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sont assurément des prétoriens qui y figurent, puisqu'il s'agit d'une
decursio funèbre, à Rome, autour du bûcher d’un empereur. Ils
sont revêtus de tuniques que recouvre une cuirasse segmentala — sauf le dernier à gauche, un officier, qui a la cuirasse de métal plein — ; le bras est défendu par un grand bouclier ovale, orné d'épisèmes ; la tête est surmontée d'un casque à cimier élevé ; ils tiennent en main le pilum. Ce seraient également des prétoriens, ces officiers, que nous présente un Paca très restauré du musée
du Louvre !: leur cuirasse est de métal plein avec cingulum, leur
bouclier volumineux et de forme presque circulaire est décoré de foudres ; l’un est armé d’un glaive, du côté droit, deux autres du
. pilum ; tous ont un casque orné à haut cimier, chargé de plumes. - La présence d'une aigle au milieu du groupe soulève cependant
une difficulté sérieuse pour l'identification de ces soldats.
Le costume des cavaliers prétoriens ne nous est pas, non plus, bien connu. Les pierres funéraires les montrent avec la tunique et le sagum, la lance en main, l'épée au côté, conduisant un cheval, mais sans casque, sans cuirasse, dans une tenue mi-civile ; nous avons déjà dit que, sur les reliefs des ares et des colonnes, tous les cavaliers sont armés de même.
Nous possédons une pierre tombale instructive pour le costume ef l'armement des cohortes urbaines. Le soldat, C. Cincius Nigrinus, qui appartenait à la XIe cohorte ?, y est représenté en tunique, couvert d'un sagum, avec glaive et pugio, suivant le type habituel
(fig. 545).’Au-dessous sont ses armes au complet : casque avec
frontai, jugulaire et cimier, bouclier arrondi par le häut, comme le sculum, cuirasse en cuir avec lanières de protection sur 1e épaules
et au ventre, Jambières.
On a conservé de nombreux monuments figurés relatifs aux
equiles singulares de la garde impériale. Ils se divisent en deux
sroupes. Sur les uns, on voit le cavalier à la chasse poursuivant un
- sanglier, dans un costume peu militaire ; sur les autres le cavalier
ou un valet, une lance au poing, lient à la main un cheval, la selle duquel est accroché un bouclier ovale avec épisème *.
- Les cavaliers qui, sur la colonne Trajane, forment la suite de l’em-
péreur sont à peu près armés des mêmes boucliers. Si l'on peut y
reconnaître des equtles singqulares, on conclura que la tenue de ce
1. Cf. plus haut, p. 314, note 4. | 2, Jahreshefte des üsterr. Roi, 1901, p. 207 ; Saglio, op. cit., fig. 7237. 3. Saglio, op. cit. fig. 2747 ,
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corps se composait d'un casque à anneau, d'un chipeus, d'un glaive et d'une lance ; la cuirasse était de cuir ; des braïes couvraient les cuisses et les pieds étaient chaussés de caliqae !.
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Fig. 545. — Soldat d'une cohorte urbaine.
D. Troupes de marine. — Les seuls documents figurés relatifs aux troupes de marine qui nous soient parvenus sont des représentations funéraires ? ; encore les images qu'elles nous offrent sont- ‘elles insuffisantes, le sculpteur ayant omis les armes les plus importantes que Végèce attribue aux marins: casque, cuirasse, jambières. Tous les re sont vêtus d’une tunique et d'un sagum ; Ja tunique est serrée à la taille par un céngulum qui retombe sur
k Saglio, op. cit., fig. 2748 ; cf. 2749, Ibid. fig. 1574 ; 0. Fée De classium italicarum historia et institutis, TROT 1894, 8°; pl. IV, V, VI, vi (Leipziger Sludien, XV, 2).
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le bas-ventre ; presque tous ont des braies très visibles et sont chaussés de caligae ; ils appuient la main sur de gros boucliers circulaires ; de l'autre, ils tiennent une haste volumineuse ; un glaive pend à leur côté droit et un poignard à leur côté gauche, » suivant l'usage. Deux d’entre eux portent un coffret, indice de quelque fonction administrative qui leur était dévolue. Sur aucun de ces monuments ne figure un de ces instruments spéciaux : haches d’abordage, crochets ou harpons, dont, au dire de Végèce, on se servait pour immobiliser les vaisseaux ennemis. Ces reliefs sont, d’ailleurs, srosstérement sculptés. |
SX. — Aigle et enseignes ”.
- Toutes les troupes romaines, les légions comme les auxiliaires, - comme les cohortes de la garde casernées à Rome, étaient dotées d’enseignes, qui étaient pour elles à la fois des fétiches protecteurs et des signes de ralliement. Ces enseignes consistaient surtout en - figures d'animaux fixées à une lance, l’antique symbole du dieu de » la guerre. En bas, la lance se terminait par une forte pointe qui servait à l’enfoncer dans le sol et était munie vers le milieu d’un crochet, par où l’on pouvait la saisir et l’arracher quand elle était plantée en terre (fig. 546, 548, 549).
L’enseigne légionnaire par excellence est l'aigle (aquila) dont » Marius fit l'insigne propre de la légion. L'oiseau était figuré les ailes éployées, les serres enfoncées dans un foudre ; parfois il tenait dans son bec une couronne, quand cette Aion: ? avait été | conférée à la légion ; d’autres fois la couronne entourait les ailes (fig. 546,1,547,1 et 548). Si la troupe n'avait mérité comme récompense que des phalères, celles-ci étaient suspendues à la hampe. » L'aigle reposait sur une sorte de chapiteau, qui couronnait l'extrémité supérieure de la lance (fig. 547,1 et 548). | Les enseignes des manipules (signa) étaient beaucoup moins simples. En haut de la haste, sous la pointe, se voit d’abord une petite traverse de bois, d'où pendent des bandelettes de pourpre terminées par des feuilles de lierre en argent (fig. 547, 3). Sou-
… 1. Von Domaszewski, Die Fahnen im rôm. Heere, Vienne, 1885, 8°; Ad. Reinach, dans le Dict. des Ant. de Saglio, au mot Signa mililaria (IV, p. 1309 et suiv.). Cf. Renel, Les enseignes, Lyon, 1903, 8°, p. 43 et suiv.