BASILIQUES
terrain disponible, on peut établir aux extrémités des chalcidiques ('salles des pas perdus). Si la basilique se compose de trois nefs, il convient que la largeur des collatéraux égale le tiers de l'ouverture de la grande nef. Enfin il faut que les colonnes du rez-de-chaussée soient faites aussi hautes que les portiques sont larges ; au premier étage la hauteur des colonnes diminue d'un quart.
Ces préceptes se limitent, on le voit, aux dispositions générales de l'édifice, aux dimensions des nefs et des colonnades. \'itruve ne parle ni des détails essentiels des basiliques, ni de leur ordonnance caractéristique : ces enseignements, il faut les demander à l'evamen des restes encore existants à Rome, en Italie ou dans les provinces. De cet examen il résulte d'abord que les basiliques se présentent sous deux aspects, suivant que la porte d'entrée s'ouvre sur le petit côté du rectangle ou sur le grand. Cette dualité de plan a été récemment étudiée de très près par G. Leroux ', qui est arrivé à cet égard à des conclusions précises : « L'art indigène, écrit-il, vite détourné de ses tendances propres par des influences exotiques, n'avait pas créé un type de salle monumentale spécialement romain. 11 restait à choisir entre les modèles étrangers, plus exactement entre le plan hypostyle grec et le plan hvpostyle oriental. On ne se prononça exclusivement ni pour l'un ni pour l'autre, les deux systèmes eurent leurs partisans. Dès le déhnl.
Fig. 63 et 6i. — I.cs dcvi.x types de basilique romaine.
en effet, nous nous trouvons en présence de deux types de basiliques, distincts dans toutes leurs dispositions et d'origines évidem-
I. G. Leroux, /.es oriçfinex fie l'i'ttifîrc h'/fiosli/lp en firèce, en Orii'nl cf rhe: les fiomains, Paris. 191.3.
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ment diflérentes. Le premier a les plus frappants rapports avec la salle hypostyle de Délos ; c'est une construction de souche orientale, plus large que profonde, où les colonnades intérieures sont placées par "files concentriques (fig. 63). L'autre procède, sans doute possible, du naos oblong à front étroit et à trois nefs, dont les Grecs avaient déjà fait successivemenl une maison, un temple, une salle d'assemblée » (fig. 64).
Dans les basiliques du type oriental, M. Leroux place la basilique Jiilia, à Rome % la basiliquede Fano, que \'itruve avait construite et qu'il décrit en détail -, la basilique Ulpia ^, la basilique de Constantin ', les basiliques de Silchester etde Caerwent en Angleterre •'. Parmi les basiliques de type grec il cite la basilique de Pompéi '*, la basilique Aemilia de Rome ^, les basiliques de Kremna **, d'Aspendus '*, d'Otricoli "^, de Sigus ^', de Tipasa '-, d'Announa '^, de Bou-Ghara '^,de Trêves '■', de Ghaqqâ '^.
Une autre différence dans le plan résulte du nombre de nefs que présente la construction. Il est des basiliques sans aucune division intérieure ; ce sont naturellement les moins larges ; d'autres sont partagées en trois nefs ; c'est le cas le plus fréquent ; d'autres enfin, les plus somptueuses, sont divisées en cinq nefs.
Gomme type de la basilique à cinq nefs, nous donnerons une vue de la basilique Julia, à Rome (fig. 65). Iille longeait la Voie Sacrée (fig. 51, n° 11), d'où l'on y accédait par un escalier de sept
1. Hiilsen, Forum romain (trad. fi'.),p. 58; Thédenat, Le forum, p. 216.
2. Vitruv., V, 1 ; cf. les restitutions dans Quicfierat, Rev. arch., 1878, I, p. 24 et suiv.; Itebei-, Irad. de V^itruve, p. 132: J. Prestcl, Die Marcus Vilruvius Pollio Basilika zu Fanum Fortunae, Strasbourg, 1901, 8" ; K. Lange, Ilaus und Halle, p. 191 et suiv.: Durm, Baukunst der Rômer, II, 2, p. 619; A. (>hois}, Vilruve, t. lY , pi. .\lvi et xi.vii.
3. Thédenat, oju. cil., p. 199 et 377: Durm, op. cit., p. 620 et suiv.
J. Iliilsen. op cil., p. 239: Thédenat. op. cit., p. 343; Durm, op. cit., p. 621.
5. Silchester : Archaeologia, XLVI, p. 349 et pi. xvi ; LUI, p. 540 et pi. .\li : Cae^^vent : Ibid., LXI, p. 569etpl. \cv ; Arch. Anzeiçfer, X.WI, 1911, p. 307 et fig. 10.