Babel«jn-Blancliet, Bronzes delà BihI. .Ya/.,n
DIVINITÉS d'origine helléniqle 395
par la \'ictoire ', et uii enfin, purement numismatique : une figure énergique, jeune, imberbe et les cheveux au vent -.
JuQon '^ compte éiïalement parmi les plus anciennes divinités de tous les peuples de race italique ; elle aussi avait de multiples pouvoirs, indiqués par les vocables divers qui complétaient son nom et la présentaient sous des aspects très variés. Aucun deux ne nous est rendu familier par des figures antérieures à lépoque où le culte de la Héra grecque vint mettre son empreinte sur la physionomie de l'épouse de Jupiter. Mais Jupiter subit plus complètement cette contamination due à linlluence hellénique ; Junon sauvegarda un peu mieux son indépendance, son type original, ou, pour parler plus exactement, ses types originaux ; le caractère matronal, m conjugal », que lui prête avant tout la mythologie grecque, s'elTace légèrement, dans la conception romaine, devant des attributions spécialisées qu'il nous faut voir successivement.
Son époux incarnait le principe mâle de la lumière ; elle en fut le principe féminin ; l'épithète Lucetia, qui marque cette exacte correspondance, est la plus ancienne, celle qui devait le plus tôt s'estomper \ .\ sa place se répandit celle de Lucina, qui indiquait Tempire de la lumière nocturne et, par suite, de tous les phénomènes dont la lune assure l'ordonnance et la régularité. Junon présida donc à la menstruation, ressort premier de l'enfantement — d'où cet autre qualificatif: Flnvionia ou Fluonia — , à la gestation, complète en un nombre tixe de lunaisons, et à la conclusion de celle-ci ; la délivrance. liera, dans les accouchements, se faisait remplacer par des auxiliaires comme Ilithyie ; Junon intervenait elle-même : elle édifiait la charpente osseuse des enfants (JunoOssi'paçfO , faisait monter le lait au sein de la mère Juno Rumina . Toutes ces attributions se résument comme suit dans les effigies monétaires que précise la légende : Lucina est debout, entourée d'enfants rivés à son cou ou qui tiennent sa robe '^ ; ou bien assise, ayant sur un bras un nourrisson au maillot et dans l'autre main étendue une fleur.