Cf. C.I.L.. III
Le théâtre de Dougga (fig. 99) est à peu près contemporain de celui d'Aspendos, puisqu'il fut bâti sous Marc Aurèle aux Irais d'un riche citoyen de la ville.
La plus grande largeur de l'édifice est de 63 m. 50 ; la hauteur,
Fig. 98. -Scène du théâtre clAspeiulos. Rc^^tauration de Niemann.
de 15 mètres, le rapport entre ces deux mesures étant le même que celui qui existe entre les mesures correspondantes du théâtre d'Aspendos. Les gradins, au nombre de 21, se divisent en trois maeniana ; la section inférieure en renferme neuf, les autres six chacune. Suivant l'usage elles sont séparées les unes des autres par une précinction, en arrière de laquelle s'étend un balleus qui. dans lespèce, est fait de dalles verticales juxtaposées, formant balustrade pleine ; pareille clôture sépare de l'orchestre le premier rang des gradins ; au milieu de celte dernière une porte mobile pouvait établir ou interrompre les communications entre la salle et le reste du théâtre. Le premier maenianum est desservi par un escalier central et deux escaliers latéraux; les autres par cinq escaliers qui les divisent en six cunei. Au niveau du deuxième maenianum, deux loges assez vastes en occupent toute la hauteur : elles
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surmonfent les deux couloirs qui donnaient accès de lextérieur à droite et à gauche de l'orchestre. Lune d'elles possède encore la porte d'entrée avec la trace, sur le seuil, des vantaux qui la fermaient.
Au sommet de la cavea régnait une galerie percée de cinq portes extérieures qui correspondaient aux cinq escaliers descendant vers l'orchestre. Détail curieux : à l'extrémité orientale, le sol renfermait un groupe de citernes de 10 mètres de long. Il y avait de même, à Pompéi, derrière la courbe du théâtre, au point où le sol est le plus élevé, une tour carrée qui servait de réservoir. Elle
FiK- 99. — Théâtre de Doiipga, daprès le Ir Carton.
rournissait l'eau nécessaire aux jets d'eau dont on décorait la scène ît ses abords et aux aspersions parfumées {sparsiones) qu'on répanlail dans l'atmosphère surchauffée de l'édilice en été.
L'orchestre est profond de 10 m. 85; le fond en était garni de :mq larges marches, peu élevées, destinées à recevoir des sièges
mobiles. Le mui' du pulpitum est parfaitement conservé (fig. 100); il se compose dune série de niches alternativement circulaires et rectangulaires, deux d'entre elles étant occupées par les petits escaliers traditionnels : sa hauteur est de 1 m. 03.
Le proscaenium mesure 36 m. 75 de longueur sur 5 m. 50 de profondeur. 11 était jadis pavé d'une mosaïque qui reposait sur un sol de béton, soutenu lui-même par des voûtes, en poteries noyées dans de la chaux, qui s appuient sur une série de piliers de pierre, comme ceux qu'on a découverts à Timgad. Au milieu de la scène les deux premières rangées de piliers, celles qui sont voisines du mur antérieur du pulpitum, supportaient non plus des voûtes, mais des linteaux de pierre que recouvrait un dallage ou un plancher. Immédiatement derrière le pied du mur on voit sept ouvertures carrées où s'encastraient les poutres destinées à la manœuvre du rideau : mais étant donné que, sauf à la partie médiane de la scène, la mosaïque couvrait entièrement le sol et affleurait au mur antérieur, il n'a [las pu exister au théâtre de Dougga une fosse prolongée sur toute la longueur du pulpitum, pour recevoir un rideau continu. Il est possible que, comme l'a proposé le D' Carton ', Vauhieum ait été remplacé là par une série de ces rideaux séparés et pliants auxquels on donnait le nom de siparia. L'inscription qui s'étendait sur la frise de la colonnade ornementale de la scène et qui indique l'auteur de la construction, mentionne parmi les dons du personnage, non pas un aulaeum, mais des siparia '-.
Le mur du fond de la scène était percé de trois portes. Il n'était pas rectiligne. Sur la muraille principale on avait appliqué un avantcorps formé d'un soubassement sinueux avec trois grandes niches, deux quadrangulaires et une, au milieu, circulaire, où s'ouvraient les portes. Ce soubassement supportait des colonnes hautes de cinq mètres, au nombre de trente-deux. Dans chacun des trois enfoncements, des deux côtés des portes, s'élèvent deux colonnes. C'est sur l'architrave de celte colonnade décorative que se développait l'inscription à laquelle nous venons de faire allusion, dispositif très semblable à celui qui a été employé par la décoration de la scène du théâtre de Thermessos, en Pisidie ^. On ne saurait