‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 3)Chapitre 74 sur 426 · Pacho, Voyage dans la Marmarique, pl. riv · texte numérisé non relu

Pacho, Voyage dans la Marmarique, pl. riv

Pompéi, au même endroit, tout un ensemble de sujets, transportés depuis au musée de Naples, et qui font revivre devant nous la physionomie d’un forum de petite cité (Helbig, 1489-1500) !. Presque partout le fond du tableau est constitué par un portique ouvert; les entrecolonnements sont égayés par des guirlandes, et devant eux souvent se profilent de grandes statues équestres surélevées, des gens des deux sexes et de tout âge sont engagés dans des entretiens. dont on a cherché vainement l'objet; peut-être le peintre n'avait-1l rien en vue de très précis. Cependant ces quatre hommes qui se présentent de dos ont tout l’air de lire des avis officiels ou des réclames électorales.

Sous le ciel-clément de Campanie, le négoce avait peu besoin de s’abriter dans des magasins et l'on trafiquait beaucoup sur les places. Des étalages sont dressés sur des tables légères : d’une part, c'est celui d’un marchand de victuailles « des quatre saisons »; à côté, un cordonnier vante sa marchandise et tient en mains la règle à prendre mesure ; les clientes. l’écoutent, assises sur deux bancs. Tous les métiers se coudoiïent : ici ce sont des marchands d’étoffes ? qui tendent un échantillon ; là un chaudronnier quincailler, dont le compagnon, penché sur l’enclume, façonne une pièce au marteau ; un boulanger qui a disposé de gros pains sur son comploir et dé de plus petits dans des corbeilles. D’autres offrent des fruits, font cuire dans une marmite quelque ragoût qu'ils servent à la portion.

Sur le forum aussi se tenait Le marché aux esclaves : deux citadins, attentifs, hésitants, examinent l'article qu'une femme leur propose : une pauvre fillette, presque une enfant, dont une pancarte, qu'elle-même tient à la main, devait dire le nom, l’âge et l'origine *. Nos mœurs, nos idées, prêtent à la scène un caractère que le peintre ne soupçonnait pas. Plus loin, un mendiant déguenillé, que désigne pour un aveugle le chien tenu en laisse, reçoit l'aumône d'une promeneuse accompagnée de sa suivante.

Aïlleurs c'est, croit-on, un élablissement d'instruction 4 : sur la gauche, trois figures imberbes, sans doute de jeunes garçons, assis et tenant sur leurs genoux des volumes déroulés ou des planchettes à écrire, intimidés sous le regard d'un homme barbu planté droit

. Baumeister, Denkmäler, II, pl. xxur.

: Rapprocher les marchands d'étoites en magasin: ibid., p. 884, fig. 956: Saglio, Dict. des Ant., fig. 6727.

Page 1