‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 48 sur 509 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Sommaire. — L Les villes. — IL Rues. — lll. Murailles. — î\'. Portes de Ailles. — ^'. Arcs de triomphe.

§ I". — Les villes.

La fondation dune ville était, chez les Romains, un acte relij,^ieux soumis à certaines cérémonies nettement délinies'. Une fois choisi remplacement oîi elle devait s'élever, l'augure se plaçait au centre du terrain, et, après avoir consulté les présag"es, consacrait un espace carré lemphim) ; le fondateur en traçait les limites avec une charrue au soc de bronze. L'endroit où le prêtre s'était placé formait le point d'intersection des deu.v g^randes rues qui. se coupant à angle droit, devaient diviser la ville en quatre parties. La rue qui allait du Nord au Sud portait le nom de knrdo ymaximus ., celle qui allait de l'Est à l'Ouesl, de dccuinanus imaximus]. Une suite de rues parallèles aux deux premières étaient alors tracées, de telle sorte que le terrain se trouvait partagé en un certain nombre de carrés, limités chacun par des voies secondaires, qui lui donnaient l'aspect d'un damier. Les voies parallèles au decumanns maximiis portaient, elles aussi, le nom de decuinanus, suivi de leur numéro d'ordre, comme celles qui étaient parallèles au kardo maximus, le nom de kardo. .\ l'endroit oîi se coupaient les deux grandes rues, on devait établir le forum. Cette pratique était suivie régulièrement en Italie comme en province, lors de la fondation des colonies romaines ou italiennes.

Le mémesystème divisionnaire était appliqué pour la ré[)artition des terrains qui étaient concédés par l'Etat à des colons, même lorsqu'ils n'étaient pas enfermés entre les murs d'une ville. Nous en sommes instruits par une série de traités d'arpentage dont les

I. .\. .\. V. RudorlT, Die Scliriflen der nim. Felihnesser, Berlin, 18i8-52, 8°, IL |) . 3.'}5 et suiv.

auteurs sont connus sous le nom de gromatici ou à'agrimensores. Ces différents traités ont été réunis sous le nom de Gromatici veteres par Lachmann. Dans ce cas également, l'opérateur se plaçait au centre du territoire qu'il s'agissait de répartir et, muni d'un instrument appelé gronia visait l'Est : il obtenait ainsi le tracé du decumanus qu'A prolongeait derrière lui jusqu'à la limite du terrain ; la ligne perpendiculaire Nord-Sud lui fournissait le kardo. Ce kardo séparait la regio aiitica ou cilrata, qui s'étendait en avant de l'opérateur, de la regio postica ou ullrala, à laquelle il tournait le dos, tandis que le decamanus marquait la frontière entre la regio sinislrata, à sa gauche, et la regio dexfrala, à sa droite. La largeur du kardo était fixée théoriquement à vingt pieds et celle du derunianus à quarante. Un certain nombre de kardo et de decumanus secondaires, parallèles au premier, servaient à délimiter les différents lots. Ceux-ci, de forme carrée, portaient le nom de cenhtriae ; ils mesuraient normalement 2.400 pieds romains de coté. Leur étendue était indiquée, sur le terrain même, par des bornes, où l'on inscrivait la position du point par rapport au decumanus et au kardo ; K • K • XI (citra kardinem undecimum) ; VL • K • XXX [ultra kardinem Iricesimum) ; SOI isinislra decumanum prinium) ; D • D • III dexlra decumanum terlium). On a retrouvé un certain nombre de ces bornes dans divers pays ' et l'on distingue encore sur le terrain dans le bassin du Pij (districts de Parme, de Bologne, de Padoue) et en Afrique, auprès de Carthage et de Sousse notamment, des traces de ces très anciennes délimitations -. Nous avons aussi conservé quelques exemples de villes constituées sur le modèle rituel qui a été rappelé plus haut: Turin ^, Aoste *, Concordia ■' et surtout Timgad •', en .Algérie ". A Tiingad, toute la par-

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