saglio, op. cit., fig · texte numérisé non relu

Saglio, op. cit., fig

3, Graevius, Thes., XII, p. 955, 6.

MANUEL D'ARCHÉOLOGIE ROMAINE. — Il. 13

mentionnés plus haut, mais aussi des formules magiques, dont le pouvoir était le même : une bulle du Louvre contenait une feuille d'argent où sont gravées des conjurations contre les démons et les maléfices {.

Naturellement les bulles d’or étaient réservées aux familles riches ; pour les pauvres, les métaux plus communs, comme le bronze, et même le cuir étaient employés. |

Les objets suivants passaient également pour souverains contre les génies malfaisants : |

Les croissants ({unulae). C'est pour cela qu'ils figurent parmi | les ornements qui garnissent la hampe des enseignes (plus bas).

Les phalères, que nous trouvons, elles aussi, sur les enseignes et au nombre des décorations militaires ; on les utilisait pareillement à cette intention comme motifs de décoration dans le harnachement des chevaux.

Les images de divinités, présentées sous forme de statuettes faisant pendeloque ou gravées sur les pierres d'une bague ou d’un bijou. À ce titre les divinités orientales comme Isis, Sérapis, Anubis, Mithra, Harpocrate, jouissaient de la plus grande faveur.

Signalons dans cette catégorie des figurines représentant une femme nue ou vêtue qui porte une main à sa bouche et l’autre à l'orifice opposé,

afin d'empêcher tout bruit de se pro-

Fig. 446. — Buste de Mercure duire, qui pâût être d'un fâcheux préavec clochettes.

sage en certaines circonstances ?.

Les clochettes ?. C’est pareillement pour couvrir les bruits de mauvais augure que les clochettes et les sonnéttes étaient aussi répandues comme bijoux et comme ornements ; on en garnissait des bracelets, des colliers, et le fait qu’elles sont parfois accompagnées de grains de corail indique nettement la cause de ce

. Saglio, Dict. des Ant., fig. 303.

. Letronne, dans la Rev. arch., LI, p. 141 ; Saglio, op. cit., fig. 304 et 305. . Cf. Espérandieu, au mot Tintinnabulum, dans le Dict. des Ant., de Saglio.

» Choix : on en décorait les meubles. Le Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Nationale possède un buste de Mercure en bronze, … placé entre deux cornes d'abondance, que surmontent deux autres bustes, l’un de Diane, l’autre de Mate au milieu de la poitrine . de Mercure est RES un troisième rte celui de Jupiter en haut relief !. Ce bronze, trouvé à Orange, ornait assurément l’oratoire d’un dévot de ET qui avait voulu Joindre à l'image de . son dieu favori celles de la FERr officielle de Rome. Or sept petites . clochettes sont suspendues au monument par des chaïnettes ; elles n'auraient pas eu de raison d'être si elles n'avaient été desti- nées à l'usage que nous avons indiqué (fig. 446).

Les clous?. Ce. genre d'amu- - lettes était surtout employé pour défendre les défunts dans leur tombe contre les esprits du mal:

- c'est principalement dans les né- . cropoles qu'il en a été recuerlh.

- On peut signaler, à cet égard, un | il caractéristique : des fouilles À faites à Verceil ont fait découvrir

LOL

D ace une urne funéraire, qui ë était entourée par un cercle de » clous, comme pour lui constituer L une ceinture protectrice Ÿ. Parmi Rinir - ces clous magiques, les uns ne

| portent aucun signe extérieur ; aussi doit-on prendre garde, quand on explore une sépulture, de les confondre avec les clous provenant du bûcher ou qui avaient servi à réunir les différentes planches de. la bière : ils s’en distinguent en ce qu'ils ne sont point recourbés de È la pointe, comme ceux qui sont utilisés dans les travaux de menui-

| serie et dont l’ouvrier rabat l'extrémité saillante. Les autres, au

1 1: Babelon-Blanchet, Bronzes de la Bibl. Nat:, p. 159; Mowat, Gazette narch., 1882, p. 7 et suiv. et pl. ur.

# 2. Cf. Saglio, dans le Dict. des Ant., au mot Clavus.

3. Bruzza, Iscrizioni antiche Vercellesi raccolte ed illustrate, Rome, 1874, 4°, p. 1et suiv.

— Clou magique.

jet bals » hr

contraire, étaient chargés d'inscriptions et de caractères bizarres. Notre Cabinet des Médailles nous en fournira un spécimen. MM. Babelon et Blanchet en ont donné la description suivante !: il a une tête conique sur laquelle on lit IAQ, suivi de deux signes affectant la forme de croissettes. La tige est ornée sur ses quatre faces de signes au burin. Sur la première on distingue un scorpion, une chenille, une vipère, une mouche, un quadrupède, et, après un espace très fruste, des coquillages. Sur la deuxième face se déroule un long serpent autour duquel sont gravées des feuilles allongées ou peut-être des vers. La troisième face est couverte d'animaux : scorpion, tortue, — œil, — petit quadrupède, rat ?, insecte, guêpe ?, autre scorpion ; sur la quatrième face, deux serpents entrelacés » (fig. 447).

Le phallus. Les images de phallus étaient répandues à profusion dans le monde romain, sans que personne songeât à se scandaliser et à y attacher un sens obscène. Il suffit, pour s’en convaincre, de constater que, d’après Pline ?, un phallus figurait parmi les objets sacrés dont la garde était confiée aux-vestales dans leur sanctuaire du Forum. On sculptait donc des représentations phalliques sur les murs des villes, sur les édifices publics et privés; on en peignait. l’image dans l'intérieur des maisons, comme ce boulanger de la rue des Thermes, à Pompéi, qui avait surmonté la bouche de son four d’un phallus, rougi au minium et accompagné de l'inscription : Hic habitat felicitas *. De même on en faisait couramment des éléments de bijoux (pius haut, fig. 443); on en portait en pendeloques, en collier. Parfois on ajoutait au phallus soit des pattes, soit des ailes ; ou même on réunissait plusieurs phallus en un seul tout, ce qui aboutissait à une combinaison monstrueuse.

Les représentations du sexe féminin passaient pour avoir la même vertu ; c'est parce qu’ils en offraient une image approximalive que certains coquillages étaient tenus pour des phylactères. Nous en avons déjà parlé à propos de la figure 444.

Tout cela était efficace contre ce qu’on appelait le mauvais œil (oculus malignus, invidus", en grec 406voc). D'après une croyance très répandue, qui a subsisté jusqu'à notre époque, le regard de certaines

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