‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 3)Chapitre 42 sur 426 · Mus. Borb., X, 52; Roscher, Lexikon, II, 4, p · texte numérisé non relu

Mus. Borb., X, 52; Roscher, Lexikon, II, 4, p

6. Bulard, Délos. pi. xiv ; tête agrandie, pl. xv ‘(en couleurs).

TA let je

. triomphe du dieu se bide identique !. La seule nouveauté, c’est le groupe assez considérable des bacchantes, seules ou accom- » pagnées d'un satyre, qui, au milieu d'un grand panneau, sans ligne de terrain, semblent planèr dans l’espace (Helbig, 478-494, - 513-537 ; Sogliano, 214-226, 237) ?. Le dessin en est souvent som-. . maire, insuflisant, mais le coloris agréable, et ces figures légères. sont de celles où le décorateur affirme l'aisance et le brio de son. tour de main. ù De nombreux tableaux retracent quelque phase du culte. bachique (Helbig, 568-579 ;4Sogliano, 241-247) ; nous nous. borne- - rons à décrire « l’ensemble le plus considérable, le mieux conservé “et le plus brillant de la peinture antique ? », à savoir une série de. fresques dues aux fouilles pratiquées en 1910 dans la « villa Item », au fondo Garqiulo (Pompéi). I y a là plusieurs groupes disparates et mal reliés entre eux : simples décors architectoniques, images de laraires, intimités de gynécée. L'un d'eux {, toutefois, se sépare aisément des autres et nous retiendra seul : il met sous nos yeux la | réunion du thiase autour de Bacchus, l'éducation du dieu enfant par les soins des Nymphes et de Silène, l’enseignement des rites “des mystères dionysiaques, inculqué, par une singulière transposition, au dieu même qui passait pour les avoir institués. Chose étrange, ces fresques à sujets mystiques faisaient le tour d'un triclinium ; elles s'offraient aux regards, dans les fumées des. banquets. Et la note en est sévère, imposante ; elles évoquent le temps des vieilles croyances ; le modèle était ancien, plutôt hellé- “nique qu'hellénistique, emprunté peut-être, a-t-on dit, à quelque temple de Dionysos. Ce n'est pas le décor pompéien, où triomphe l'harmonie des couleurs, ou leur exubérance. Ici le fond est neutre ; aucun trompe-l'œil ; l'impression générale est celle d'un haut-relief, où les personnages, comme dans un fronton, font saillie hors de la paroi et sont installés sur des sièges, degrés ou “banquettes, qu'on croirait soutenus par la bordure inférieure des

panneaux. '

4. Nogara, Mosaici, pl. Lxxu, 3 ; Musée Alaoui, Suppl. I, pl. xt; Herrmann, ne pl. xxv et zxr.

… 2. Cf. Mon. Pomp., xxx1 ; Herrmann, Malerei, pl. vi et xxix à xxx.

3. Ed. Pottier, Rev. arch. 1915, IL, p. 321-347 (renvoie aux travaux antérieurs de De Petra; miss Mudie- Cooke: Rizzo, etc.). Voir encore H. Lechat, Rev. des Étud. anc., XX (1917), p. 172-190.

+ 4. Développement schématique dans le Journal of Roman Studies, II, 1913, p. 158-159.

Un jeune enfant nu (Bacchus ou laechos, on peut hésiter), entre deux Nymphes, lit attentivement un volumen ; auprès de lui une prêtresse, le front ceint d’une branche de myrteet mume d'un rameau de laurier, porte des objets sacrés sur un plateau. Une femme assise, qui présente le dos, soulève d'une main le voile recouvrant la corbeille que tient une servante et de l’autre dispose, dans une seconde corbeille, des offrandes sur lesquelles une deuxième auxiliaire, également couronnée de myrte, répand le contenu d'un flacon. Après elle, un gros Silène, levant la têle d’un air inspiré qui contraste avec sa lourde corpulence, tire des sons de sa lyre appuyée sur une colonnette. Et voici le cortège ordinaire du dieu : une jeune faunesse court-vêtue, aux oreilles effilées, sert de nourrice à un faon dressé contre elle, tandis qu'un chevreau fixe le spectateur. À côté de cette scène familière, l'artiste, à dessein, a placé l'image de l'extase sacrée; elle anime une Ménade, dont le voile agité s’harmonise à ce délire, et qui surgit de face, hors de ses sens, étendant une main grande ouverte. Nouvelle opposition : un autre Silène, chenu et énorme, assis sur une base, sé tourne avec calme vers la bacchante : lui-même échappe à ce transport, mais il va le communiquer à un satyre quil abreuve. Au dernier plan, un satyrisque presque enfant lève au-dessus du Silène un masque, symbole du théâtre, auquel préside encore Bacchus. Quand on entrait dans cette salle à manger, on avait devant soi le groupe central, aujourd’hui mutilé comme la scène suivante et où, naturellement, Bacchus attirait l'attention, grâce à son attitude, déjà connue par ailleurs : assis sur un escabeau, :l renverse en arrière son torse nu jusqu à la taille ; le bras droit relevé repose sur sa tête, celle-ci abandonnée contre la poitrine d'une femme, qui occupe un siège plus haut et laisse pendre une de ses mains pardessus l'épaule du dieu, dont ses genoux soutiennent une jambe. Bacchus n’a que le pied gauche de chaussé, suivant un nite plusieurs fois constaté. Pour équilibrer ce panneau, où les lignes montent en diagonale, un grand ikyrse à banderoles la coupe transversalement, appuyé sur la cuisse du dieu. Quelle est cette femme qui l’enlace? Ariane ? Mais rien ici ne dénote l'idylle. En effet, au delà, deux femmes apparaissent : l’une s'enfuit, l'autre üent un plateau chargé de verdures fleuries. Entre elles et l’observateur, une troisième, genou en terre, lève avec précaution le voile étendu sur le vase mystique ; de son autre main elle a saisi un objet allongé, en pyramide, qu’elle montre à sa voisine.

LES DIEUX GRÉCO-ROMAINS | 6f

… Ensuite, toute une série de figures féminines prêtant à controverse, sauf la dernière qui clôt la scène: une simple bacchante danse en frappant des cymbales et laissant flotter sa tunique. Après la … femme agenouillée, une quatrième, qui semble vouloir la fustiger de la baguette mince que brandit sa main droite, détourne la tête avec un geste de répulsion ; plus loin, une jeune fille apeurée, tombée sur les genoux, se cache la face contre ceux d’une femme assise, qui lui passe maternellement la main sur les cheveux et “l'enveloppe de son écharpe. Il ést probable que ces airs de dégoût — ou d'effroi naissent en présence de l'objet tiré du vase sacré: un : phallus apparemment, symbole de vie que les Grecs exhibaient en … leurs pompes religieuses, mais auquel les mœurs romaines refusaient toute dévotion, l'abaissant au rôle d’amulette, d'instrument prophylactique. A sa vue, une femme se sauve, autre se couvre le Mise, une troisième — figure divine celle-là, Iris, Nikè ou Érinye, . à en juger d’après ses grandes ailes noires — fait mine de châtier … la propagation d'un rite impudique. Il faut alors conclure à une transformation du modèle, opérée très habilement par le peintre … qui a su modifier une donnée sans dénaturer le style ; et alors cette Rare composition, où les personnages sont de plus . haute taille qu’à l'ordinaire, nous révélerait le double aspect de l'art pictural sous l’Empire : fidélité aux traditions classiques, adaptation i ingénieuse aux idées nouvelles. … Vénus et les Éros. — Vénus est aussi un des types favoris de ce décor d'intimité. Déesse du bonheur, de la prospérité privée et … publique — car elle porte la couronne tourelée — la célèbre Venus … Pomperana de la maison des Dioscures (Helbig, 295) ! se drape “des couleurs du ciel: elle porte un grand manteau azur semé d'étoiles d’or ; sa majesté, que soulignent le sceptre et la branche “d'olivier, n'empêche point le petit Amour de se hausser jusqu’à elle pour lui tendre le miroir. Est-elle seule, elle se pare, ou s'élève au-dessus des flots — telle l’'Anadyomène des Grecs; mais plus «— généralement on la retrouve, sentimentale, auprès d’Adonis blessé ?, ou triomphante, appuyée sur le genou de Mars, pendant que des Éros, répandus autour d'eux, cherchent à se côiffer du F: grand casque du dieu ou passent à leurs épaules le baudrier de

… son épée (Helbig, 320) ?.

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