MATERIAUX DE CONSTRUCTION
H. — Serpentins.
Vert. — Serpentin vert (ophites), unicolore avec cristaux rectangulaires et entre-croisés formant des taches qui rappellent la peau des serpents. Provenance : Thèbes en Egypte. Serpentin vert d'Atrax. Provenance : Atrax, près de Larissa
(Thessalie .
Serpentin vert de la Hoche-Lareille. Provenance : La Roche- Lareille Haute-\'iennel.
Noir. — Ser entin noirâtre^ avec tilets d'un beau vert clair. Provenance : Ténos.
L — Granits.
Blanc. — Granit du Feld.sherg, dans la Hesse-Darmstadt. Rouge. — Granit rouge [pyrrhopoecilon] . Provenance : Syène en
Egypte.
Violet. — Granit du Feldsherg.
Noir. — Id.
Granit de Syène, noir pur ou taché de blanc. Gris. — Granit (/ris de Téos. Provenance : Téos, dans l'Archipel.
Granit de Syène iosaranus). Provenance : l'Egypte.
Granit du DJehel-Fatireh [mons Claudianus). Provenance : rÉgyple.
Granit gris des Vosges.
Granit gris de Sardaigne et de Vile d'Elbe.
K. — Pierres fines.
Lapis lazuli, bleu, couvert dune poussière d'or. Provenance : la Scythie.
Malachite, verte semée de zones concentriques de verts différents. Provenance : T-Arabie.
Gomme on le voit, il existait dans tous les pays de très nombreuses carrières antiques; un certain nombre ont été, ainsi qu'il a été dit, retrouvées par les explorateurs ; en les examinant, on a pu se rendre compte de la façon dont elles étaient exploitées.
On avait recours à deux procédés dillercnts : le travail à ciel ouvert et le percement de galeries souterraines.
Le premier, moins dispendieux et plus facile, était en usage sur-
tout pour les carrières de pierres; et il n'est pas rare, principalement dans les régions qui n'ont plus été habitées depuis l'antiquité par des populations sédentaires, de voir dans le voisinage des villes d'immenses excavations, aux parois abruptes, où une série de degrés successifs indique les rangées de blocs calcaires qu'on y a taillés autrefois. On employait aussi ce procédé pour les marbres, ainsi que le prouvent les restes d'exploitation existant au Pentélique ', à Synnada -, à Chemtou ^, en Egypte ^. Mais, comme le marbre, matière particulièrement dure, se prêtait aisément à l'établissement de galeries solides, on avait souvent recours à cette dernière méthode. Parfois même, les deux modes de travail étaient usilés simultanément dans une même carrière, selon que les bancs étaient plus ou moins profonds dans la terre. A Chemtou, à côté d'immenses excavations aux parois verticales, on rencontre deux grandes galeries éclairées par des ouvertures latérales ou pratiquées dans les voûtes, qui ont été poussées dans la montagne tant que les ouvriers ont trouvé matière à un travail rémunérateur '' .
Les diirérents chantiers portaient le nom cVofpcina ; on les distinguait soit par un nom d'homme, celui du chef, ou par un autre qualilicatif. Certaines divisions ou galeries étaient appelées /;r/jchiiim ; les subdivisions étaient désignées par le mot locas '*.
Pour l'extraction des blocs, on procédait de la façon suivante : après avoir choisi le morceau que l'on voulait abattre, on l'isolait par des saignées de 0 '" 35 à 0 '" 45 de profondeur sur 0 '" 25 de largeur. L'une était parallèle à la face du bloc, les deux autres limitaient les deux côtés '. Au fond de ces saignées, de distance en distance, on ménageait de petites cavités propres à recevoir des coins : disposés tous sur une même ligne, ils devaient agir en
1. G. U. Lcpsius, Griesch. Mnrmorfiludien. Berlin, 1S90, 1", p. l:<; Dubois, Elude sur les carrières romnines, p. loo.
2. Cil. Texicr, Descrijilinn de IWsie Mineure, Paris, 18.19, f", p. I i8 ; Dubois, op. cit., p. 80.
3. H. Gagnât, Explor. épiffr. el ;irch. en Tunisie. Paris, 188.3-86, 8'\ II, p. 103: Dubois, op. cil., p. 'tl.
S. De Roziùre, dans la Description de l'Iù/yple, I, .Vpp., I. p. 2 et sui\'. ; Dubois, op. cit.. p. xi.i.