‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 286 sur 509 · Cf. Cumonl. Heli<f. orient., chaj). v · texte numérisé non relu

Cf. Cumonl. Heli<f. orient., chaj). v

trav'aux par un sens des affaires que celle race a loujours possédé. Mais surtoul les porls de la Méditerranée, même les plus occidenlaux, abrilèrent quanlilés de comploirs syriens, donl la vilalité fut plus durable que l'Empire lui-même. Avec eux s'implantèrenl dans le monde latin Adonis, Baalmarcod et quelques autres Baals que Ion confondit respectivement avec Jupiter, non sans rappeler leur provenance par une épithéle topique i Damascenns, Dolichenus, Heliopolitanus . Bien entendu, l'avènement des Sévères ' favorisa cette migration ; on vit naître de nouveaux cultes officiels et plusieurs variétés de Sol Invictiis. Nous n'avons à nous occuper ici, parmi les doctrines que recouvraient ces cultes divers, que de celles dont les monuments fi;;;urés nous apportent l'expression, la traduction phislique.

La Déesse syrienne ' n'était primilivemenl que la protectrice d'un important district de Syrie, à lest du Liban et au nord du Haouran ; mais, quand son culte se fut propagé fort au loin, elle changea bientôt de qualités distinclives ; ses pouvoirs s'étendirent, elle devint une grande divinité de la nature ; on l'identifia tantôt avec le principe humide, tantôt avec la Terre nourricière, ou encore avec la Lune. Il y avait un peu de tout cela à l'origine des hommages qu'on lui rendait et ses images prirent un aspect général et vague. Les auteurs nous ont décrit ses statues de culte en Syrie même ; leurs récits laissent entrevoir une divinité composite, qui, par certains côtés, fait songer à Cybèle. Voici des monnaies d'Hiérapolis où elle est toute grécisée, vêtue du chiton et du péplos et coiffée du calathos; elle trône entre deux lions, tient d'une main le sceptre, de l'autre le tympanon appuyé sur son genou (lig. '2'2'2) ; ou bien elle est assise de côté sur un lion (fig. 223) ■-. Sur des pièces de Gabala, ce sont des épis qu'elle semble offrir et des sphinx qui forment les côtés des bras de son siège ^. Le relief de face d'un autel du Capilole ' la montre entre des lions, mais ses attributs diffèrent des précédents : de la main gauche elle élève le miroir de ^'énus — son culte, d'après Lucien, comportait des rites très licencieux — . (]o la dmilo un <^bjet

I. F. Cumoiit, au mol Syria Dca, dans Sa{;lio, Dicl. <les .\nl. : lil.. an mot l>e.i Syria, dans Pauly-VVissowa, Real-Kncycl.

•'. Les deux (ij;. d'après R. Dussaud, Notes de mythologie syrienne. Paris, I!t0f>. 8°. p. 98, lifî. 25.

^. Ihid., p. lO.t, fifT. 2ti.

i. Safrlio. Inr.ril.. (if.'. liTdl .

DIVINITES D ORIGINE ORIENTALE

indistinct, un fuseau garni de lin. ou bien une grenade, symbole de la fécondité, dont elle est déesse comme épouse de Hadad *. Mais, dans ce monument, sa coiffure reste franchement orientale : c'est une mitre conique, surmontée d'un croissant, et d'où pendent des sortes de Hoches. Un autre, également romain, la représente

Fiij'. '2-y-. — La déesse syrienne sur son trône.

Fiiî. 223. — La déesse syrienne sur le lion.

debout, au-dessus d'une colonne portant dédicace à Jupiter d'Héliopolis, avec la corne d'abondance et le gouvernail - : cette fois elle se rapproche de la Fortune. Dans un ex-voto de Brigetio en Pannonie ^, elle est assise, \étue en amazone, les cheveux dénoués, armée du bouclier et d'un carquois et brandissant la bipenne. On voit que le syncrétisme lavait transformée de bien des manières.

Le dieu syro-phénicien Thammuz. auquel les Orientaux disaient : Adonaï, « mon seigneur », ce dont les Grecs ont fait Adonis ^. appartenait à la catégorie des êtres qui meurent et ressuscitent ; frappé, à la chasse, par la dent d'un sanglier qu'avait excité un dieu jaloux, il revenait à la lumière après un séjour souterrain, et, comme d autres, symbolisait ainsi les vicissitudes des saisons. Il fut adopté par les Grecs et les Etrusques; quant aux Romains, ils sculptèrent fréquemment sa légende sur leurs sarcophages, en particulier la scène de sa mort, qui rappelait la soutlainelé du destin et le^ espérances de la vie future ■'. •

On assimile à Jupiter, avons-nous dit. plusieurs di\iiiilé> syriennes, notamment les deux suivantes :

1. (if. la statue de Baalbeck. dans S. Heinacli. Sluln.iire. 111. p. 123.!».

2. Amelun^;, Skulpl. des \';ililx.. I. p. 271» ; pi. wx, n' 1 J2.

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