IV
quin, monté sur une haute semelle de bois ou dé cuir (crepida) auquel les auteurs donnent le nom. technique de cothurne (cothurnus). On en verra des exemples aux figures 457 et 458,
Les tragédies ou les comédies gréco-romaines n'étaient point les seuls spectacles offerts au public sur les scènes de théâtres, surtout dans les provinces ; les demi-civilisés qui y vivaient, comme aussi la plèbe de Rome, avaient besoin de distractions plus à léur portée. Apulée ! nous a fait connaître en quelques mots bien caractéristiques en quoi elles consistaient. « C’est là, écrit-il, à propos des théâtres, que l'acteur de mimes dit ses sottises, que le comédien cause, que le tragédien hurle, que l'histrion gesticule, que le saltimbanque risque de se casser le cou, que le prestidigitateur fait ses tours. »
Les mimes, dont il est question en premier lieu dans ce passage étaient des pièces d'improvisation ; à la fin de la République, pourtant, on essaya d'en faire un genre littéraire ?: comédies de caractère où l'on offrait aux spectateurs des tableaux de la vie journalière au moyen de deux acteurs: l'acteur principal, qui variait, et le second acteur, parasite ou bouffon, reconnaissable à sa tête rasée et à son allure niaise. Pièces d'improvisation aussi les atellanes ?, sorte de farces qui avait pris naissance dans la petite ville d'Atella, en Campanie. Les mêmes personnages, types consacrés par l'usage, y tenaient toujours la scène : Maccus, ivrogne, glouton et débauché; Bucco, parasite, aussi menteur que gourmand ; Pappus, vieillard ridicule, sans cesse à la recherche de son argent et de sa femme ; Dossennus, un philosophe bossu ; Manducus, croquemitaine à la bouche immense armée de grandes dents; l'ogresse Lamia, du ventre de laquelle on retirait les enfants qu'elle ‘avait engloutis. Ces personnages, amuseurs de la foule, ont été assurément utilisés souvent par les peintres et les sculpteurs ; et de fait nous avons gardé l'image d'un certain nombre de « grotesques » ? qui doivent être empruntés aux types du théâtre bouffon ; mais on ne saurait sans témérité donner à chacun d'eux, comme on l’a fait parfois, un nom précis.
Le pantomime qu'Apulée désigne sous le nom d’histrion dansait
LAFIOPS LOI VAR ASRS UE 2. Cf. Boissier, dans le Dict. de Saglio, au mot Mimus. 8. Ibid., au mot Afellana.
4. S. Reinach, Statuaire, Il, p. 559 et suiv.; 815 et suiv. ; HI, p. 158 et uiv.; IV, p. 351 et suiv.
et ne déclamait pas ; acteur silencieux, le geste pour lui remplaçait Ja parole ; seul sur la scène, 1l mimait l’action, accompagné par un orchestre ; des chœurs (cantica) coupaient la série de ses exercices. bre mesure était marquée par un chef d'attaque (scabellarius), ainsi nommé d'un scabellum, instrument composé de deux plan- “chettes que le pied faisait agir et qui venaient frapper l’une contre
l'autre à la façon d’une pédale, d’un claquoir !.
…— Le costume des pantomimes était le même que celui des tragé- diens et des comédiens, à l'exception des HED'RRTE Tout l'effet de î action consistant dans la mimique muette, 1l n’y avait pas besoin que les acteurs fussent munis d'un porte-voix ni que les traits “exprimassent des sentiments violents : on leur attribuait une beauté “calme, comme celle de la statuaire adoptait pour les dieux et les “héros, et la bouche n'y dépassait pas les dimensions naturelles?. ; Ces divers spectacles, bien qu'appartenant à un genre inférieur, relevaient, somme toute, encore de la scène tragique ou comique ; El nen est plus de même des autres, mentionnés par Apulée, des jeux de bateleurs, de saltimbanques, de prestidigitateurs : avec ‘eux, nous sommes bien loin des œuvres littéraires du théâtre clas- |sique. Il n’est pas douteux, pourtant, que les Romains de l’époque impériale aient éprouvé un grand plaisir à suivre les ébats de ces artistes de second ordre. Voici, dans des fresques d’Herculanum, ün couple de funambules qui marchent sur une corde roide : le premier tient en mains un canthare et un rhyton et verse le liquide “de l'un dans l’autre, tandis que le second pince de la harpe sans perdre son bros: 3 ; voici, dans un bas-relief ‘ et sur un diptyque d'ivoire Ÿ, un faiseurde on adresse, habile à à jouer avec des balles ; “voici, sur des vases à reliefs d’applique, un autre qui jongle avec des couronnes et des poignards $ ; un certain nombre d’ornements de meubles, en bronze, surtout d'anses et de poignées, montrent des acrobates marchant sur les mains ou pliés en demi-cercle 7. —… Les animaux savants tenaient aussi un rôle important dans ces amusements populaires $ et, là encore, l'archéologie nous fournit
H1. Saglio, Diet. des Ant., fig. 5504, 6142.