Cf. Veset. , LE
£PÉE | 329
mens empruntés à la colonne Trajane (fig. 533). Il ne semble pas que l’on soit arrivé encore à déterminer ceux qui étaient propres aux différents corps, légions, prétoriens ou troupes auxiliaires. Dans la Votice des Dignités, aux diverses unités militaires correspondent des insignes qui paraissent représenter les boucliers attribués à chacune d'elles ; ils se distinguent non point seulement par les dessins qui y figurent, mais aussi par les couleurs dont ces des-
sins sont rehaussés.
Une troisième sorte de bouclier est le bouclier rond (parma), de petites dimensions, qu'on attribue à la cavalerie et aux troupes armées à la légère. Au temps de César, les cavaliers étaient encore armés de la parma ; sur la colonne Trajane et sur celle de Marc- Aurèle, on ne trouve figuré pour les fantassins comme pour les
autres que le clipeus ovale. Le grand bouclier circulaire, en usage
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au 1v° siècle et que l’on voit notamment sur l'arc de Constantin !, n’est pas une parma, mais un clipeus.
Remarquons encore que ces différents boucliers étaient munis
. sur la face interne de deux poignées en cuir, dans lesquelles le soldat passait le bras; on en distingue nettement l'indication sur
certains bas-reliefs (fig. 534) 2. . Il n'est pas inutile d'ajouter que la valeur technique de ces différents termes s’affaiblit avec le temps et que l'on peut fort bien
admettre que les Romains finirent par donner le nom de sculum à
tous les grands boucliers, qu'ils fussent carrés, ovales, ou terminés
en pointe ?.
&.VIL. — Épée *,
Les Romains, depuis la deuxième guerre punique, avaient adopté l'épée espagnole ; Polybe la mentionne déjà et elle est restée en usage sous l’Empire. C'était une armetrès pesante ; la lame, tran-
chante des deux côtés, très renforcée dans l’arête, assez large, se
terminait par une pointe en langue de carpe. On la nommait
- gladius. La poignée (capulus) dans laquelle la partie supérieure du …. fer s'engageait consistait en une calotte qui recouvrait le haut de
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. Notre fig. 348.
2. Bellori, Veteres arcus (arc de Sévère, tab. D). 3. Cf. Saglio, Dict. des Ant., I, p. 1256.
. Cf. Beurlier, dans Saglio, Dict. des Ant., au mot Gladius (II, p. 1604), et Ad. Reinach, au mot Spalha (p. 1420).
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la lame, prolongée par un cylindre annelé, lequel se terminait par
une boule de même largeur que le glaive (fig. 535) .! Elle était en général faite de bois, d'os ou d'ivoire.
Le fourreau (vagina) se composait de quatre parties, l'antérieure, la postérieure, l'ouverture et la chape qui protégeait la pointe. Ces deux dernières étaient de fer ou de bronze, les autres de bois avec renforcement métallique. Des anneaux disposés de chaque côté servaient à suspendre l'épée au baüdrier ou à la ceinture (fig. 539, 540, 543, 544 ?).
Le gladius se portait à droite, la partie gauche du
Fig. 535. corps étant occupée par le bouclier, ainsi qu'il résulte
Poignée de
Rise de l’examen des monuments figurés. Pour les officiers, O .
qui n'avaient point de bouclier, 1l était pendu à gauche, ce qui leur permettait de saisir la poignée de la main droite. On a trouvé un certain nombre d’épées romaines ; on peut donc se rendre compte de leurs dimensions. La fig. 536 représente une arme découverte au camp de Newstead ?. Elle mesure 0 m. 50 de longueur ; la lame est de 0 m. 05 à la partie supérieure, de 0 m. 04 à la naissance de la pointe. Une autre, recueillie à Carnuntum, est longue de 0 m. 55, sur une largeur de 0,065 à la partie HR sRTe 0,06 près de la pointe {
Fig. 536. — Lame de glaive.
Les cavaliers, à l'époque de Vespasien, étaient armés d'une épée
plus longue que les fantassins. C’est, du moins, ce que nous apprend Josèphe. Le camp de Newstead a fourni deux épées semblables à
celle que reproduit la fig. 536, mais plus allongées * : la lame a
. Lindenschmit, Tracht und Bewaffnung, pl. x1, 5 (musée de Mayence). D’après un bas-relief de Wiesbaden (Lindenschmit, op..cil., pl. 1V, 1). Curle, À Roman Frontier Post, pl. xxxiv, 11.
Von Groller, Der rôm. Limes in Oesterreich, EU, pl: xs
5. Curle, loc. cit. n° 6 et 7. Une autre longueur de la lame : 0 m.84)a été trouvée à Carnuntum (Von Groller, op. cil., V, p. 75, fig. 33).
| LANCES ET JAVELOTS Sa
0 m. 75 de hauteur et 0 m. 035 de largeur. Cette sorte de glaive portait le nom de spatha.
Les troupes romaines étaient aussi munies de poignards {pugio) ‘; la forme générale de ces dagues rappelle celle du gladius, mais en
. plus court; pommeau et fourreau étaient semblables pour les deux armes.
Quand l'épée pendait à droite, le pugio s'attachait à gauche et réciproquement (fig. 546, 549, 550). Il était fixé à une ceinture
” distincte de celle qui soutenait l'épée, ainsi que le montrent de
nombreux monuments figurés.
$ VII. — Lances el javelots.
‘épée permettait aux soldats romains d'attaquer de près leurs
adversaires ; pour les frapper de plus loin, ils se servaient de difté-
rentes sortes de traits et de lances. La plus célèbre de ces armes de jet, celle que l'on peut appeler leur arme nationale, était le pilum ?. Il entra de très bonne heure dans leur armement. « De ces traits, dit Polybe *, les uns sont ronds et ont une palme de diamètre (0 m. 07), d'autres sont carrés et ont une palme sur chacun de leurs côtés. La longueur de la hampe de tous ces traits est
— d'environ 3 coudées (1 m. 35); le fer qui y est adapté a la forme
…. d'un hameçon et une longueur égale à celle du bois. Pour en
‘assurer l'effet, on l’attache si fortement par des liens et de nom-
breuses agrafes, jusqu'au milieu du bois, que le lien ne manque jamais avant que le fer soit brisé, Or, à son extrémité et à l'endroit
. où il s'unit au bois, ce fer a une épaisseur d’un doigt et demi. » Le
pilum de Polybe mesurait donc environ 1 m. 30 de longueur.
Ultérieurement la longueur du fer diminua ét, par suite, le poids de l’arme tout entière. Les spécimens découverts à Numance sont encore à peu près conformes à la description de Polybe {; ceux qui proviennent des fouilles d’Alise-Sainte-Reineet qui, parconséquent,
sont contemporains de César, en diffèrent par la longueur moindre