VIE FAMILIALE OU RUSTIQUE
mence par le labour ; derrière le valet qui conduit la charrue, un arbre où il a suspendu le panier contenant son déjeuner; ensuite un piocheur : puis des moissonneurs, saisissant les gerbes à poignées, les coupent à la base avec leurs faucilles : à lextrémité le propriétaire reparaît, ou son intendant ; derrière lui, un petit édifice rustique. Dans la zone inférieure, en sens inverse, passe le char à roues pleines qui transporte la moisson ; puis la mouture du blé s'opère par la méthode primitivedu pressoir à bras; enfin, à l'aide dune pince, semble-t-il, on retire le pain du fourschématiquementindiqué. Représentation toute romaine par le souci descriptif ; elle s'oppose nettement à lel paysage champêtre de date tardive — à en juger par larchitecture à arcades qui en forme le fond — mais de genre hellénistique, maladroitement poussé à l'idylle, où les animaux dirigent vers leurs maîtres des regards chargés de trop e sentiments '.
^ '^-J'^^i""^'', III. !'• il3.3: Amelun,'. .SA„//,/. ,/,..• V,ui,, ,. p, „ Af^MJKi, ii".vii<:iiK<ii.ruiii: homaim-:.
Il" 127.
§ IV. — Chasse et voyages.
Un des grands plaisirs des anciens était la chasse ; plaisir noble, surtout pour gens aisés, principalement la chasse à courre. Parmi les grands poncifs des ateliers, il faut noter la chasse au lion, où, sur des sarcophages en général, le personnage en évidence prenait les traits d'un empereur. Il arrivait, galopant de trois quarts vers la droite, manteau flottant et la main relevée pour lancer le javelot ; un lion, rarement un sanglier, lui faisait face, portant déjà au tlanc, dans quelques exemplaires, le trait dont on voyait ressortir la pointe. Sous lui. des chiens égorgés ou un cheval abattu avec son cavalier, qui regardait avec etl'roi la bête monstrueuse à un pas de lui. De tous côtés, d'autres chasseurs, dont l'air invraisemblablement paisible faisait parfois ' un singulier! contraste avec l'envolée du motif central, ou esquissant de la maiai un geste conventionnel. Auprès du prince, on mettait volontiers unej femme casquée, I7r/H5, chargée de lui insuffler du courage. Tel es! le type répété sans variantes notables sur nombre de pièces de nos musées-; ce modèle stéréotypé du cavalier chargeant, si fréquent! déjà sur les sarcophages de Sidon, servait d'ailleurs indilTéremment pour une bataille ou une chasse ''. On ne le voit renouveU que sur un petit côté du sarcophage de Sidamara *, où le cavalie se profile en sens inverse et galope au-dessus du gibier terrassé.
Quelques monuments d'Occident, ou moins hellénisés, apportenl une note plus réaliste. Un sarcophage de Modène ' nous montre U grand filet-barrière vers lequel le cerf est bloqué par les chiens ; sur un autre, le gibier vient par bandes " ; ailleurs, on dégage l'animal des mailles du filet ". Pour emporter le sanglier capturé, on l'attache solidement, jambes en l'air, à une forte perche, que deux hommes vigoureux appuient sur leurs épaules **. Quand il y avait
1. Ces compagnons ont plus de vie sur le sarcopliuge dit de Jovin : Heiiiaeli. II, p. 302, 1.
2. Ihid., p. ôl, 1 ; ni, p. 124, 1 : 20S. 2 ; .30j. 2: 30ti. 1. M.itif simplilié : II, p. 501, 3.
3. Dans Reinach. III, p. 261, 1-2, les doux sont juxtaposées. 1. Reinach, II, p. 170, 2 ; Monnmenls Piol, IX, pi. i.
f). Reinach, III, p, 60, 8.