Figures dans Billiard, op
rêit., fig. 1 (sarcophage), 88 (id.), 135 (mosaïque), 136 (sar-"
cophage), 137 (id.), 145 (id.), pl. 1x (peinture), pl. x (mosaique), pl. x1v (sarcophage).
Vendange et fabrication du vin.
dans des arbres. A côté de lui se voient généralement les paniers où les raisins sont entassés pour être portés au cellier. “R
Là s’opérait le foulage, première façon donnée à la vendange. Le fouloir, tel qu'il est décrit par les auteurs et que les monu-. ments ! nous le montrent, était un bassin rectangulaire [percé latéralement de trous où étaient engagées des rigoles de maçonnerie ou des tuyaux-de terre cuite; ces trous donnaient passage au jus de raisin, qui tombait dans des vases de terre cuite disposés au
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Fig. 486. — Intérieur d'un cellier.
bas de la cuve pour le recevoir où dans des auges de pierre. La scène est représentée au mieux dans la mosaïque de Saint-Romainen-Gal (fig. 486). On y voit le cellier, hangar couvert, autour duquel court, au premier étage, une galerie bordée d’une balustrade. Dans la cuve deux hommes, à peine vêtus, se tenant par la main, foulent le raisin en cadence, tandis qu'un troisième joue de Ja double flûte pour régler leurs mouvements. Dans certains monuments ?, les
4. Cf. Billiard, op; cit., fig. 123,133, 136, 145,147 ; pl'xur et x 2. Exemple: un bas-relief de Venise (Billiard, ibid., fig. 147); cf. aussi fig. 67 et pl. x. t |
à "PET FR
fouleurs paraissent munis d’une sorte de béquille, sur laquelle ils s'appuient ; cette canne leur permettait de ne pas perdre l'équilibre au milieu de |’ amas gluant et glissant que formait la pulpe de rai-
| sin écrasé.
Le foulage achevé, le marc, encore riche en jus, était porté dans des corbeilles au pressoir ({orcular ou torcularium). La théorie de cet instrument a été exposée longuement par Caton dans son De
- re ruslica; mais, mieux que tous les textes, les découvertes faites
à Boscoreale et dans d’autres fermes voisines de Pompéi ‘ en font comprendre l'aménagement ?. :
La pièce où les pressoirs de Boscoreale étaient installés se composait, ainsi qu’il a été dit plus haut et que le plan l'indique
. (fig. 160 R), de trois parties : au centre une aire de terre battue, de
même niveau que la cour; à droite et à gauche, deux plates-formes dé 6 mètres en largeur sur 4 mètres en profondeur, un peu plus élevées.
Les plates-formes sont percées chacune de trois trous disposés en triangle, deux en avant de la banquette qui limite la plateforme, un au fond; cavités maçonnées, communiquant entre elles
dans le sol par un passage souterrain. Dans ces cavités étaient "engagés les bâtis de deux pressoirs. Celle du fond recevait une
poutre solide (arbor), entaillée pour donner passage à l'attache du
levier (prelum); on plantait dans les deux autres deux poutres — plus courtes (s{ipiles) que reliait un rouleau (sucula). Autour de la
sucula s’enroulait une corde qui enveloppait d'autre part le levier à son extrémité et permettait de l’abaisser vers le sol; pour augmenter la tension 1l suffisait de faire virer le rouleau, à la façon d'un cabestan, au moyen de barres engagées dans les trous qui y étaient ménagés *. C’est cette opération de force qui est figurée
… dans une fresque de la maison des Vettii et sur la mosaïque de . Saint-Romain-en-Gal. Des Éros dans la première (fig. 485), des
hommes dans la seconde sont suspendus à une longue barre ver-
. ticale qu'ils attirent à eux de tout leur poids. Au centre de la pla- » te-forme, sous le prelum, on plaçait les raisins çontenus dans un
panier, et enveloppé de cordes pour éviter l'éclatement;
on disposait par-dessus la charge un plateau de bois qui répartissait - également la pression sur toute la surface.
LU
1. Héron de Villefosse, Monuments Piot, V, p. 17 ; Pasqui, Monumenti dé:
— Lincei, VII, p. 467; Notizie degli Scavi, 1897, p. 392 et suiv.
2. Le lecteur est prié de se reporter au plan de læ villa donné à la fig. 160. 3. Restitution dans Pasqui, loc. cit., fig. 53. MANUEL D'ARCHÉOLOGIE ROMAINE. — Il. 16
Be Fer FA À LÉ, HR : EE 249 III. AGRICULTURE —— INDUSTRIE — COMMERCE
Le sol de chaque banquette, à Boscoreale, est légèrement incliné vers l’intérieur de la pièce et limité par des rigoles; le jus, extrait des corbeilles, venait s'y amasser et, suivant la pente, se déversait pour le pressoir de gauche dans des jarres enfoncées en terre, pour celui de droite dans une citerne voûtée, qui communiquait, d'alleurs, aussi avec l’autre pressoir.
. Cet aménagement peut servir de type : 1l était le même partout, avec quelques petites différences de détail, sans importance.
L'opération achevée, il fallait remettre le prelum en place : on
Fig. 487. — Pressoir à vin et à huile, d'après Gusman.
en attachait l'extrémité libre à une corde, passée d’autre part dans ane poulie fixée au plafond et on opérait la traction nécessaire. Avec le temps, la machine se perfectionna. Pline l'Ancien ! signale qu'à son époque, et depuis un siècle, certaines exploitations avaient substitué au prelum actionné par des cordes et au cabestan un prelum manœuvré par une vis (cochlea). Un: montant vertical, terminé en spires, occupait le milieu du pressoir et s’engageait par le haut dans le levier, qu'on chargeait en outre de corps pesants; en manœuvrant la cochlea, on abaissait le levier sur le plateau qui couvrait les raisins et on obtenait une pression graduelle, de plus en plus puissante. En outre, comme, avec ce système, on pouvait employer des prela plus courts, le bâtiment où était installé le pressoir pouvait être plus restreint. Nous n'avons gardé aucun spécimen de ce pressoir perfectionné; une presse à étofles, dont aous parlerons plus loin *, nous en fournit une représentation très
dEHist, nat XVII, 847% 2. Peinture de la fullonica (Saglio, Dict. des Ant., fig. 5796, d'après le Museo Borbonico, IV, pl. L). ;
approximative. Toutefois, malgré ses inconvénients, le pressoir à
cabestan demeura d’un usage très répandu sous l'empire romain.
Deux peintures presque semblables, découvertes l’une à Herculanum, l’autre à Pompéi dans la maison des Vettii, nous font connaître un système de pressoir plus modeste, le pressoir à coins, employé également pour l'huile. Entre deux montants sont assujettis des rangs de madriers séparés par d’épaisses planches horizontales, Le tout pèse sur une corbeille pleine de raisins ; le jus s'échappe de Pappareil et tombe dans une cuve. Deux Amours vignerons enfoncent des coins à grands coups de maillet pour augmenter la pression (fig. 487) !. | |
Nous avons expliqué ci-dessus ? ce qu’il advenait du vin à Boscoreale, quand le {orcularium avait fait son office, comment les ouvriers le puisaient dans la citerne ouverte à leurs pieds et le versaient par une ouverture ménagée à travers la cloison qui sSéparait le pressoir du couloir voisin; d’où il était conduit par
un système ingénieux de tuyaux à l'intérieur des dolia, rangés
dans la cave pour le recevoir.
. Ces dola dont il sera question plus longuement ailleurs étaient de terre cuite, sans couverte vernissée ; ce qui les laissait poreux et
… peu propres à contenir un liquide; aussi, pour parer à cet incon-
vénient, les enduisait-on intérieurement de poix; le poissage est
recommandé pour le mois de septembre par les calendriers rus-
tiques qui nous sont parvenus ; il est représenté sur un des
. médaillons de la mosaïque de Saint-Romain-en-Gal. Pour le transport il fallait avoir recours à des vaisseaux moins
pesants, soit des amphores en terre cuite de capacité moyenne, soit des outres comme celle que l’on voit posée sur un char dans une peinture de Pompéi ?, soit des tonneaux en bois. Ces derniers récipients étaient surtout usités dans les pays septentrionaux, où l’on en a découvert plus d’un spécimen { et où ils figurent sur de nombreux bas-reliefs funéraires *, mais ils n'étaient pas inconnus aux pays méditerranéens.
1. Gusman, Pompéi, p. 267. Cf. Billiard, op. cit., p. 445. DU. Tip. 306:
3. Helbig, 1487; même sujet sur un sarcophage du Latran (Saglio, Dict. des
DU Ant. fig. 7514).
4. Par exemple à Mayence (Billiard, op. cit., fig. 170) et à Silchester (Archaeo-
logia, LVI, pl. vur, avec caractères latins gravés dans le bois),
5. Billiard, fig. 69 (Langres), 78 (Augsbourg), 121 (Cabrières d'Aigues — notre
fig. 526), 168 (Autun), 180 (Trèves).
Des différentes
opérations qu'on faisait subir au vin pour en
assurer Ja conservation ou en modifier le fumet par des manipulations, nous n'avons pas à nous occuper ici; car elles ne relèvent
du ni [ nt sa an AH 1) ni
Fig. 488.
Amphore à vin avec inscription.
pas de l'archéologie. Il convient seulement de parler de la mise en bouteilles ou plutôt en amphores, les récipients de verre, sans être inconnus aux Romains, étant moins en usage.
On commençait par poisser le vase, comme on faisait pour les dolia; puis une fois plein, on le bouchait avec un morceau de liège qu'on enduisait de poix et qu'on recouvrait de plâtre ou d'argile; le propriétaire y appliquait un cachet portant son nom et celui de l’esclave chargé de l'opération.
Chaque amphore recevait ensuite, sur la panse, une indication à l'encre ou une étiquette (pitlacium) ; on y consignait la nature du cru, l’année de la récolte ou de la mise en bouteille, le nom du producteur, du commerçant, la capacité du vase et d’autres particularités, indiquées par des lettres dont le sens bien souvent nous
échappe. Les renseignements de cette sorte ont
été recueillis sur des amphores ou des morceaux d’amphores, principalement à Pompéi", à Rome,
surtout au mont Testaccio et au camp des prétoriens ?, à Carthage $. L’amphore de la fig. 488 provient de Pompéi; on y lit *
VESVINI IMP.VESP.VI.COS.
Elle contenait du vin du Vésuve de l’année 75. A Carthage, les marques suivantes Ÿ étaient tracées, la première en noir, l'autre en
rouge :
a) AB.M-L.ARTIDIO FRON ET CRESTO
p) V2TIT.