ÉGOUTS. CANAUX DE DRAINAGE
constituait le trop-plein des fontaines balayait tout cela et lentrainait par des bouches disposées de loin en loin dans des égouts pratiqués sous les trottoirs '. Ceux-ci se réunissaient dans un ég'out collecteur, qui traversait les remparts et laissait tomber leau le longdès rochers pour aller se perdre à la mer du côté du port ^.
Les grandes voies de Timgad possèdent toutes dans le sous-sol des égouts qui en suivent la direction et en occupent la partie centrale ^. Leur hauteur varie entre 1"^ etO'" 80 ; leur largeur estinvariablement de 0™ 40. Le radier des égouts des rues perpendiculaires au Cardo maximus est un peu plus élevé que celui de l'égout de celte voie, qui faisait fonction de collecteur. Des regards en pierre ajourée permettaient de surveiller le fonctionnement de l'égout et d'y descendre au besoin. Les eaux recueillies ainsi s écoulaient vers la plaine et débouchaient dans le lit des rivières qui y serpentent ; les pluies les entraînaient au loin les jours de grande crue.
On a signalé aussi ', à Xiconiédie, en Bithynie, tout un système dégoûts, aujourd'hui obstrués, qui aboutissaient à la mer par des orifices d'écoulement percés dans un grand mur de soutènement.
Il convient, à propos des égouts, de rappeler brièvement ces ouvrages de drainage, si nombreux en Etrurie et dans la campagne romaine, grâce auxquels le pays put être habité et cultivé dans l'antiquité. On leur donne le nom technique de ciiniculi "' ; ils étaient destinés à soutirer l'eau enfermée dans le sol sans enlever à la surface des terres aucune parcelle propre à la production, comme aurait fait un fossé à ciel ouvert.
Un cuniculus se composait d'une galerie souterraine, garnie de regards échelonnés de distance en distance et dirigée suivant la pente des vallées. La Blanchère en distingue deux sortes. Les uns sont parfois longs de plusieurs lieues, ils drainent une vallée ou même une suite de vallées ; « ils remplacent le cours d'eau absent ou celui que l'érosion créerait dans des conditions désastreuses ». Les autres forment des ensembles plus pelits ; ils sont creusés sous
1. Voir des représentations de ces bouches d'égoul dans Mazois, Pompëi. II, p. 99; Gusnian, Pompëi, p. 19".